GENRE ITALIEN
Ce que nous entendons qualifier de faïences françîiises de genre italien, ce ne sont pas les majoliques vraies faites chez nous par des émigrés ultramonlains; on a vu, précédemment, lorsque nous nous sommes occupé de la Renaissance française, combien avait été éphémère la production tentée par des ouvriers dépaysés, placés loin des écoles
où ils puisaient leurs modèles, et qui furent promptement absorbés dans le milieu actif et mobile où ils s'étaient aventurés.
Un seul atelier a, pendant quelque temps, cultivé un genre de peinlure originaire d'Urbino : c'est Nevers; comme dans la faïence italienne, on voit sur celle-ci des scènes mythologiques se détachant sur un fond formé par les flols de la mer, et le plus souvent les personnages sont des divinités marines, des Tritons, des Néréides et des Amours. Chose singulière pourtant, et sur laquelle nous reviendrons en son lieu, on a voulu attribuer aux princes de la maison de Gonzague la création de cette école toute (Timportation^ et on a vu les vrais auteurs des vases dans les membres divers d'une famille de Conrade, venue d'Albissola, près Savone, pour diriger l'usine nivernaise. Or la première chose que révèle la moindre connaissance des majoliques, c'est que le genre de Savone et de toute la côte de Gênes n'a rien de commun avec le style italo-français ; une seconde remarque plus décisive encore, suggérée par l'examen des ouvrages signés par les Conrade, c'est que ces potiers, experts peut-être dans le métier, étaient de pauvres dessinateure sans style et indignes de réclamer une parenté quelconque avec les céramistes italiens du seizième siècle ; ces hommes étaient bien plus préoccupés d'ailleurs de chercher l'imitation chinoise que de faire revivre les pompeuses poteries à histoires. Donc le genre nivernais imité des faïences italiennes d'Urbino ne peut être : que l'œuvre d'artistes français poussés dans cette voie par les encoura- — gements d'un prince amoureux du grand art ; nous montrerons même -s combien cette école accidentelle fut supérieure, pour son temps, aux^r derniers adeptes de Fart italien^ et comment elle contribua à mainte—-^ nir l'usine nivernaise à un niveau respectable, malgré l'influence de«5^ Conrade.