‹ Histoire de la céramique; étude déscriptive et raisonnée des poteries de tous les temps et tous les peoplesChapitre 36 sur 145 · D. PORCELAINE DURE · texte numérisé non relu

D. PORCELAINE DURE

Les poteries à pâte dure de Tlran sont généralement peu connues, malg-fé leur caractère spécial et les témoignages non équivoques des aneiofls écrivains. On nous permettra donc d'insister sur leur histoire, doïïit nous avons, le premier, recueilli les documents épars. Voici d*aiK>i*d ce qu'en dit Chardin : « La terre de cette faïence est d'émail pur tan^ en dedans qu'en dehors, comme la porcelaine de Chine; elle a le gi-ai^ tou^ ^u^t fin et est aussi transparente, ce qui fait que souvent on est sî fort trompé à cette porcelainej qu'on n'en saurait discerner celle de 1^ Chine d'avec celle de la Perse. Vous trouverez même quelquefois de oette porcelaine de Perse, qui passé^ pour celle de la Chine, tant le vernis en est beau et vif, ce que j'entends, non pas de la vieille porcelaine de Chine, mais de la nouvelle. L'an 1666, un ambassadeur de la Compagnie hollandaise, nommé Hubert de Layresse, ayant apporté des présents à la cour d'une grande quantité de choses de prix et, entre autres, cinquante-six pièces de vieille porcelaine de Chine, quand le roi ^Jt cette porcelaine, il se mit à rire, demandant avec mépris ce que ^^Wt . On dit que les Hollandais mêlent cette porcelaine de Perse avec ^Ue de la Chine, qu'ils transportent en Hollande. » OarM^s ses Recherches philosophiques^ de Paw écrit : « Les Persans '^^ea^iiquent plusieurs découvertes relatives à^différents genres de peinture ; ^i s'jjs disputent aux Chinois et aux Japonais l'invention de la P^^ •^^ porcelaine, ils leur disputent aussi l'invention des couleurs propr**^^ à la diaprer, quoiqu'ils ne paraissent pas avoir porté cette pratique ^lussi loin que ceux auxquels ils la contestent. »

^^^^^ dix-septième et dix-huitième siècles, l'existence des porcelaines

de l * ^*>an ne faisait donc doute pour personne, et si l'on voulait nous op-

pos^*^ le mot faïence, que nous avons souligné à dessein, nous ferions

irett^^^uer qu'il est employé par Chardin pour désigner les poteries

\e& ^^^s diverses; mais, il est impossible de supposer qu'un homme

-ijpV^Vi des préjugés de son temps, au point d'affirmer la supériorité

\c ^ porcelaine moderne de Chine sur l'ancienne, et afGchant ainsi

^ connaissances j ait pu confondre les poteries kaoliniques de l'Iran

^v^c les faïences, différentes d'aspect, de matière et de style. Cette opi-

^ioa était celle d'Alexandre Brongniart, qui, sans les avoir reconnues

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et sur la seule description de Chardin, admettait l'existence des porcŒ laines de Perse.

Depuis lors les preuves se sont accumulées; les anciens calalogues celui d'Horace Walpole, entre autres, les inventaires compulsés pr: Mislress Bury Palliser, et cités par Marryat, tout est venu se rcunr pour ouvrir les yeux aux incrédules.

Nous n'avons plus qu'une observation à faire pour atténuer Terreu involontaire commise par quelques voyageurs, et surtout par les tra ducteurs d'ouvrages orientaux. Non-seulement ces derniers qualifient les vases de choix du nom de porcelaine^ mais ils y ajoutenl l'épithète de chinoise. Les Persans ont une poterie translucide à pâle dure, cela est incontestable; qu'ils l'aient parfois perfectionnée au point d'égaler les œuvres du Céleste-Empire, c'est possible; dans tous les cas, ils sont tributaires de la Chine pour cette branche de l'art e leur langage en fait foi puisque Tchini est le nom qu'ils ont applique à leur porcelaine. On comprend que des linguistes, indifférents à h question technique, se soient laissé aller à une interprétation trop lit lérale, qui est devenue une cause d'erreur.

Au surplus, la ressemblance des porcelaines des deux pays est telle ment étroite, que, pour décrire les œuvres de la Perse, nous suivron la classification adoptée par nous à l'égard des poteries kaolinique chinoises.

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