G. FABRIQUES DES ÉTATS DE GÈNES
Gênes. — Une grande obscurité est encore répandue sur l'histoire ique de cette ville; la plupart des écrivains éludent la difficulté
^^^ ï'echerches en généralisant ce qu'ils ont pu recueillir sous des ru- ^***ques telles que : les fabriques de la côte de Gênes, les usines de *-'^t de Gènes ; puis ils citent Savone, et tout est dit. Mais Savone est établissement de la décadence, et Gênes est un centre dont l'activité onte aux premières années du seizième siècle ; Picolpasso n'indique- ^** pas qu'on y emploie la terre d'extraction? ne décrit-il pas les dé-
«Jii'on y exécute et qui participent de ceux de Venise? Ce sont les gantes arabesques, les feuilles aux larges rinceaux, les paysages ^^Oaés de fabriques et coupés par les eaux.
Ëvidemment, la plupart des ouvrages de Gènes sont, cotnme ceux de Venise, confondus dans la foule, faute d'un signe pour les reconnaître. Plus tard, vers les commencements du dix-septième siècle, lorsque la fabrique chercha à faire distinguer ses produits de la poterie de Savone, entièrement identique par la facture et le décor, elle marqua par la figure deson phare, ce qui n'empêche pas la plupart des auteurs
d'avancer que cette figure est l'une des signatures de Savone. 11 peut y avoir une étroite analogie entre les œuvres de la décadence génoise et celles de Savone, mais on peiit]encore les distinguer, et il fdut surtout chercher les premières majoliques de Cènes, dont l'émail et les couleui's sont remarquables.
Savone. — Celte ville, située sur le littoral, à huit lieues ouest de Cènes, a produit énormément, vers la fin du seizième siècle et au commencement du dix-septième. Il faut l'avouer, toutefois., c'est là une fabrication essentiellement commerciale, où le camaïeu bleu domine, et que les traditions du grand art relèvent bien rarement.
La marque habituelle de Savone consiste dans un écu de gueules au pal d'argent et au chef de même chargé d'une aigle naissante de sable; la couronne crénelée est celle des villes. Parfois l'armoirie est accom-
Biac
pagnée de chiffres tels que GS, G^G, ou d'emblèmes. Les lettres GS paraissent se rapporter à un Girolamo Salomoni, qui florissait vers d650; mais la principale marque de la famille Salomoni est le nœud de Salomon, figure cabalistique composée de deux triangles su|)erposés formant une étoile.
On attribue à Gian Antonio Guidobono la signature G -^ G. Cet artiste eut deux fils, Bartolommeo et Domenico, qui continuèrent la fabrica-
lion concurremment à Gian-Tommaso Torteroli et à Agostino Ratli, c|!ie nous retrouverons plus tard.
Vers la dernière époque des travaux, Tusine parait avoir varie ses marques; on nous signale entre autres celle-ci :
On a prétendu voir Tœuvre d'un Salomoni dans des faïences polychromes tout à fait particulières de style et portant au revers un S cursif surmontant une étoile.
Nous ferons remarquer qu'ici la figure est une étoile à ^ cinq branches sans aucun rapport symbolique avec le nom p^ des artistes anciens de Savone.
Albissol4, village situé à une lieue de la ville, en a été la succursale, et les Conrade, principaux fondateurs de notre usine de Nevers, sont sortis de cette fabrique ; il ne parait y avoir aucune différence entre les produits d'Âlbissola et ceux de la dernière époque de Savone. Pourtant un tableau formé de plaques réunies et représentant la Nativité, porte, avec la date de 1576, le nom du lieu : Arbmola^ celui du potier, ÂgoHino... et la signature du peintre Gerolamo d'Urbin.