‹ Histoire de la céramique; étude déscriptive et raisonnée des poteries de tous les temps et tous les peoplesChapitre 50 sur 145 · E, CLASSIFICATION DES VASES GRECS · texte numérisé non relu

E, CLASSIFICATION DES VASES GRECS

Nous venons de voir quel est le système décoratit général des Grecs; il nous reste à examiner comment il a été successivement applique par les artistes, et quels groupes chronologiques on peut arriver à former avec les vases de styles divers. Nous suivrons ici le lumineux travail de M. le baron de Witte, le savant le plus expérimenté sur la matière.

I. Vases peints de style primitif. — On en rencontre des échantillons dans les tombeaux étrusques, mais ils viennent pour la plupart des îles de TArchipel. On en a trouvé à Santorin (ranciennc Théra), à Milo, à Corfou, à Rhodes et à Chypre ; on en a même découvert dans la plaine de Troie.

D'une terre blanche oujaunâlre, ils portent en brun ou noir rougeâtre des zones, des chevrons, des damiers, et plus rarement des poissons, des oiseaux, et des serpents Iracés au trait. Exécutés, les uns en Grèce, les autres en Asie, ils remontent à dix ou douze siècles avant l'ère chrétienne.

II. Vases asiatiques à reliefs. — L'Asie, qui a fourni le modèle de cette céramique primitive, avait livré aussi une foule de pièces assez grossières en terre rouge, relevées de cannelures et de bas-reliefs ou frises, offrant des animaux, des processions, des courses de chars, des chasses d'une exécution rudimentaire. Ces vases étaient destinés à contenir le vin et l'huile ; le musée du Louvre en possède une riche suite, dont la plupart proviennent des collines artificielles (tumulus) de l'antique Agylla.

III. Vases peints de style asiatique. — Ces vases, qu'on a longtemps qualifiés d'égyptiens, sont de la môme terre jaunâtre que ceux de la première section, et ornés avec le même brun terne et sans reflets ; il en est où les figures et les ornements sont gravés, et d'autres où ils sont peints. On y voit des animaux naturels ou fantastiques, des monstres moitié hommes, moitié animaux : sphinx, sirènes, oiseaux à tête humaine ; des déesses ailées qui portent dans leurs mains des animaux, des oies ou des cygnes. Dans les fonds, des rosaces, des plantes ou des fleurs sont semées comme sur la plupart des monuments assyriens.

On distingue trois classes dans les vases de style asiatique, et chacune correspond à une époque différente. Les plus anciens vases ont

i,B-B saspcct terne et les peintures sont d'un orangé faux sans rciict; la 5:£^«3C>iide classe a ses dessins d'un noir terne ; la troisième est celle où It^^s. figures noires sont relevées par des teintes d'un rouge violacé et d ■* BJB ■"« blanc mat. Les vases de ce genre ont été imités au moment de la pM mjts. grande expansion de l'ai'l, et l'arcts.ss.'î'sme de ces copies rend souvent leur d«^ Ccsrmination fort difficile.

I>iins les œuvres primitives on voit simp X. «3Tinent des superpositions de zones d'an m srarsaux réels ou fantastiques; plus tard, <l «2s^ ïîcènes mjlliologiques s'encadrent entre c«^^ zones; c'est là un genre de compositm «=>n qui, d'après l'ingénieuse remni-que de ^■ï .Adrien de Ix)ngperrier, était copié d'a- I» *:~«is des tissus de diverses couleurs ou des t^* I-»isseries, étofies dont Aristote parle en *■ ■*^«i K-ivant le péplos fabriqué pour Aleis- i *■ ■ ■ «r=^ mes de Sybaris : « Dans le baut étaient ""^^ ï"*Tésentés les animaus sacrés des Susiens, ïa,o jc si.k- s^iniquo

** ** »^ s le bas ceux des Perses. »

XDes coupes en métal précieux du même décor ont été rapportées de *-- i •-ium en Cbypre, d'Âgylla, de Prénesle, de Ninive, etc.

X3es vases donens chargés de scènes mythologiques et de zones

*A'*^h^viiinaux ont été découverts dans l'île de Milo et semblent être du

î'^^ir^lième siècle avant notre ère; nous avons déjà expliqué qu'un

^»^<2le doit séparer les œuvres vraiment orientales de leurs imitations

gTT^cques. Parmi les sujets conservés au Louvre, on peut signaler la

'vxsiïssance de Minerve, Bacchus assis au milieu d'une troupe de

"Ménades, un combat de Grecs et d'Amazones, etc.

1^. Vases corinthiens. — Ces poteries, très- voisines des précédentes, "porlent les premières in.scriptions connues, et ces inscriptions sont en oaraclères grecs de la plus ancienne forme. Les fouilles entreprises à Gervciri, l'ancienne Agylla ou Caere, en Étrurie, ont mis au jour un grand nombre de ces vases qui enrichissent aujourd'hui notre musée du r,oiivre. L'histoire permet d'expliquer comment on a pu recueillir en pleine filrurie des œuvi-es fabriquées ailleurs. Démarate de la race Jes Wacchiades, la plus puissante à Corinlhe, avait amassé de grandes

richesses ; menacé par une sédition excitée par Cypselus, il quitta sa \ille natale et se réfugia à Tarquinies, dans la Tyrrhénie, et y épousa une femme des premières familles du pays, qui fut mère de Tarquin. Or, dans vson émigration, qui eut lieu dans la seconde année de la trente et unième olympiade (655 ans av. J.-C), Démarale se fit suivre par des arlistes qui introduisirent la lumière et le goût en Italie.

Les plus beaux vases corinthiens du Louvre sont un cratère en forme de kélcbé représentant la famille de Priam : Hector a pris congé de ses parents et monte sur son char de guerre; plus loin sont Priam et Ilécube; viennent ensuite des femmes et les guerriers Hippomachos, Cébrionas, Xanthos, Daïphonos, un hoplite et deux femmes, Polyxène et Gcsandra.

Une hydrie montre les Adieux d'Hector et d'Ândromaque; des kclébés, la Préparation à la procession des Panathénées, Pelée et les Néréides, le Repas d'Hercule, Hercule et Cacus ; une amphore, Tydée et Ismène.

C'est aussi parmi les ouvrages corinthiens qu'on trouve les plus an* cieiis noms d'artistes : Charès et Timonidas ; tous deux ont figure des héros de là guerre de Troie.

Cn a découvert dans le célèbre tombeau de Cerœ, dit tombeau Lydien., une quinzaine de vases de styles et d'époques divers; il y en a qui rappellent, par leurs peintures, les vases d'origine asiatique; d'autres, à couverte noire, ont des peintures rouges, blanches et brunes superposées sur la couverte ; la plupart ont quatre et même six anses. Ces vases sont d'une fabrique toute particulière et paraissent remonter à une très-haute antiquité.

V. Vases noirs à gravures et àreliefs. — Voici les vrais travaux étrusques trouvés dans les tombeaux de Csere, de Chiusi, de Vulci et de Véies. En pâte noire, de formes variées et parfois très-bizarres, les uns sont véritablement anciens, les autres visent à l'archaïsme, les derniers accusent un art en décadence.

Pendant longtemps on avait qualifié d'étrusques tous les produits céramiques à peintures grecques ou orientales; les peuples de PÉtrurie n'ont abordé ce genre de travail qu'à l'époque dernière, c'est-à-dire presque au seuil de notre ère ; leurs conceptions primitives ont une barbarie, une singularité qui les rapprochent de cerlains spécimens américains ou sauvages.

CÉRAMIQUE GltECQUI-:. 257

La plupart du temps ces [Kttcries sont ornées en relief au moyen d'estampilles et de rouleaux (ju'on passait sut- la terre molle; les sujets ainsi obtenus sont de style oriental; IX sont encore des oiseaux, des lions, des ■^(linx, des cerfs, des poissons, des con- Jaurès, des génies et des déesses ailés, des processions s'avançant vers des divinités assises. Certaines pièces figuratives ont !a 'orme de poissons ù face humaine; on ï^mai^ue encore des founieaus compli- 9u«3s et des brasiers carrés décorés de jr ug"«art;s bizarres; des urnes funéraires, s<>»"tes de canopes ont pour couvercle une "'" iinL-,|uc,

'*'^*i luimaine; des bras s^adaptent dans les anses au moyen de clievi I l«s.

"Vl , FfMcs italo-grecs à peintures noires. — Cette fabrication est le (liîv^îloppement du genre mentionné dans la troisième section; ici sur '•^ fomii jaune et plus souvent rouge de la terre se détacbenl des des- ^* ""ïs noirs du plus brillant émail. Le nombre de ces vases est eonsidé- *"^"l«3 et la période de leur facture parait s'étendre du cinquième au *l**^<.rième siècle avant l'ère chrétienne (490 environ à 540) ; on les dé- *'&■*■»€ généralement sous le nom de vases d'an- *^'*^i* style, pour les distinguer de ceux à pein- •■Urx; rouge sur fond noir qui appartiennent à * ^I»«que du plus grand développement de l'art îà'"<îc Les formes y deviennent de plus en plus »iiOgantes, le galbe se perfectionne, le col, le V**^, les anses se rattachent avec gn'ice ; les con- '

lours du dessin sont tracés avec ua instrument \H>\nlii ; des rehauts de blanc et de rouge viola&i «payent la peinture; les parties nues du corps -^ ^

des femmes sont toujours blanches ainsi que la barbe ol les cheveux des vieillards; les chevaux ' '"' ' '* " ""' """"' attelés aux chars ou montés par lesépltèbes sont allernaliveraenl noirs '■'Wancs; les aiiriges {cochers des chars) ont de longues tuniques "'saches; les épisèmesdes Iwucliei-s (emblème figuré au centre) sont "'ff'iiairt'ment i>einls en blanc. Ces choses conventionnelles foinient

•=* ^~»JS

une espèce de règle qui n'est peut-être pas sans liaison avec les lois de la sculpture polychrome.

Toutes les têtes, dans* ces anciennes peintures, sont dessinées de profil et sans grâce, les saillies musculaires sont exagérées, les formes anguleuses et les mouvements violents et forcés ; souvent même l'exagération du dessin est moins le résultat de l'inexpérience que d'une recherche d'archaïsme. Les compositions ne sont point étudiées ; les figures sont rangées en files régulières comme dans les bas-reliefs pri- — i^^-i-

mitifs; lorsqu'on les groupe, un parallélisme outré de poses et de ^»JE:>de

gestes divise la scène en deux tableaux ridiculement semblables. Des ^-^^#es

processions de divinités, des scènes de combat, des courses sont Irai- — i^^sai-

tées avec cette monotomie ; deux ou trois figures au plus sont réunies, ^ ^^aes,

les personnages secondaires sont plus ou moins nombreux suivant JmrmMxni

l'espace à décorer. Quelle que soit d'ailleurs la proportion réduite des ^i^^> tries

sujets, les détails en sont reproduits avec une rigueur et une netteté £> j ^^^elc

remarquables; les broderies des vêtements, les détails des armures, les ^t^K les

ustensiles sont scrupuleusement rendus.

Les principales peintures en noir offrent des réunions de divinités; - ^î?>,és-

Apollon, Diane et Lalone, protecteurs de Delphes, s'y rencontrent sou- — jlpci^ou-

vent. Les scènes bachiques sont plus fréquentes encore; Bacchus est J^-i^ est

au centre, barbu, couvert de la tunique et tenant ou le canlhare, ^^LM^M^re,

ou le rhyton et un cep de vigne ; parfois Ariadne l'accompagne, et au- — .«l^ .«^au-

tour d'eux dansent, avec une animation orgiaque, des satyres, des si- — M^ si-

lènes et des ménades. Les combats de géants contre les dieux de l'O- — Cl>*" J'O-

lympe viennent ensuite; on reconnaît les géants à leurs costumes d'ho- — c^^4ho-

plites ou guerriers armés de pied en cap. La naissance de Minerve se ^^^ « se

voit souvent et montre ainsi l'influence d'Athènes sur les arts, et -^^^^^ et

l'empressement (jue mettaient les peintres à multiplier les sujets cm- — M-aii^wî-

pruntés à la religion de l'Atlique.

Dans les mythes héroïques on rencontre les travaux d'Hercule; les ^^^^ it^s

épisodes de la guerre de Troie ; les scènes de la Thébaïde ; Thésée et le Minotaure ; Triptolème et son cortège ; Persée et les Gorgones ; la chasse de Calydon, etc.

Le plus souvent les scènes sont reconnaissables parce que le nom des personnages est écrit près d'eux, car la composition seule serait insuililisante |)our guider le jugement de l'observateur; entraîné par les exigences de l'espace qu'il avait à décorer, l'artiste a fréquemment su r-

i ie 1 la

£>tî-

céramique; ciiECQUt;. 259

ctrni» tr^é les sujels bien (lélcrminés, dégroupes secondaires qui joucnl le r(^4.*3 de S[}eclateurs el qu'on a comparés aux cliœui's dans les représcii- U« Lions scéiiiques. Il est d'ailleurs des sujets idcnliques pour la forme est •-«3 rieure qui peuvent recevoif des dénominations dilTérentes, cl d'autE-«jss d'une composition banale auxquels on refuserait volontiers une si* g-sTs. i Gcation mythique si les inscriptions >ie venaient un jour en révéler lt3 <jii.ractèrc religieux.

Ldts vases d'ancien style ont évidemment devancé répo(]ue de la recA3.«ïrxhe des belles formes dans les liéros; Achille est un homme vig<:» «n*eux et barbu comme les autres; les fLSKJTKEnes sont complètement vêtues et, sc5«j1«, la richesse du costume dislingue 043^ Imjs d'un rang supérieur. Néanmoins, I^SîS peintures ont un caractère de sévérité «t *-* * n'est pas sans grandeur.

I.>es coupes ont longtemps montré à I i «^ tcrieur le gorgonium,età l'extérieur <i«i «-M. 3C grands jeux placés près des anses et «jui servaient d'encadrement aux |>«jiKitures.

.^u surplus, les vases d'ancien style, à 11 gures noires, sont sortis de fabriques dli-verses et difTèrent entre eux par le ■ C*:^! re et par les époques. Quelques coupes 1 sont couvertes d'une engobe blanche sur laquelle se détachent des Ogures noires Amphore jc Nitonhinea.

i.-chaiisséesderouge;on peut voir au ca-

Ekinel des médailles celle qui représente Ulysse et ses compagnons enivrant le cyclopc Polyphème et lui crevant l'œil. Le môme cabinet renferme un monument non moins précieux, c'est la couim) d'Arcésilas. L Arcésilas dont il s'agit ici est un roi de la Cyrénaïque qui acquit une grufiti^ célébrité comme vainqueur aux jeux Pythiques, dans la tïxx" olympiade (458 ans avant J.-C). Il est assis sur un ocladias (siège **) placé sous une lente ou Un pavillon; sa tète est couverte d'un /*ias*5 j s^s loQgs cli(;Y(;m descendent sur ses épaules et il est barbu. Son ■^i**incesl composé d'une tunique blanche œcouverte d'un manteau **^*^ ; dans sa main gauche est le sceptre. Sous le siège est un chai-

muni d'un collier; derrière le roi grimpe un lézard. Que fait iverain entouré des attributs de la puissance? Il préside aux opcis de son commerce. Il étend la main droite, l'index déployé, un éphèbe ou jeune homme vêtu seulement d'un tablier et qui B le même geste. Une grande balance est là environnée d'hommes 3èscnt une matière irrégulière dont un monceau est encore à ; l'un, à genoux près du bassin, semble faire attention à la marlise qu'on pèse ; le second porte sur son épaule un sac tressé remî la précieuse matière ; le troisième se détourne vers Arcésilas et ve un sac de même espèce ; enfin le quatrième élève le bras vers du fléau pour en constater l'équilibre et tient dans la main droite s corps irréguliere de la nature de ceux placés dans la balance. )t grec placé près de lui va expliquer toute la scène ; cet homme hi qui prépare le silphium. Or le silphiura, produit célèbre de énaïque, recherché par toute la Grèce et employé comme condipour la préparation des mets, c'est la résine msa fœtida, dont ir pénétrante et alliacée est tellement désagréable, que l'ancienne lerie lui avait imposé chez nous le nom de stercus diaboli, excrédu diable.

disputons pas des goûts et revenons à Arcésilas, le droguiste s'occupant de son négoce. Auprès du groupe principal, qui ocle centre de la coupe, on voit un gardim et des hommes chargés js tressés; d'autres sacs empilés prouvent que les ballots pèses et des magasins vont s'embanjuer pour l'exportation, ci, certes, une scène de mœurs qui vaut bien une représentation )logique. Il nous faut pourtant revenir à la forme des peintures euses et citer pour exemple l'amphore célèbre, connue sous le le vase François, et qu'on peut faire remonter au milieu du ième siècle avant notre ère.

lis zones de dessins couvrent la panse ; le col en porte deux et le me autre. Le principal sujet est le cortège des divinités qui se nt aux noces de Thétis. La déesse est assise dans l'intérieur d'un î d'ordre dorique, devant lequel est un autel surmonté d'un can- Pelée, debout en dehors, s'avance au-devant de Chiron et d'Iris; it Hestia, Gérés, Ghariclo et Bacchus, qui porte sur ses épaules rande amphore ; viennent alors sept quadriges, dans chacun desse trouvent deux divinités, Jupiter et Junon, Neptune et Amphi-

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CERAMIQUE GRECQUE. 24i

, Mars et Venus, Mercure et Maïa ; ici manquent des figures, plurs morceaux du vase n'ayant pu être retrouvés dans la fouille. Les 3 vires, les Muses et les Parques accompagnent à pied les grandes divitos montées dans les chars ; ensuite paraît l'Océan, sous la forme ci ^ un monstre marin, et Vulcain monté sur un mulet.

A.u-dessous de cette première zone sont deux sujets. Dans le premier, OM^ ^^oit Achille, suivi de Minerve, Mercure et Thétis, s'élançant à la poijirsuite de Troïlus et de Polyxène. Près d'une fontaine se tiennent ./Apollon et Rhodia. Priam et Anténor regardent avec terreur, tandis q vi^Hector et Politès sortent des murs de Troie et accourent pour s'opposer à l'entreprise d'Achille.

l^e second sujet représente Vulcain sur le mulet, ramené à l'Olympe Bacchus, les Silènes et les Nymphes ; Vénus, debout devant les sur lesquels sont assis Jupiter et Junon, reçoit le cortège, tandis quio Minerve, Diane, Apollon et Mercure cherchent à consoler Mars, Hiiinilié et confus.

La troisième zone est composée de combats d'animaux; des lions attaquent des taureaux et des sangliers; des panthères égorgent des ^^^rfs et des taureaux.

Sur le col du vase sont les courses de chars aux funérailles de Patroele, et le combat des Centaures et des Lapithes aux noces de Pirithotîs et de Laodamie.

La seconde zone montre d'un côté la Chasse de Calydon, et de Tau- Ire Thésée et Ariadne, entourés d'un groupe déjeunes gens et de jeunes filies qui se tiennent par la main comme pour se livrer au plaisir de îa danse ; ce sont les Athéniens et les Athéniennes délivrés par le héros,

Si:&T le pied, des Pygmées, les uns à pied, les autres montés sur des boucs, combattent contre les grues.

Tcils sont les principaux sujets représentés sur ce merveilleux vase, le plus riche connu, et qui est signé par les deux artistes qui l'ont créé r Ergotimos m'a fait; Clitias m'a peint. En empruntant sa description au savant M. de Witte, nous donnons une idée générale de la pompe des grandes compositions grecques et de la manière dont les scènes mythologiques ou héroïques étaient comprises à ces époques

'^a Collection du Louvre possède un grand nombre de vases à ligures

342 IIISTOIUE m LA CËitAHlQUË.

noires, de la main de Nicoslhènes, d'Amasis, de Timagoras et d'aulres artistes non moins renommés, tels que Tléson.fils de Néarquc, Hermogènes, Panthaios, Plianpliaios.

Les vases panalhénaïques à noms d'archontes sont la dernière eïpression de cette forme de l'art, qui avait particulièrement semble convenable pour les pièces ayant un caractère religieux ou ofliciel ; il est lacilu, d'ailleurs, de reconnaître, même sous leur archaïsme, des peintures dont le style, l'orthographe des inscriptions, se sont modifies avec les usages et les mœurs, et qui se trouvent ainsi doublement datées.

VII. Vases italo-grecs à pHntures rouges. Celte classe est infiniment plus nombreuse que la précédente; les vases qu'elle renferme produisent à l'œil un effet plus harmonieux que les autres; quel-: ques-uns ont d'ailleurs toutes les perfections de l'art. On tra<;ait d'abord avec une pointe mousse l'esquisse du dessin, et l'on étendait le fond ou la couverte noire, de manière à ménager les figures et les ornements. Les détails intérieurs, les traits du visage, les plis des vêlements étaient ensuite indiqués au pinceau avec une telle finesse et une si grande netteté, qu'on a pu croire à l'emploi d'un ceslre ou tire-lignes pour les tracer. Le rouge violacé est la seule couleur de rehaut employée dans ce genre de peinture; elle indique les bandelettes, les bracelets, les broderies et autres détails secondaires ; elle sert aussi à formuler les inscriptions jetées dans le champ du sujet; quelques-unes de celles-ci sont pourtant gravées [graffiti) ; on trouve ainsi ia signature du potier Iliéron et celle d'Andocidès.

Vase uoir ù peiniure. La coulcur blaDclie 3 été employée aussi sur les

pièces à figures rouges, pour les ornements, les détails et les inscriptions, mais sa présence indique une époque plus récente; vers la décadence, on a même donné un certain éclat aux vases peints en y jetant, avec le blanc, du jaune clair, du rouge foncé et du brun.

11 est très-difticile de déterminer l'époque à laquelle le décor réservé en rouge a remplacé celui en noir sur la terre nue; quelques rares

des figures isolées qui prenaient leur intérêt d'une expression parti lière et individuelle, ou de la manifestation des passions humai l'art céramique entra dans la même voie. Les héros ne furent plus ^ hommes robustes à la barbe touffue, mais des éphèbes (jeunes g^^j^sj aux formes élégantes; le nu se substitua aux riches costumes, sur^t^tf/ chez les femmes, et lors même qu'on devait les envelopper de 'Vêtements, on choisissait les étoffes transparentes, en ajustant d'ailleurs les plis de manière à faire ressortir l'harmonie des proportions, la dàlicatesse des contours. Si le nu prédomine ainsi dans cette période ^^ l'art, c'est qu'il s'est formé dans la foule une éducation nouvelle, if sorte de culte pour le vrai beau ; aussi dans les groupes d'éphèbes çus par des jeunes filles qui leur versent à boire, de femmes se livra au plaisir du bain, la modestie naïve, l'honnêteté sont exprimé d'une maiiicre charmante.

Comme échantillon de ce style perfectionné, les curieux peuve consulter, au Louvre, la coupe représentant le jeune Musée qui prcnr une leçon de grammaire ou de chant de Linus. Le poète, assis sur ue siégea dossier, déroule et semble lire un papyrus; son élève debout^ M. la main droite appuyée sur la hanche, et de la gauche élevant ses ta^? ^ blettes, écoute avec recueillement. A l'extérieur sont des sujets gy nastiques.

C'est à la première moitié du quatrième siècle avant noire ère qu'a partiennent les grandes amphores de Nola, qui se distinguent par finesse de la terre, l'éclat de la couverte noire, l'élégance du dessin la simplicité des sujets.

Plus tard, vers la fin du même siècle, le goût du luxe affaiblit le timent élevé de l'art; le gracieux plaît plus que le beau; le simple

Iraste du noir et du rouge ne suffit plus aux yeux; le jaune, le vio ï ^( l'or s'ajoutent avec le blanc aux teintes primitives. Pourtant les w^mr:aa' gnifiques ouvrages découverts dans les tombeaux de Kerlch, l'ancit^uK Jie Panlicapée, montrent cette richesse unie à un style pur et à une adrao/rable science du dessin; là surtout abondent les figures nues vues Wc face et de trois quarts. On peut attribuer ces produits à une époq 'mie voisine du règne d'Alexandre le Grand.

C'est ici le lieu de parler des vases à riche décor combiné avec 1 ^ reliefs de la sculpture ; le plus beau de tous est l'hydrie célèbre d — ^^^ couverte à Cumes, et qui orne aujourd'hui le musée de l'Ermitage ^

Saint-Pétersbourg. La partie inférieure de la pièce est cannelée; audessus se dclache un bas-relief colorié et doré composé de dix figures, cinq assises et cinq debout: Triptolème y paraît assis sur son char ailé allolé de deux serpents; il tient un sceptre et est entouré des diviiiit€?5>et des héros d'Eleusis. Des lions, des panthères, des griffons et des ohiens dorés occupent une seconde frise; enfin, autour du col est une guirlande de feuilles de myrte également dorée. Voici l'enthousiaste description que la vue de ce vase inspirait à Raoul Rochelte : « C'est wn vase de très-grande proportion, à trois anses, à vernis noir le plus fin ot le plus brillant qui se puisse voir ; il est orné, à plusieurs hau- '^tir^, de frises sculptées en terre cuite et dorées; mais ce qui lui donne a no valeur inestimable, c'est une frise de figures de quatre à cinq Poxioes de haut, sculptée en bas-relief, avec les têtes, les pieds et les '^^aîïîs dorés et les habits peints de couleurs vives, bleues, rouges, ver- '^^s ciu plus beau style grec qu'on puisse imaginer. Plusieurs têtes ^^^rt t la dorure s'est détachée laissent voir le modelé, qui est aussi fin, ^ ^*s^i achevé que celui du plus beau camée antique. »

Un arjballe signé de Xénophante l'Athénien est orné d'un mélange ^^ jDeintures, de dorures et de figures en relief; on j voit une chasse *^l^ï^ s laquelle paraît le jeune Darius, fils d'Artaxerce Mnémon. H doit ^^=^^^ c avoir été fabriqué 380 ans av. J.-G.

e goût qui inspirait ces vases est sans doute le même qui portait

^^ céramistes de l'Asie Mineure à créer les poteries à reliefs,

issées en couleurs diverses, dont nous avons parlé page 125. D'au-

vases à reliefs, à couverte noire, se sont fabriqués jusqu'à une épo-

«\\^^ voisine de l'ère chrétienne ; on en connaît où figurent Romulus et

IVéwmis allaités par la louve.

^ill. Bhytons et vases de formes singulières. Les époques de luxe sont

celles où le génie individuel tend à se manifester par des inventions

«iiis nombre; il faut bien satisfaire au besoin de nouveauté, au

caprice du riche qui veut se singulariser en montrant des œuvres sans

pareilles; il faut surtout surexciter les esprits blasés en leur offrant

<i.| ' 3ppâl de choses inconnues, curieuses et originales. La collection du

^y[ louvre offre, sous ce rapport, une des séries les plus rares qu'il soit

/^ible de voir; les vases à double tête y sont nombreux et si l'on

''<^marque celui représentant Alphée et Aréthuse, un autre avec

'fercule etOmphale, la grande tête de Silène, un jeune satyre riant.

3iC fUSTOIRR DE LA CËHAMIQUK.

des nymphes, dos nègres, montrent la souplesse du latent des potS grecs. Les pièces à figures sont encore plus variées ; c'est HercL jeune, à pcnoux, ctouffanl le lion du mont Cilhéron ; un act comique assis les jambes croisées; un nègre accroupi, couronni3 lierre; une nourrice assise, couverte d'une robe à capuchon relevé la lêUi et ayant à côlé d'elle un enfant dans le même costume, pieds duquel est un petit porc, victime que les Lacédémoniens offr» aux dieux pour la conservation des enfants. Mais la suite dos rhy- t est particulièrement intéressante : ces va courbés, pourvus d'une anse, rappel/a les cornes percées qui, dans l'origine de société grecque, servaient à boire le vi* le plus souvent, la partie aiguë du récipic* a pris la forme d'une tête d'animal, el I'l vasement se couvre de sujets peints oi d'ornements richement composés; ici c'eî une télc d'aigle, là un âne ou un muh bridé, un lion, un liélier, une vache, ur biche ou une panthère; la plupart n'oi plus d'autre ouverture que celle de l'év; vsM h ieax ififs. Aipi»n fi Ai^thusc. sfimeut; cc sout des coupes réelles et m pas des vases à boire à la régalade comn certains bas-reliefs antiques nous montrent qu'il était d'usage de faire, même à des époques peu reculées. Un beau rhyton coloré i rose el en blanc prouve même qu'on avait fini par reconnaître l'ii convénient du défaut de station des récipients destinés <i contenir I liquides : une femme nue posée sur un genou, embrasse le vase et maintient debout.

Quant aux pièces purement imitatives, elles sont essentiel leme capricieuses; c'est un crocodile qui dévore un homme, une panlhè ' accroupie, un hippocampe, des canards , des coqs, des grapgies ruisin, des pommes de pin, des amandes, etc. Ainsi se montre la fa taisie : l'artiste ne se soumet plus qu'aux règles de son imaginalii et à son inspiration créatrice; à ce seul caractère on voit que l'écolf disparu et que la décadence n'est pas loin.

IX. Décadence de l'art grec en Italie. Ici, l'historien éprouve i embarras singulier; si le progrès se forme de conquêtes h'utes

CÉRAMIQUE GRECQIJE. 247

successives qu'on peut noter et suivre dans letirs manifesta lions, la chute s'opère par bonds irrégulicrs tenant à des faits ignores, à des circonstances locales; dans tel lieu, un homme de talent s'efTorcera de maintenir les doctrines du passé ; ailleurs, la fahricalion tomhée en <les mains indignes glissera rapidement sur la pente du mauvais, en sorte que des ouvrages crées simultanément pourront offrir une différence apparente de près d'un siècle. lx!S vases de la fabrique de Sanl*Agala de'fioti, de Ruvo, d'Armcnto, et en général les produits de la Liieanie et de l'Apulie, sont regardés comme les types de l'art à son déclin. Pourtant quelques-uns protestent contre la décadence; nn

'^^'^gnifique oxj'haphon du Louvre nous montre un sujet curieux traité

*ïncorc avec une rare élégance : c'est Oresie réfugié à l'autel d'Apollon

^ Delphes. Assis le dos appuyé contre l'omplialos, le héros tient de la

"•a m droite le glaive tout dégouttant du sang de sa mère. Derrière lui

Apollon, vêtu d'un riche manteau, étend le bras droit et semble

-'ocouersur le parricide un petit cochon, victime expiatoire, dont le

'*g purificateur rendra le repos au coupable. Diane, en costume de

*'*nsseresse, se tient derrière son frère au bas des marches de l'autel.

l'autre câté, l'ombre de Clytemneslrc, enveloppée d'un voile, vient

•^Veî lier deux furies endormies et leur onlonne de tourmenter Oreste ;

""^^ troisième furie, vue à mi-corps, sort de terre, au bas du tableau.

y a \h toutes les qualitésdu grand art hellénique.

U« vr« «""^"^ ,3^ „i plus «»« -'^'^ „„„a., Je^ '"'°'<*^

Iup« d'ordre -"t^„mW.U«toBd,sepa«em^ ^,^^^^^^^„^ de, Use, «geUles^P^^^ ^^^^„^ j 1, jjaced ^^ „ «

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Wanes el rouges v.ol ,„„„,., d aul^ i ^ 3os

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T::trr-;oa«»u..irn *---«-

élé la cause Pri»"f''^ „,„„i,ue el progressive de la

pcinls. i „ „ate\.e *""*■; l,<„«hron.es, en mon-

f XI. Sous avons sum ,«„éralcmenl m» ^^^^ g<,„^de

ciramique grecque a l«n ^^j, „ s,g„a\cr ^^ ^^

r:="' Vv^ :--^^^^^ *-"* ™ '^"^

voulons parler dos

postérieure, vient rejoindre la base du col ; mais cette dispos perd et s'efface sous une accumulation de pièces accessoires de à prouver que l'artiste n'avait point à se préoccuper des néces l'usage. Ainsi, sur le col incliné du \ase, s'implante une stati divinité drapée et placée debout; aux deux côtés surgissent des ailés dont la croupe anguiforme s'applique sur le renflement laire, tandis que leurs pieds de chevaux marins battent l'air au niveau de l'orifice du tube ; d'autres divinités s'élèvent, l'anse, et sur les parois latérales du vase, composant un savamment balancé qui ressemble plus à un élégant panthéon accessoires d'une œuvre céramique. Souvent des leintes roses t céleste couvrent les draperies des figures ; le corps du vase lu est diapré de zones doucement colorées, d'imbrications roses oi bordées de gris noirâtre, en sorte que l'aspect général est harn et laisse dominer les lignes sur l'intensité des tons, ainsi qu'il c à dos ouvrages de sculpture.

Au point de vue de l'art, les vases de la Grande Grèce a toujours un grand style : dans quelques-uns, les figurines se delées avec une grâce et une perfection indiquant des mains en nous serions même tenté de croire, lorsque la sculpture est im et pour ainsi dire massée, qu'il y a eu de la part de l'artiste s fait à une destination spéciale, une place élevée ou distante du teur n'exigeant plus qu'un effet d'ensemble.

F. DéNOMINATION DES VASKS GRECS.

On aura remarqué, dans la description des vases grecs, de gracieux et sonores qui servent à désigner la forme ou l'usage d picnts. Il n'est donc pas sans intérêt de s'arrêter un moment si nomenclature et d'en étudier le système. Telle est la man sciences humaines ; du moment où l'esprit s'attache à une î faits ou d'objets, en cherchant à les comparer, à en faire sortir seignement quelconque, il faut asseoir ses théories sur une ba ventionnelle et créer un langage spécial qui évite les tâtonncn les discussions stériles.

Lorsque des fouilles intelligentes ont mis au jour la masse santé des terres cuites antiques, on a compris qu'il y avait là <

OÉHAMIQUR GRECQUE. 251

veaux éléments pour l'histoire; on a interrogé d'abord les écrivains grecs poiirchercher la trace, et des sujets cmpreinis sur la terre pcinle, et des noms que les contemporains avaient imposés à leurs vases pour eu expri ciier la forme ou l'emploi .

Celle M~echerche ardue produisit un ensemble de renseignements plus c/rrayarmt qu'utile :1a différence des dialectes faisait reconnaître lamulliplicité «Jesnoms pour une mêmechose; les poètes avaient souvent créé des dém ominations nouvelles pour des vases déjà pourvus d'une appellation ^' ulgaire. Un travail de Panofka, discuté et complété par Raoul Rochett-c;, Ch. Lenormant et le baron de Witte, posa les vrais principes Aela sciience, et désormais la nomenclature est faile.

Km r-ond, cette nomenclature est l'introduction, dans la céramique, (\u lançrage harmonieux des Grecs : ainsi Vampkore, assenliellement variable dans ses formes et ses dimensions, doit son nom à sa slruclure générale; c'est un vase h deux anses, ce qu'expriment les radicaux amphis, des deux côtés; pherein, porter. Il n'y a donc aucune diiïérencc de vocable entre le vase en terre grossière enfoui dans la cave au vin, et l'amphore panathénaïque revêtue •Ifs plus riches peintures et destinée au vainqueur des jeux.

^'amphoridion est l'amphore aux proportions ''^•'uiles; quant au chom, c'est une autre amp'iore de capacilé exacte, une sorte de mesure autrement nomméiî conjic, et qui contient douze «•ijles.

^hydrip. a une signification aussi large que **"« <le l'ampliore : son nom, dérivé de wdor, •^^u. exprime ce qu'elle contient habituellement. " pourtant cootbien elle varie dans sa donnée '^'^'ganic! Tantôt munie d'une anse, son ouverlure évasée s'infléchit en trèfle gracieux; d'au- „ ^^.^ ^^,^ i n «ws nw -s "^ fois à son anse principale s'adjoignent deux

/""^«ies latérales qui ajoutent à sa richesse. Telle est l'hydrie de Ti-

^f>*^ras, exposée au musée du Louvre et oft l'artiste a représenté la

"*ï J'HercuIe avec Triton ou Nérée.

. "** Cratère est un grand et beau vase laidement ouvert où se faisait

^*-lange de l'eau et du vin pour le repas ou les sacrifices; quelque-

fois élevé sur un piod, épnnoui au sommfil comme une campanule [lorlc doux ]ioignces attachées à ta réunion du cylindre avec la b spliéroïdaie. On peut prendre une idée de la richesse de celle foi — en voyant au Louvre le cratère signé d'Ëuplironios, oiî figure lesu^ d'Apollon poursuivant le géant Tityus qui veut enlever (,alone.

11 s'élahlit un passage presque insensible entre le cratère et la ^~. lébé, autre coupe ayant une destination analogue ; le corps de cell^ est ovoïde surmonté d'un larmier sous lequel s'insèrent les deux s ses; certaines kclébés se font remarquer par leur élégance et la p ■ portion heureuse de leurs anses, qui dépassent parfois le rehonj sss tant du vase.

Disons encore ici que le nom de cratère dérive de kerannumi, , qui veut dire : mêler l'eau et le vin.

Il est impossible de parler des deux récipients dont il vient d'i^

question, sans dire un mol du vase qui leur sert d'accompagnemei^

qu'on appelle Œnochoé. Oinos en gi«c sigr—

le vin; Oinokon, c'est le pot de terre qui se i

puiser la liqueur dans le cratère pour la di^

buer dans les cou[ies. Quel mot charmant qiL «

nom d'œnochoé, et combien plus charmantes

core est la forme qu'il désigne! L'hydrie, «1.

la même donnée générale, a des proporlî«

massives qui indiquent la vulgarité du liqu

quelle renferme; l'œnochoé, avec son co

ovoïde, son col mince, évasé, découpé enouv

turc délicate, son anse légère et gracicusein

courbée en S, a toutes les élégances du st-«

toutes les délicates.ses du luxe; aussi, v»^

n'est-ce pas le vase que portent les déesses? Dans les composilÂ-

sacrées ou familières, la femme, tçujours divinisée par la lieac -

enivre déjà l'éphèbe par le gesie arrondi de son bras soulevé, prè^^

pencher l'œnochoé pour en répandre l'ambroisie.

La coupe qui, par excellence, doit recevoir la liqueur sacréecsl». canthare ; cain pan uli forme, élevé sur un pied délicat; il est pouni de deux anses légères ; il est l'un des attributs habituels de Bacchus Vamjihotis, également à deux anses, le cahjx ou cylix, sont des cou pcs de formes variées. ]j''arybaltoii est un autif vase h boire, gcnér

ii'Dl lai^e à sa base et réticci au sommet comme une Iwurse demînw; quant à la phîale, sorte de petite bouteille qui nous a donné mot |ïo/e, elle figure assez souvent dans les mains des divinités. Parlons ici d'une autre coupe à laquelle se lient quelques souvenirs

mœurs antiques, le kottabe,

l'après Harmodius, de Lcprée, les Phigaliens se servaient de kottade terre pour consacrer du vin dont ils donnaient un peu à boire à ;iin; celui qui présentait le vase disait : Soupez bien I Mais, en Si- , ou appelait kottabe un jeu qui consistait à jeter le vin d'une xï dans un vase d'airain en produisant un aïn bruit, ou, par le même moyen, à nerger de petits vases qui nageaient sur a . La mode se répandit, et selon Hégéire, de Delphes, on conçut une si grande >ion pour cet exercice, qu'on proposa, aux ins, des prix pour les vainqueurs-, dès , on fit des calices appropriés au jeu et les appela coltabides.

teïenons à des choses plus sérieuses ; voici léc^kus, délicieuse burette cylindrique â étroit, terminé par «ne embouchure éva-

conlre laquelle s'appuie une anse qui fit retomber sur la carène du corps du e; destiné à contenir des parfums, ce réiânt figure souvent dans la main des déesses l j u i i

des femmes occupées du soin de leur

elle. Aussi,' la plupart des Iccylhus sont-ils ornés de peintures détes et de sujets choisis.

'olpé^ généralement bursaire avec une anse arrondie de la panse à verlure évasée, est un vase de dimensions variables qui indiquent Usage; petit, il renferme l'huile dont se servent les athlètes au nentde la lutte. Dans la haute antiquité, roli>é servait à verser le àlable, comme le dit Ion, de Chio, dans ses cHrj/Itrfes ; « Vousélela voix bien fièrement en puisant le vin dans vos petits tonneaux c des olpcs. E Plus tard cette espèce de vase devint d'un usage rcli- :ui et ne se présenta plus que dans les fêtes, l'une des plus élégantes poteries grecques est celle r|ui porte le nom

de slamnos; ovoïde, surmontée d'une gorge évasée soutenant ui vercle légèrement bombé et pourvue de deux poignées attaché dessous des hanches, cette sorte de récipient servait à mettre di La plupart des stamnos montrent une riche ornementation et d jets intéressants ; on devait donc les rencontrer sur les tables som] ses concurremment aux cratères et aux kélébés.

Voxybaphony dans Tusage ordinaire, était un récipient < évasé, et destiné à contenir du vinaigre ou des sauces. Dans ces pi tiens réduites, il n'est pas sans analogie de forme avec les cratèr verts en campanule; mais ses anses latérales sont insérées plus Cratinus, dans sa Pytine^ range l'oxybaphon parmi les instrui bachiques : « Comment donc, dit-il, le faire cesser de boire? 0 le sais! je vais briser tous ses congés, je renverserai ses barill tous les vases qui servent à la boisson ; il ne lui restera même pi oxybaphon à verser le vin. »

Parmi les œuvres de terre dont le nom vague se prèle aux inlc talions les plus variées, nous devons citer Vurne; ce nom, déri^ aryo^ puiser, ne désigne effectivement aucune forme : on est gc lement convenu d'appliquer la dénomination d'urne au vase des! contenir la cendre des morts; pourlant les écrivains de l'antiqu] sont souvent éloignés de cet usage; dans Y Iliade^ Patrocle dem qu'on mello ses ossements dans la môme urne qui devra renfe ceux d'Achille; il veut que ce soit dans le chry%eo% amphiphoreus phore d'or), présent de Thétis; 160 vers plus loin, Achille répoD à ce vœu fait mettre les ossements de son ami dans une phiale où les siens seront aussi renfermés un jour. Pour Homère, urne, phore et phiale avaient donc une signification analogue, 'qui n'ii quait ni différence de forme, ni détermination d'emploi.

Le pithos est un grand récipient de terre voisin des amphore mestiques, et souvent confondu avec elles ; il y avait des pithos rétréci, d'autres très-ouverts, ventrus et profonds; c'est dans V ceux-ci, brisé et raccommodé au moyen d'attaches, que Diogène nique avait établi son domicile ; c'est par tin artifice de langage û qualifié cette demeure de tonneau. Sans doute le pithos de Di avait pu contenir du vin; c'est la seule analogie qu'on puisse ( entre cette vaste jarre de terre cuite dans laquelle un homme p s'étendre tout de son long ou se tenir assis, et la futaille de boi

laquelle nous enfermons les liqueui^ fermentées. Plus lard, les pitlios hors d'usage devinrent la demeure des pauvres d'Athènes.

§ !2. — CÉRAMIQUE UOMAINË.

En princiiKî, on pourrait dire qu'il n'existe pas d'art romain. La simplicité des mœurs primitives de ceux qui devaient être un jour les maîtres du monde excluait même la représentation de la Divinité. Lorsque,, sous la république, la nation commença à s'éclairer, les besoins du luxe se développèrent ; mais ce ne furent point encore les citoyens de Rome qui contribuèrent au progrès par leur initiative ; les Étrusques étaient là, forts et de leur propre intelligence, et de ce que le contact des Grecs avait pu leur apprendre : on eut recours à eux pour les premières œuvres plastiques destinées à la décoration des temples.

\ Vers la fin de la seconde guerre punique, les Romains s'élant trouvés en relation avec les Grecs et ayant fait alliance avec eux, commencèrent à sentir naître le goût de l'art véritable : Claudius Marcellus, yprcs la prise de Syracuse, rapporta à Rome les premiers ouvrages grecs et employa ces brillantes dépouilles à la décoration du Capitole; Capouc, réduite par Q. Fulvius Flaccus, vint augmenter les richesses sculpturales de la ville éternelle. L'introduction du culte des divinités grecques à Rome rendit plus étroits les rapports des deux nations : on commanda non-seulement des idoles aux Hellènes, mais on lit encore venir des artistes qui travaillèrent à peupler les temples. Tous ceux l^e le gort des batailles livrait aux mains des légions romaines liaient aussi ramenés dans la métropole, et leur influence civilisatrice '•^^ telle que les familles patriciennes tenaient à faire instruire leurs eniaQiçjjms la peinture et la sculpture : ainsi fit l'illustre Paul Emile, comme nous l'apprend Plutarque.

^'augmentation de la richesse publique devait nécessairement développer ^instinct du luxe et le goût du beau. Lépidc avant d'cire consul possédait une maison qui passait pour la plus élégante de Bome; trente ans plus tard, elle était la centième dans l'ordre de la ])ean[é. César allait paraître; simple citoyen, il se classait déjà parmi les plus magnifiques, par sa passion pour les tableaux, les pierres

gravées, les figures de bronze et d'ivoire; consul, il éleva le Forum et répandit les monuments dans les villes de l'Italie, de la Gaule, de l'Espagne et des colonies romaines. Les victoires deLucuUus, d(5> Pompée et d'Auguste amenèrent à Rome un essaim d'artistes prisonniers qui, bientôt affranchis et réunis aux hommes éminents qu'âmenait de la Grèce l'espoir d'un lucre rémunérateur, formèrent cett* cohorte intelligente dont le renom rejaillit sur Rome même, et la croire plus avancée dans les arts libéraux qu'elle ne Tétait réellemen

11 est à remarquer, en effet, que tant qu'il exista une école mè d'où la lumière arrivait pure, le goût put se soutenir; mais, quand E Grèce, éteinte et avilie, ne fut plus qu'une esclave romaine ; lorsque 1» dernières villes demandèrent comme une faveur de substituer la lang latine à la pompe harmonieuse de l'idiome d'Homère et de Sophocle tout fut dit; cette armée docile d'affranchis n'eut plus qu'un désir flatter ses maîtres ; nulle pensée individuelle, nulle initiative généreu^ ne vint relever la gloire hellénique prête à disparaître ; l'imitatiou d anciens chefs-d'œuvre fut s'amoindrissant, en sorte qu'il n'y eut, proprement parler, aucune école nationale et que les meilleures productions dues à des mains romaines furent les moins faibles réminj5 cences des œuvres helléniques.

On comprend qu'en de pareilles conditions la céramique devait rester dans un rang fort secondaire ; plus de ces vases peints où l'élégance des compositions, la sûreté du dessin compensaient J 'infériorité de la matière; ce qu'il fallait aux Romains dans leurs palais de marbre pavés de mosaïques, ornés de peintures, c'était l'or et l'argent, les coupes de pierres précieuses, les murrhins, dont un seul eût fait la fortune d'une famille.

Les rares œ.uvres céramiques travaillées avec soin et empreintes d'un goût voisin de celui des Grecs, sont celles en terre rouge à reliefs d'Arezzo, en Étrurie. On a trouvé sur des vases de cette espèce les noms d'Anliochus, de P. Cornélius, Florentinus, G. Rufrenius Piclor, A. Titus et Victorianus. La poterie rouge d'Arezzo est d'ailleurs le prototype d'une fabrication portée partout où les Romains ont établi leur domination, et dont on trouve de nombreux spécimens en France. Quelques-uns de ceux-ci sont signés par Agalopus, Amandus, Diogènes, Enodus, Primus, Sabianus, Strobilus et Vibianus.

Une coupe profonde en terre à couverte noire, porte, à l'intérieur,

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