‹ Histoire de la céramique; étude déscriptive et raisonnée des poteries de tous les temps et tous les peoplesChapitre 68 sur 145 · GENRE ROUENNAIS · texte numérisé non relu

GENRE ROUENNAIS

Le genre italien étant, comme nous venons de le dire, un accident^ un caprice éphémère, nous plaçons l'école normande en tele de l'art purement français; deux raisons nous y portent : d'une part, c'est la certitude que Rouen a, bien avant Nevers, appliqué l'émail à la terre cuite; d'un autre côté, c'est la conviction acquise par l'étude approfondie de ses premiers essais, que la céramique normande a puisé ses inspirations aux sources nationales. En effet, chez nous, comme en lia-

tcinporainR en aienl jugé ainsi, puisque la faïence roucnnaisc a él ^ l'objcl d'une imilalion iiniverseile; la Belgique, la' Hollande, l'Ital' ^ même, ont mirlliplié les variélés d'un genre que Lille, Paris, Salr^ i

Silwt de Ni)«l CD faïence de nouen. (Collection de M. Édouiril rucal.)

Cloud, Marseille, fitc.> oséculaient couramment pour répondre au goût des consommateurs.

Une influence directe des publications lillcraircs modilla un moment les compositions à dentelles; des corbeilles de fleurs supportées' par des rinc(;niix à guirlandes forment les motifs milieu, ou se posent dan=

Cniipc de Rouen, i h coroF. (Colleclion de H. Michel PokiI.)

les créneaH\ des lambrequins; ce genre riche et gracieux est un emprunt évident aux culs-de-lampe des splendides éditions de CramoJsv el des autres éditeurs du dix-septième siècle.

Ce qui prouve suralmndamment la persistance de Técole roiiennaise dans la volonté de rester françaist^ c'est que, dès ses commencements.

levées de dessins émaillés en blanc pur ou associé au jaune tendre et au jaune orangé. Les Persans ont en effet émaillé en bleu vif la terre cuite, et surtout les carreaux de revêtement ; ils y ont appliqué un damassé blanc de fins rinceaux faisant ressortir des inscriptions en relief dorées à froid ; mais ce décor n'a rien de commun avec les compositions nivernaises, où les tulipes, les œillets et les anémones rappellent au contraire les riches et surabondants bouquets de rémaillerie et des étoffes contemporaines. Nous réclamons donc pour notre école ces produits, qu'il faut ranger parmi les plus remarquables sortis des faïenœries françaises.

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