‹ Histoire de la céramique; étude déscriptive et raisonnée des poteries de tous les temps et tous les peoplesChapitre 62 sur 145 · FABRIQUES DE LA SARDAIGNE · texte numérisé non relu

FABRIQUES DE LA SARDAIGNE

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Turin. — Pour expliquer l'oubli dans lequel spnt restées les usi de l'ancien duché de Savoie et du royaume de Sardaigne, il nous su d'emprunter cette phrase de Lanzi : c< Si le Piémont a le mérite d'av assuré, par sa protection, le loisir dont l'Italie avait besoin pour livrer aux beaux-arts, il a eu le malheur de ne pouvoir jamais se l'î^ surer à lui-même d'une manière durable. »

Sous le règne de Charles III, le duché de Savoie fut en quelq sorte le champ de bataille où les plus belliqueux monarques du sièct François?' et Charles-Quint, vidaient leurs différends; il fallait qu'E^ manuel-Philibert, dit Tête-de-Fer, vînt apporter la terreur en Fr par la victoire de Saint-Quentin pour que le traité du Cateau-Camb sis le remît en possession de ses États en 1559 et lui permît de ren quelque repos à des peuples écrasés par la servitude étrangère et C misères d'une guerre incessante.

Nous devons croire que Tune des premières préoccupations m prince fut d'appeler autour de lui, avec les savants et les littérateur quelques-uns de ces artistes qui illustraient l'art céramique en Italii nous en trouvons la preuve dans les documents que M. le mai-qi.^ ^t-*^" Giuseppe Campori, de Modène a empruntés aux archives royales Turin et extraits du Registre du compte de la Trésorerie générale :

« Plus pour deux cents écus de trois livres l'un, payés à maître 0 zio Fontana et à maître Antonio d'Urbin, pour prix de certains vases terre portés à Son Altesse comme il appert de l'ordre de Son Alt donné à Nice le 6 janvier 1564, lequel est remis en même temps quc^ ^ quittance, comme de raison, le 7 dudit mois et an. L. 600.

.(Il Ik

c< Plus, le 15 d'août, payé h Antonio, potier d'Urbin, vingt écus de trc>î s livres, à valoir sur les dépenses faites pour accompagner les majol i^|ues envoyées à Son Altesse en France. L. 60.

<:c Plus, pour deux cents écus de trois livres l'un, payés au ï. Rév. s^i g'neur Jérôme de la Rovère, archevêque de Turin, qui sont à compte et a valoir sur un mandat de Son Altesse de 800 écus pareils, desquels l^dît Monseigneur s'est porté répondant pour Son Altesse envers maître Oraizio d'Urbin, chef des potiers de Son Altesse, pour le compte des deux crédences de terre que ce maître a portées à Son Altesse, comme il apdudit mandat donné à Turin le 25 avril 1564, lequel, dûment sil5 et scellé, est joint au présent (et déposé) en la chambre, avec la cjULÎttance dudit Monseigneur, desdits 200 écus, écrite et signée le 20 d^août 1564. Je dis L. 600. »

T^e savant modenais infère de ces deux pièces et surtout du titre : cà^^des potiers du duc de Savoie, donné à Fontana, que cet illustre céramiste était entré au service d'Emmanuel-Philibert; nous ne penseras pas qu'il ait pu en être ainsi. En 1565, pour satisfaire à ses nomi^r^citix clients, Orazio avait ouvert à Urbino une fiibrique qu'il exploita juscju'à sa mort, survenue en 1571 ; antérieurement on a vu quelle ^^"^^itété l'activité de ses travaux, il est donc impossible qu'il ait pu ^l'^ï^tter, momentanément même, un établissement en pleine activité P^^3.r courir les chances d'une fortune nouvelle en Savoie. A nos yeux, *^ titre de chef des potiers du duc de Savoie est purement honorifique ; ** était destiné à prouver la haute estime dans laquelle l'artiste était ^ixii par le prince, qui le plaçait ainsi moralement à la lête des homïtà cis appelés à inaugurer la fabrication à Turin. Cela montre d'ailleurs ^î^Hs quelle voie Emmanuel-Philibert entendait faire marcher son usine 'î^^ i , d'après Pungileoni, aurait eu parmi ses principaux artistes un ^^^*^tain Francesco Guagni. M. Campori estime que cet homme était un ^^S^énieur militaire ; mais il est mentionné ailleurs parmi les arca- ^*5iles qui auraient cherché le secret de la porcelaine à la cour de Sa- ^'^îc, vers 1567.

^Malheureusement, les majoliques piémontaises sont rares, ou plutôt

^* »cîs demeurent confondues parmi les autres, faute d'indications ca-

^^Cîtéristiques. Une pièce conservée en Angleterre, dans la collection

*^^ynolds, est la seule qui soit inscrite; on y lit : Fatla in Torino adi

* * de setekrc 1577. Nous en avons vu une autre où, dans un paysage

rappelant ceux de Venise, surgissait une t^ite de chérubin laissant présumer une destination religieuse. Sous le pied, Técusson cursivemenl ^ — tracé en bleu et non couronné pouvait faire attribuer TouiflY>>» vrage, sinon au règne d'Emmanuel-Philiberl, au moins à \f celui de Charles-Emmanuel le Grand. Quelques autres majoliques réunies dans les collections ou répandues dans le commerce se spécialisent par un décor bleu voisin de ciy lui appliqué à Savone; des personnages en costumes de l'époque Louis XIII, des ornements déjà inspirés de la porw celaine chinoise, indiqueraient seuls une date assez basse,

^1 i si l'écu à la croix traditionnelle, surmonté de la couronne ^\f fermée, ne précisait le règne de Vietor-Âmédéc 11, premier roi de Sardaigne en 1675.

Ces fabrications sont la souche de celle que nous retrouverons en plein dix-neuvième siècle parfois avec le même écusson, d'autres fois, comme dans la collection de S. Exe. le marquis d'xVzeglio, avec la mention : fabricareale di Torino^ ou bien : Gralapaglia, fe. Taur.

Laforest. — A la même période semble appartenir celte autre fabrique dont rexislence nous a été révélée parun bel échantillon signé ; Laforest en Savoye 1752. Pourtant, il ne serait pas impossible que l'origine de ce centre remontât plus haut.

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