GOURDE DE CHASSE A SUJET HISTORIQUE, MAJOLIQUE D'URBINO
(Gonf. page 311)
COLLECTIO!< DE MADAME LA BAfiOIlXE SALOMO?! DE nOTHSCIfILD
PL. vu.
rfTJAiTAImp.
RENAISSANCE. 51o
fond blanc ; en dessous on lit : F alto in Urhino in hottega de Orazio cuva.
Ce spécimen, rapproché de ceux de Guido mentionnés plus haut, de de 1 533 et \ 533 portant : In boteg^i di M' Guido Duranliiw in [/ri^no, et de celui signé : Fatte in Urhino in botega de }P Guido rr>rM£^ ana vasaio^ permettent de distinguer entre les ouvrages du père ci. du fils et de faire deux parts, même dans cette grande pharmacie d^ I^^retle, dont la totalité ne pourrait appartenir à un seul artiste.
Si les pièces signées d'Orazio sont rares, elles ont le mérite de ca-
ra.c3t.^riser, par leurs formes diverses, ses manières successives; le plat
du» Massacre des Innocents, au Louvre, serait de la première; encore
sc3ï*ir>té de dessin, un peu dur de modelé, il accuse une recherche pé-
ait>lc. On y voit la seule initiale 0 dans un car-
lovmc^he. Une autre pièce ancienne et fort remar-
qviïml)le, représentant Néron qui fait assassiner sa
nrâ<3i:^e, porte cette marque exceptionnelle. Quelques
m î% j cliques copiées de Marc-Antoine ou de maîtres
d^3 1« même école, et habituellement datées de 1544,
^ ï^fiT-^înt un chiffre où le nom Orazio se trouve tout
^ï^^îer; elles manifesteraient le passage de la pre-
-^re à la seconde pratique, c'est-à-dire du dessin
lié et pénible à la manière facile et spirituelle adoptée définitivement
*^^*"^|ue le maître ouvrit son usine particulière en 1565 et qui fut suivie
J^-i^^^u'à sa mort en 1571 . C'est à cette période qu'appartiennent, outre
^^ ^«niagnifique coupe de M. le baron de Rothschild, des pièces assez
inaires inscrites de la mention : FATE — IN— BOTEGA — DE —
.ATIO — FONTANA— .
-t-e mémoire de Passeri énonce, d'après les indications des archives
^^^^^^les, que la marque d'Orazio Fontana aurait été composée des lettres
- F. V. F., renfermées dans un cercle : cette marque n'a ^0^
^^^^^h été vue par personne. M. Chaffers, trompé par une fO^I
^alogie séduisante, a cru trouver le monogramme du maître
^ Une assiette ornée d'un buste de Pompée et portant, au pourtour,
'^^s deux tablettes, la date 1519 et les initiales O.F. et, au revers, les
, ^^s lettres 0. F. V. signifiant Orazio Fontana Urbinate. Il n'a pas
'^ppé au laborieux écrivain que la date de 1519 ne peut être appliquée ouvrages du peintre de la pharmacie de Loretle; aussi suppose-t-il
aux
que Nicolo Pellipario aurait pu avoir un frère du nom d'Orazio qui aurait fondé à Urbino la famille des Fontana. Rien dans l'histoire n'appuie cette supposition, et l'on sait, au contraire, que le renom d'Drbino ne
commença guère avant 1538, date de l'avènement de Guidobaldo II.
Ce n'est pas au moment où François-Marie, profitant de la mort d^^ Léon X pour reconquérir ses États, expulsait Laurent II de Médicis^ que l'un ou l'autre de ces princes aurait songé à faire venir une co-^^ lonie d'artistes dans sa capitale. Les commencements de Guido durei être assez modestes, puisqu'il n'a signé nul ouvrage avant 1532.
Nous continuerons donc à penser que l'indication de Passeri sur légende Oraizo Fontana Urbinate fece est le résultat d'une erreur, nous classerons la signature de l'assiette au buste de Pompée pan les monogrammes des maîtres inconnus.
Les collections publiques et privées abondent en pièces attribué Orazio Fontana ; nous répétons qu'une partie de ce bagage doit tourner à Guido, et nous pensons avoir suffisamment développé qualités qui doivent caractériser la manière du maître; une autré^ part, plus considérable encore, appartient certainement aux élèves sor- ' tis des usines du père et du fils; les artifices au moyen desquels ceux-ci ont transformé la peinture sur majolique n'étaient pas difficiles à saisir, et beaucoup, à Urbino surtout, ont dû chercher, en se les appropriant, à conquérir une part du succès qui en récompensait le mérite.
N'oublions pas, en effet, qu'à côté des maîtres glorieux dont les œuvres nous sont connues, travaillaient plusieurs artistes dignes d'être cités dans l'histoire; dèsl530, c'est Federico di Giannantonio, Nicolo di Gabriele et Gianmaria Mariani ; nous croyons pouvoir attribuer à celui-ci une coupe reproduisant le Baptême du Christ, et qui /vX est signée dans le décor. Simone di Antonio Mariani pei- ^^ gnait en 1542; en 1543, un artiste inconnu signe : P"**. F""**.; Luca del fuBartolommeo, date de 1544; Cesare Cari, de Faenza, peignait e^i 1556, dans l'atelier de Guido Merlino; mais ce dernier signait, en 1542, un magnifique plat de la collection Gustave de Rothschikl, où toutes les richesses ornementales semblent accumulées. Sur le marly sont semés des Amours se jouant dans les nuages, tirant de l'arc, ou portant des couronnes; sur la chute, au-dessous d'une guirlande de lauriers, des divinités marines voguent sur les flots; une seconde
rr
iiirlande de feuilles et fruits peinte sur un bourrelet en relief, et iniefToropue par quatre médaillons à fond jaune, encadre une réserve centrale où l'artiste a représenté Orphée charmant les animaux au son de sa viole. La boutique du potier était alors située à San Polo, ainsi que l'indique une plaque représentant les signes du zodiaque, et datée: Adj 30 di Marzio 1542; il travaillait encore en 1551. Une pièce importante de 1541, représentant le siège de la Goulette, est sortie d'un aulre établissement ; on y lit : In Urbino nella botega di Francesco de SilviZfio, En 1555, nous voyons une coupe à piédouche portant à l'inférieur le Jugement de Paris, d'après Raphaël; on y sent encore une vague influence des Fontana, mais le trait est lourd et les -r-i tons sont durs; les lettres F S sont placées sous le pied, i. l'une an-dessus, l'autre au-dessous de la légende explicative du ^->^ sujet. O '
RevciMons à la famille d'Orazio Fontana ; sa descendance se composa
«rune O lie qu'il avait eue de sa femme Agnesina Franchetti, de Venise.
De ses frères, Nicole, père de Flaminio, mourut avant 1576 ; Camille
aurait ^q un fils du nom de Guido, que Pungileonifait naître àCastel
Durauic3^ et qui mourut en 1605, après avoir appartenu quatorze ans
a la confrérie de Sainte-Croix d'Urbin. C'est ce même Guido qui, d'après
i«aiTaelli^ aurait repris la botega paternelle à Urbino, lorsque Camille
partit pour Ferrare, en 1567, afin d'aider Alphonse II à remonter les
^'^î'iciixes créées par son aïeul. Flaminio, neveu d'Orazio, sut, de son
*^» t*elever la fabrication florentine, et contribuer peut-être à l'in-
*^ïition de la porcelaine des Médicis.
^^ précieux fragment du Parnasse de Raphaël, légué au Louvre par ^^^sigeot, porte la signature ci-contre. Ce Nicolà ^^t on trouve là le nom complet serait-il le frère
^'t*uzio et le père de Flaminio? Nous ne le pensons
^^'^ ; d'abord le frère d'Orazio s'appelait Nicole, et f Lryc^rxJt\ '^^Uite le style sérieux et fin du morceau doit le O*^ '^^t^e placer parmi les ouvrages du premier tiers du seizième siècle.
lin majoliste qui peignait particulièrement des grotesques sur fond ï^^anc signe : Gironimo Urbin feccie 1585; son style lâché indique l>^en la dégénérescence de l'art.
(in vase représentant les Israélites recueillant la manne dans le désert, porte: Falloin f/rfcino, 1587. T. R. F.
Nous devrions nous arrêter ici et renvoyer aux fabrications modernes pour les travaux d'IJrbin imités de la poterie orientale ; mais le souffle de la renaissance était si puissant qu'il animait encore une famille entière, celle des Patanazzi. Alphonse a signé, en 1584, une sorte de monument ser\'ant d'écritoire et représentant le Parnasse ; son nom se trouve ainsi abn>gé sous le sujet de Romulus recevant les ALF.P.F femmes sabines (Soulh-Konsington). Il se contentait sou- VliBIM vent d'inscrire ses seules initiales A. P. Une pièce datée de 1606
1607 nous fait connaître qu'il travaillait alors dans ralelicr de Joi. Balistta Boccioiie. « En 1608, la famille avait sa fabrique, comme le prouve une grande coupe inscrite : Urbini ex flglina Fraiictsci Pata-
faWrr. !ï Brolo<i[iiPs, il't'rhino. (Colleclinn (!<■ H ]<■ haron Ciisiam dr- IlolliH^hild.)
nalii; les sigles F. P. indiquent en même temps que François étail peintre lui-même et décorait ses polcrics. Le dernier des Patanazzi est le jeune Vincenzio qui, diîs l'âge de douze ans, marquait ses œuvres du double sceau de la faiblesse. Passeri cile de lui une pièce de 1 020 avec celte mention : Vkenzio Patanazzi da Urbino dî età d'nnni tredici. Treize ans! pauvi-e enfant; loin de l'indiquer triomphalement snr vos tristes peintures, courez à l'école où se sont formés vos prédécesseurs. GuBBio. — Voilà certes l'une des fabriques sur lesquelles la critique a le plus erré; son histoire est pourtant tout entière dans Passeri ; mais en la commentant chacun à sa manière, les écrivains ont si bien modiGé le texte, que celte histoire est aujourd'hui réduite à néant. Qu'v a-t-il donc de particulier à l'usine de ntibliio? Rien qu'un malentendu. Li