AMÉRIQUE
îsâtre wn peu moins fine et rendue luisante par frottement, la terre éricainc est souvent ornée de reliefs, de gravures et même, sur la rouge, de dessins tracés avec un noir qui n'est pas sans analogie l'encre ordinaire; quelques pièces sont recouvertes d'une glaçure jimunâtre ou brun verdâtre avec reflets métalloïdes.
^f«iis ici la fabrication n'est pas ce qui frappe le plus; c'est le style Si i wn pie, pur et souvent grandiose de la plupart des vases. On s'arrête t^wTTierveillé devant certaines imitations naturelles où perce une rare ÎT^t:^lligence de l'art; on admire surtout les lagènes figuratives où le j>^uiple américain nous a laissé de lui-même des images si remarc[ «^£tbles.
1 1 est assez difficile aujourd'hui de remonter à l'origine certaine de TTiajorité des pièces répandues dans les collections; pourtant, par ilogie de types et de matières, on peut distribuer assez régulièreïtit les terres cuites américaines entre trois peuples distincts. Le plus ^^"■^cien peut-être, fixé dans l'Amérique centrale et particulièrement à Copan, dans le Guatemala, remonte à une très-haute antiquité; ses •^■^^ivres, trouvées dans des sépulcres voûtés, sont principalement des I>lateaux et des urnes en pâte rouge ; placéesà terre ou dans des niches, ^^lelques^unes des pièces contiennent des ossements humains entourés chaux. I^es cryptes ou tumuli des environs de Mitla et de Palenque -n ferment, outre les poteries rouges, des terres grises très-dures ^^^mées de lamelles brillantes et parfois recouvertes d'un vernis silicoî^lcaliii. Avec des urnes et des vases, dont l'un imitait la forme d'un Tatou enveloppé de sa carapace à écailles géométriques, on y a rencontré une foule de sifflets, de flûtes et de grelots, et des divinités plus ou moins informes qu'on se refuserait volontiers à croire de même origine que les vases.
Los cuevas ou caves de Gueguetenanco ont montré des coupes, des urnes et des récipients pour l'eau, aussi remarquables par le façonîiage que par une riche ornementation gravée.
Afais, en dehors des œuvres des anciens habitants de Copan et des
4zteques du Mexique, le Pérou a fourni des pièces tellement hors ligne,
9" it nous est impossible de ne point nous arrêter à les décrire. Les
/ïJïchuas ou Incas de la Bolivie ont bâti des temples imposants et
«'Jisse des statues fragmentées d'une incroyable vérité de style ; chose
■^^ordinaire pourtant, on voit, dans les mêmes centres, la pierre
314 IIISTOtflE DE LA CÉRAMIQUE.
s'assouplir sons Ifl ciseau de l'arliste et rendre toutes les finesses d'im type humain primordial et grandiose, ou suivre des combinaisons de lignes géométriques heurtées pour représenter, avec une grossièreté ridicule, le galbe horrible des plus monstrueux fétiches. Ces choses sont-elles contemporaines? proviennent-elles d'un même peuple? répondent-elles aux mêmes idées? Questions délicates, presque insolubles aujourd'hui. En etTet, dans les tombes des Aymaras de la Bolivie et des Quichuas de la côte du Pérou, M. Alcide d'Orbigny a aussi trouvé pêle-mêle les terres cuites les plus disparates, les unes empreintes de toute la poésie de l'art, les autres difformes et hideuses.
Ce fait est-il analogue à ce que nous avons signale déjà chez des peuples anciens? L'art rudimenlaire, barbare, est-il un canon imposé par la loi religieuse? L'image ridiculement déformée doit-elle rappeler des idoles primitives longtemps respectées? Comme en Egypte à certaines époques, le statuaire, le potier, ne retrouvaient-ils leur liberté qu'en présence des figurations civiles, des créations non officielle? abandonnées au caprice de l'imagination et au talent individuel ? Noue ne serions pas éloigné de l'admettre après avoir comparé la masse énorme de fétiches identiques, au petit nombre des œuvres véritablement belles, et qui sont presque toujours des vases à eau, des ustensiles d'usage vulgaire.
Mais laissons ces questions inquiétantes que des recherches ultérieures éclaireront jieut-être, et passons à l'examen des objets les plus curieux.
Voici certes le chef-d'œuvre de la céramique américaine; ce vase compose (l'une belle tête largement coifTée, offre un lypu réel et grandiose à la fois, et l'on sent que celui qui a modelé ce nez d'une fine cour- -. ■ bure, ces yeux calmes, cette bouche vigou-
vn.e «niEque ju Pérou. rcuscment cncadréc dans les plans d'un
ovale carrément écrasé, avait devant lui l'une de ces organisations primitives et puissantes qui devaient constitirer la souche des vieilles familles humaines.
Frappé de cette idée, nous voulilmes soumettre au regreltalile