PICARDIE - ARTOIS
Le département de la Somme a-t-il eu des fabriques ? Nous l'ignorons. Mais, dans le Pas-de-Calais, les usines ont été assez nombreuses et non sans importance, bien que la renommée de Rouen ait pu nuire à leur développement.
Aire. — Fondée en 1750 par un sieur Preud'hommc, qui l'a possédée jusqu'en 1755, cette manufacture a passé, sans doute, en des mains diverses, puisque Gournay annonce, en 1788, qu'elle est la propriété d'un M. Dumez; elle exerçait encore en 1791. M. Riocreux a classé au musée de Sèvres comme produit certain d'Aire, un médaillon ovale offrant en relief, dans un encadrement, le buste drapé de Christ. L'émail, bleuâtre, est assez uni; les chairs sont incolores, la barbe et les cheveux simplement rehaussés de traits bleus ; du violet de manganèse et un bleu bouillonné teignent les draperies. En somme, cet
ue Jehan le Voleur travailla, selon toute apparence, la première poirie émaillée française. Que sont devenus ses fourneaux du quatorème au dix-huitième siècle? La tradition rapporte qu'il y a eu des lïences à Ilesdin au siècle dernier, mais c'est tout ce qu'il est permis B dire aujourd'hui à défaut de monuments certains.
Montreuil-sur-Mer. — On y faisait, au seizième siècle, des vases en Tre brune travaillée à jour, dont on rencontre souvent des fragments;
ne serait pas impossible que cette fabrication se fût continuée penant le siècle suivant.
Saint-Omer. — Après avoir essayé de fonder à Dunkerque une faïenîrie que les intrigues des potiers lillois l'obligèrent à fermer, un eur Saladin obtint l'autorisalion de s'établir h Saini-Omer ; voici les rincipales dispositions de l'arrêt qui le concerne :
« Louis, etc. Notre bien aimé Louis Saladin, négociant à Dunkerue, nous a exposé qu'il a trouvé le secret de fabriquer de la fayance iissi belle et aussi bonne que celle d'Hollande, qui de plus a l'avanige de souffrir le feu, et une vaisselle de grès qui imite celle d'Anleterre ; qu'ayant été informé qu'il n'y avait dans la généralité d'Aliens aucune fayencerie, il aurait projeté d'établir dans la ville de aint-Omer une manufacture pour y fabriquer ces sortes de fayances L de grès, la dite ville étant le lieu le plus propre pour une pareille ntreprise, tant à cause de son canal et de la proximité des ports de ler. . . qu'à cause de la qualité des terres qui lui sont nécessaires et des 9is blancs et tendres qui s'y trouvent en abondance... Les échevins, près expérience, ayant reconnu que cette fabrique serait très-utile à îur ville... nous aurions bien voulu statuer par arrêt rendu en notre mseil, le 14 avril 1750...
« Nous avons permis et permettons au dit sieur Louis Saladin 'établir dans la ville de Saint-Omer ou au faubourg du dit Haut-Pont, ne manufacture pour y fabriquer pendant vingt années consécutives
I à l'exclusion de tous autres, de la fayance façon d'Hollande, propre souffrir le feu, et de la vaisselle de grès, façon d'Angleterre, à conition par luy de former le dit établissement dans un an, à compter
II jour dudit arrêt, et d'avoir toujours au moins un fourneau en traail... défense de former aucun autre établissement h trois lieues aux nvirons de Saint-Omey, etc. »
Rendu le 9 janvier 1751, cet arrêt fut enregistré le 9 juillet suivant;
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il *^^3^ut son exécution, car l'Exposition univeiiscile nous a monlré une pj ^3.^3*3 signée à Saint'Omet\ 1759 ; c'est une belle soupière figurant un i^lm,^::^^^^ épanoui : au sommet rampe une hélice jaune à bandes; c'est le l3^^^a. ton au moyen duquel s'enlève le couvercle, habilement dissimulé; la <3oloration des feuilles est parfaite, leur modelé précis; de la cireosTB fiirence au centre elles vont en adoucissant leur vert glauque, qui p'^^^^^3 au jaunâtre marqué de nervures roses. L'ensemble annonce le so i «^ -» l'intelligence et le talent de ceux qui y ont concouru. Les vases j[ir^mj.K*atifà ont été faits partout, en France, en Belgique, en Hollande, cim -A. llemagne; nous doutons qu'on puisse en produire un supérieur à col mjÊ.i. dont nous venons de parler, et nous sommes convaincu qu'il en est i>«aucoup, parmi ceux attribués à Bruxelles et à Delft, qu'il faudrait ros^ ti tuer à Saint-Omer.
lant aux grès de Saladin, où les chercher? Évidemment aussi parmi
fabrications si diverses classées dans le chaos qui a été dénommé
de Flandre ou d'Angleterre. La liste des réclamants contre le
de commerce avec l'Angleterre prouve qu'en 1791 la fabrique
lint-Omer était encore en activité; de 1750 à cette date, c'est-à-
t3 pendant quarante ans, combien n'a-t-il pas dû sortir de choses re-
"cjuables du Haut-Pont? Malheureusement il est assez probable que
lin a fait marquer par exception, et, pour ses poteries de grès comme
p^^u^ï* ses faïences, ce n'est qu'avec un type authentique et par unecom-
ca.vsi.ison attentive qu'on pourrait reconstituer sa part de travail; ainsi,
i>»i eîi:xamen sérieux du beau chou classé à Cluny nous a convaincu
c\M €3K pouvait le placer auprès de celui daté et signé.