ASSYRIE. — BABYLONIE. — ASIE MINEURE
^ccjroupis, jouant de divers insti*uments, de guerriers nimbés à cheval,
d^axiimaux divers et d'oiseaux, les uns réels, les autres fantastiques;
chacune groupe était encadré par des palmes ornementales d'un stylo
pai^&iculier, et le tout se détachait sur un fond auréo-cuivreux à réserve
de ;petits rinceaux ; les animaux et les vêtements étaient eux-mêmes
relm. Glissés de rinceaux ou enroulements dorés sur le fond blanc grisâtre
de lai poterie. Le plus simple coup d'œil jelé sur cette pièce rappelait
im S3aédiatement les plus anciennes conceptions arabes, telles que la
cu^-^ baptismale de Saint-Louis, et les autres plateaux ou cuves en lai-
torm. damasquiné où se voient les mêmes sujets de chasses et les mêmes
Ai^i Knaux symboliques ; il parait donc impossible que ce vase ne soit
antérieur au quatorzième siècle.
] est probable d'ailleurs que la fabrication arabe, peut-être antéau treizième, siècle, s'est prolongée longtemps, et qu'elle a été tée de ses centres primitifs dans des contrées fort éloignées. )n cite parmi les plus merveilleux spécimens de Tart oriental, les ipcs, ou plutôt les enveloppes de lampes en verre émaillé, que, du izième au seizième siècle, il était d'usage de suspendre comme exdans les mosquées de l'Asie Mineure, de l'Egypte et de la Perse; plus anciennes de ces lampes ont leurs chaînes de suspension réupar un œuf de faïence bleu turquoise ou blanc peint en bleu ; mais *^^s potiers ne se sont pas bornés là, quelques-uns ont fait en faïence *^^ latnpe elle-même, en ménageant les blanches inscriptions lauda- •^v-es ou dédicatoires qui se détachent sur un fond vigoureux damas- *né de, fins ornements en réserve. Nous donnons la figure d'un ^gnifiqv^ spécimen du quinzième siècle, appartenant à M. Charles ^^liefer, notre savant orientaliste; l'auteur de cette œuvre s'est fait con- *^^ître : c'est Us Ëlaîny Ettoureïzy. Or, le décor de cette lampe„ nous ^^ons retrouvé sur un plat moins ancien, appartenant à M. le docteur ^^odl, et sur plusieurs autres spécimens empreints d'une fraîcheur ^^'*^t-ive et beaucoup plus récents.
- Quel est le centre qui produisait ce genre d'ouvrages? Nous n'ose-
^^i:i s essayer de le dire, car l'Asie Mineure a fabriqué beaucoup, et
^^*^ ^ des genres très-variés. Nous devons à la bienveillance de M. Na-
^lîs Rondot, une pièce se rapprochant notablement des poteries sili-
^^A^es de l'Egypte et de la Perse : c'est une gourde lenticulaire à petit
S^\]tlot cylindrique boixlé et destinée évidemment à contenir du vin.
histoihe ue ia cGnAuiuuE.
Gourde Je !ioi faici
Solon la tradition répandue dans le pays, ces vases, qui sont en grande vcnéralion, remonleraienl à une si haule antiquité que l'un d'eux aurait Irahi Noé en lui procurant la première ivresse dont l'histoire fasse mention. Si invraisemblable qu'elle soit, cette légende prouve du moins l'âge reculé des vases de cette sorte, dont j la filiation se retrouve certainement dans les
fabrications plus ou moins anciennes de l'Analolic. Le plus curieux spécimen que nous ofTpent celles-ci est un oeuf de suspension, complément des lampes de verre, et peint, sur son émail blanc, de figures de chérubins et de croisetles annonçant t'influence chrétienne; ceci est une imitation manifeste des décors qu'on voit encore sur les pendentifs de la coupole de Sainte- Sophie, à Conslanlinoplc, et si l'on ne peut faire remonter l'œuf, [wssédé aujourd'hui par M. le baron Charles Davillier, au temps du Juslinien, ce petit monument consacre du moins la puissance d'une tradition qui s'est perpétuée dans l'école du mont Âthos.
Aujourd'hui Kutabia produit encore des pièces de même pâte, décoi'ées avec les mêmes émaux, et qui sont la dernière manifestation d'un art dont l'œu de suspension est le point de départ nous j voyons la succession de ces [lelît bols losanges en reliefdans leurs partie blanches, de ces charmants brùle-par fuins lenuiucs en dômes de mos(|uées, du ces élégantes tasses uampii nulées, soutenues dans des présentoirs ci'eusés et à larges bordai plab que décorent des émaux vifs combinés en bordures, en bouquets et e arabesques rappelant le goût des éluffes de Cachemyru.
Quant aux œuvres produites à Uatims, le laconisme des anciuns in vciiUÛi'cs où elles sont citées, ne permet pas d'en déterminer la uiilur et le stjle; les pimluctions récentes n'en donneraient qu'une idé assez peu avantageuse -, ainsi nous avons vu des gey ckani rapportes d Syrie par M. Charles Schufer; c'étaient des couples basses eu faïenc
ASSÏBIE. — BAUVLONIE. — ASIE MI»E1II\E.
Bnllc-pirfiiins
si iiticuse assez commune, grisâtre et poïnlc en émaus crus de lif^ni-es
o»-i. d'oîseaus très-sommairement exécutés. Dans une savante dissiTta-
tio«« publiée sur une Jampe en faïence
^■Mi lui appartient, l'honorable esq.
G - Brury Forlnum exprime l'opinion
(j^ a^^ cette lampe pourrait être sortie des
ta ^ î M~ies de Damas ; signée par son auteur
c* 1«5 pauvre, l'humble Mustafa,» elle
f3<3K:~t.e la date du mois de Jemazi-l-oola
Oi^6, correspondant à juin 1549; or
c*slt.« époque était celle du règne de So-
l*5^-manleGrand{1520-i566), qui fut
|j-«:»^mr la Turquie et la Syrie une ère de
i-<«2ï «naissance inlellectuelle ; Soleyman
î«. ^ sa m d'ailleurs fait restaurer et décorer
à vm«iuveau la mosquée d'Omar, précisé-
iK:K^3sit en i549, M. Fortnum en induit que sa lampe a pu être l'un des
e53t — "*oto exécutés à Damas pour le fameux temple de Jérusalem.
^^ous devons l'avouer, celle théorie est séduisante; la date même de
\SL j>ièce lui donne un sérieux appui ; mais s'il nous fallait admettre
"l."*«>»"iginc syrienne de cette lampe, nous y verrions encore, et malgré
lo u 1, une déviation de l'art persan; la facture, le style, les couleurs
ï^M>si t ce que nous montrent les plus beaux spécimens de la poterie ira-
»»»«:!nne, et puisque les princes seidjoukidcs ont clé chercher en Perse
l*îs céramistes qui devaient perfectionner l'art en Asie Mineure, nous
cîomprcnd rions très-bien que Soleyman ail emprunlé à la môme
source ics artistes qui devaient illustrer son règne. Loin de nous la
pensée exprimée par certains écrivains, qu'un pays ne doil pas avoir
produit [elles œuvres d'art, puisque les voyageurs ne les y rcnconlronl
L P^ ; mais si, à la fin du seizième siècle, Damas avait donné naissance
% «des iwleries aussi dislinguécs que la lam|)e de M. Fortnum, on eu
l Wlrouverail le style dans les monuments, et mieux encore dans les ou-
» "rages plus ivcents et d'origine certaine qui sont entre les mains des
"■* furieux.