H, FABRIQUES DU ROYAUME DE RAPLES
Naplks. — Il y a encore beaucoup à faire pour débrouiller les produits de l'ancien royaume de Naples. Castelli est, pour les uns, la seule et unique usine connue ; les autres parlent de Naples en lui attribuant, et les œuvres de Castelli, et une partie de celles de la décadence italienne.
Dès les premières années du seizième siècle, les majoliques du royaume de Naples étaient célèbres, puisque Antonio Brouter, dans sa Cronica générale di Spagna^ cite les faïences de Castelli, dans les Abruzzes, et celles de Pise et de Pesaro, comme pouvant rivaliser avec les antiques vases de Corinthe, comparaison sans doute plus ambitieuse que vraie, et qui semblerait prouver que l'auteur parlait de choses qu'il n'avait pas vues. Mais on pourrait induire de la date du livre (1540), et du rapprochement des noms de Castelli et de Pesaro, une sorte de similitude dans les travaux des deux usines, qui auraient aborde. Tune et l'autre, les faïences à reflets.
C'est encore à l'avenir qu'il faut laisser le soin d'éclairer ces questions. Quant à Naples, nous trouvons son nom sur des ouvrages de la
3i6 HISTOIRE DE LA CÉRAMIQUE.
fin du seizième siècle, empreints du style de l'époque, et qu'il eût é facile de confondre avec les poteries du nord de l'Italie- Ce sont d» vases de forme, de taille colossale et composés évidemment pour grande décoration, car une seule de leurs faces est peinte; desan^ formées de cariatides ajoutent à la pompe de ces vases, dont sujets sont religieux. La Pêche miraculeuse, le Christ aujardin
Oliviers, etc., y sont représentés en camaïeu l>j ^ repiqué de noir; le dessin est facile, encore é ^^J«4f ë^^^ ^^^^ ?^^ P^^ serré, et la touche est hartr
y ^"N >nl et spirituelle.
Ï^jX^ Sur l'un on lit : Fran"^ Brand... Napoli^ •^ *^ ^"^ Ge$u novo ; au-dessous est la marque suivante
j^^ Le second porte, sous le môme monogramme couronné, 1 ^^kjf noms : « Paulus Fran"" Brandi Pinx^^ 68 +; le chifl" "Q /]^ nous parait être l'indication de Tannée 1568. Un vase, pi sitivement daté, a été fait antérieurement par un artiste a même atelier, dont voici lasignature : P. il sig. Francho Nêpita. 153- Ici la couronne fermée et radiée (couronne de fer) a une impc tance capitale; elle spécialise toute une série d'œuvres attribué* tantôt à Castelli, tantôt aile Nove, près Bassano. Souvent cette couroni est surmontée d'une étoile, et elle accompagne des monogrammes vers :
il est assez rare que le monogramme soit sous la couronne traver par une ou deux palmes ; l'aspect des pièces marquées ainsi est c« des faïences du nord de l'Italie ; sur une couverte bleuâtre et très-fli s'étendent des sujets peu corrects, mais jetés avec une certaine 1 diesse sur des fonds de jpaysage. Quelques spécimens sont évidemn postérieurs au seizième siècle, ce qui est démontré par le costume des personnages.
Il ne faudrait pas confondre la couronne de fer avec celle des grs
RENAISSANCE. 3i7
j^:b.^.-i^5 de Toscane; celle-ci, dont nous avons donne la figure à la
ps3L^^^3 291, existe sur des majoliques toutes particulières, citées en
• lieu.
n remarquera d'ailleurs que la couronne de fer napolitaine est
c^z^ :H[^!stamment fermée, tandis que celle de Bassano est ouverte
^^^ simplement radiée; cette différence aiderait à distinguer
\c:^^ œuvres produites aux deux extrémités de l'Italie, en supposant que
\«E5i=s caractères de fabrication et de décor ne fussent pas suffisants pour
l^^ séparer.
Castelu. — Ce qui précède fera comprendre aux curieux combien il. cîst difficile de déterminer les ouvrages de Castelli. Où sont ceux de lai première époque, tant vantés par Brouter? quel est leur style? sous q^uftc^l nom passent-ils sous nos yeux? Autant de problèmes dont la solution, est réservée à l'avenir. Le savant livre de M. Gabriello Clierubini a.îcl«3ra sans doute à jeter quelque lumière sur l'époque moderne, dont aurons à nous occuper ailleurs, et sur l'importance des efforts Lc3s pour ressusciter un art tombé en décadence. Mais ce que nous y li^ouvons touchant la Renaissance se borne à la mention d'un Nardo tlî Castelli, peintre cité dans un acte de 1484, et à celle d'Antonio L-ol 1 j, auteur d'une pièce représentant le Jugement de Paris, et signée : ^^r*Cc}?im Loi lus a Castellis inventor.
BOTAGLiA. — Cette ville, située non loin de Tarenle, a eu sa fabri-
3 dont les produits ont le caractère général des faïences napolitaines,
^* ï^ous en jugeons d'après un charmant petit plat de la fin du seizième
^*^c^le appartenant à M. le duc de Martina, et qui porte, comme motif
F^^**^ci.cipal d'ornementation, les armes de la famille de cet amateur dis-
ciLE. — Il est impossible de séparer la Sicile de l'ancien royaume de
^ ^I>les, mais que dire de ce pays ignoré ? Il a eu certainement sa brillante
€3 dans l'histoire, bien que les événements survenus ailleurs l'aient
^ue fait oublier. Nous l'avons expliqué déjà, les Arabes, exilés de
*^-^pagnc, fondèrent en Sicile des fabriques où les procédés de Malaga
^^^nt appliqués à un degré de perfection moindre, mais avec des fo
es identiques. Peut-être aussi les vases du nord de l'Afrique ser-
nt^ils de modèles aux potiers du pays* Les lustres brillants qui de-
^^^nt plus tard se répandre dans l'Italie illuminèrent d'abord les vases
"lis de Calata Girone^ et^ diaprés le témoignage des savants de cette
cité, lorsque le hasard y fit découvrir les restes d'anciens foure, ç — nny trouva pêle-mêle, et les fragments des œuvres dorées, et des àé bris de majoliques semblables à celles que la péninsule produisait au seiziùme siècle.
Chez nous, sans doute, ces précieux témoins eussent été conse^^^ pour servir de types et faciliter la détermination d'ouvrages confon ^^ dans la foule des inconnus. Espérons qu'avec leur simple souvenir, curieux et les érudits de la Sicile pourront un jour reconnaître et vulguer les majoliques de leur pays.