ILE-DE-FRANCE
C'est naturellement autour de la capitale, cœur du pays, foyer de la civilisation moderne, que se concentrent les efibrls du progrès ; on pourrait donc rigoureusement résumer l'histoire de la céramique en exposant les labeurs et les découvertes dont Paris et les environs ont été le théâtre. Mais, pour échapper au reproche de partialité, nous allons simplement, ici, comme ailleurs, suivre les faits dans l'ordre géographique et par départements.
Paris. — Nous n'avons pas besoin de rappeler combien notre sol est riche en argiles plastiques ; dès la plus haute antiquité, Lutèce se distinguait par la fabrication de ses poteries diverses; aussi, les fouilles opérées pour les travaux publics, les curages de la Seine, ont ils mis au jour des fragments de tous genres et de tous âges , depuis la belle poterie rouge, dite samienne, les poteries barbares de l'époque franque, jusqu'aux vases vernissés du moyen âge et aux essais sigillés de la Renaissance. Il demeure ainsi hors de doute que l'on a fait ici tout ce qu'on pouvait faire ailleurs.
Où placer toutefois les commencements de la fabrication moderne? De Thou écrit en 1605 que « Henri IV éleva des manufactures de fayance, tant blanche que peinte, en plusieurs endroits du royaume, à Paris, à Nevers, à Brissambourg en Saintonge, et celle qu'on fit dans ces différents ateliers fut aussi belle que la fayance qu'on tirait d'Italie. »
En 1659, des lettres patentes étaient accordées pour garantir les faïenciers contre les envahissements des autres corporations ; une quit-
is
à propos, comme aussi de faire venir en noire royaume celle qu'il a faite et fabriquée en Hollande, pour être distribuée et vendue au public , en payant toutefois nos droits par ce dûs , et faisons trèsexpresses inhibitions et défenses à toutes sortes de personnes de quelque qualité et condition qu'elles soient, d'en faire fabriquer trente lieues à la ronde de Piiris, ni en faire venir d'aucun pays étrangère pour en vendre ni débiter autre que ledit exposant ou ceux qui auront droit de lui pendant cinquante années, à peine de confiscation desdites faïences et porcelaines, dix mille livres d'amende, moitié applicable à l'hôpital général et l'autre moitié audit exposant pour son dédommagement; à laquelle ils seront contraints en vertu des présentes, ce qui sera exécuté nonobstant oppositions ou apellations quelconques , et s'il en intervient aucunes, nous nous en réservons et à notre conseil la connaissance et icelle interdisons à tous autres Cours et Juges. Si nous donnons en mandement au Prévôt de Paris, etc., car tel est notre plaisir. En témoin de quoi nous avons fait mettre notre scel à cesdiies présentes données à Paris le vingt-un avril, l'an de grâce mil six cent soixante quatre, de notre règne le vingt et unième. Signé Louis, et sur le repli, par le Roi, De Guenegaud, et au dos est écrit :
« Par sentence rendue par M. le Lieutenant civil sur les conclusions de M. le Procureur du Roi aujourd'hui, les présentes lettres ont été enregistrées au greffe civil du Châtelet de Paris, par moi, greffier $oussigné, le 19 mai 1664. Signé : Sagot, »
Qu'étaient donc devenues les fabriques parisiennes et la corporation des verriers faïenciers pour qu'un pareil privilège fût accordé, et quel était donc le mérite des œuvres de Révérend pour qu'il profitât à ce point de la faveur royale?
Aujourd'hui les faïences de Révérend sont bien connues, leur facture est excellente ; minces, blanches d'émail, peintes en émaux polychromes nets et souvent excessivement purs, elles peuvent, ainsi que le disaient les lettres patentes, rivaliser avec ce que la Hollande a fait de mieux ; il faut l'avouer même, ce sont presque des contrefaçons dans le plus grand nombre dos cas, et Révérend cherche si bien luimême à tromper les consommateurs, que sa marque, dont nous parlerons tout à l'heure, ne paraît avoir été choisie que pour imiter certaines signatures hollandaises. On a été plus loin, des écrivains ont prétondu qu'il n'avait sollicité et obtenu son privilège que pour cou-
TEMPS MODERMiS. «5
vrir \' * »itroduclion de marchandises failes à l'cli-angcr. Ceci nejjcut se
sotilci» i r ; d'une part, le potier bourgeois de Paris n'avait point h dissi-
inuiei" <ies imporlationsde l'espèce, puisqu'il était autorisé légalement
û les Ci«ire; d'un autre côti.', on se demande quel avantage il aurait
trouves à faire entrer des marchandises élrangères comme fabriquées
par lia ■ 1 puisqu'il était soumis à payer, pour les unes comme pour les
autres -» les droits portés au tarif.
Il ^^ t évident pour nous que Révérend a fabriqué à Paris. Oii ? Nous
n« '*a\ii-;ons |y Ji^c^ niais nous sommes dans la même ignorance à
i66«r«l jy beaucoup d'autres usines parisiennes, même d'une époque
^'^''^~*'approcbée de nous. Les travaux peuvent se diviser en plusieure
gvOupçg. yQ\^\ d'alxird deux coupes à reliefs d'une excessive blancheur
gt Ornées s»!ulemenl en rouge et or, d'une bordure et de deux ombres
»^ Soleil ; ces pièces, de la collection Palrice Salin, sont évidemment
»*iiliommage destiné à Louis XIV, dont elles porlenl l'emblème. Le
second groupe, de facture et de style hollandais , se compose de vais-
ieWesà bordures composées de rinceaux inspirés de la poterie chinoise
3Vt!C fleurs et oiseaux ; au centre, dans un encadrement léger, sont des
ligures en costumes français de l'époque de Louis XIV, avec des inscriptions explicatives telles que : la comédienne, l'officier, le marchand ambulant, etc. Dans ce groupe, le bleu est pur et doux, le rouge de fer un peu pâle et le vert est obtenu par mélange de bleu et de jaune, ce qui le rend sourd et un peu louche; pourtant l'ensemble est harmonieux et d'un bel aspect. Le troisième groupe, tout oriental, offre des pièces à plantes et oiseaux chinois, à compartiments verts et blancs chargés de fleurs de gingembre, de bouquets et autres motifs déviés de la porcelaine coréenne ou chinoise ; c'est là qu'il est fort difficile de distinguer les œuvres de Révérend des produits purement hollandais.
Mais la marque, dira-ton? Cette marque la voici : /R /R. ^^^^ ^^^ composée des lettres AR conjuguées qui, comme ^ nous venons de le faire pressentir, n'ont pas un rapport direct avec le nom du fabricant; quelques curieux ont prétendu qu'il y fallait voir trois initiales, RAP signifiant : Révérend à Paris ; ceci nous parait trop subtil , et préjuge d'ailleurs le siège de l'usine, tandis que les lettres patentes autorisent Révérend à s'établir dans la ville ou ailleurs. Pour nous, la raison d'être du chiffre est toute dans l'hilention d'imiter les signatures renommées de la Hollande, notamment celle du Delft doré à l'APK, et quelques autres si voisines de PAR qu'on les dislingue avec peine. Cette contrefaçon des marques était chose si commune en Hollande, que l'on verra plus loin par quel moyen les magistrats de Delft durent y mettre ordre.
Il existe au surplus des faïences tellement identiques à celles de Révérend qu'on peut les croire destinées à faire partie d'un même service, et qui sont marquées de chiffres particuliers tels que celui-ci : nous l'avons rencontré sur des assiettes entourées de lambrequins alternant avec de grosses fleurs de lis; des compotiers entourés d'oves ^^^/^ en relief et avec fonds partiels verts nous l'ont offert
^*^"^^^ concurremment à cet autre, qu'on n'oserait formelle-
ment attribuer à Révérend.
Maintenant, doit-on croire que ce faïencier a joui de son privilège pendant la longue période qui lui était assignée? Nous ne le pensons pas. Parvenu sans doute assez vite à la fortune, il aura laissé tomber sa fabrique ; c'est du moins ce qu'on peut induire du silence gardé à son égard par les lettres patentes délivrées postérieurement aux siennes*
iz:
TKMI'S MODEItNES. 447
De 1664 à 1 720 nous ne trouvons pourtant aucun document sur les usines de l'aris ; eela s'explique ; si les poteries de Révérend se confondenl avec celles de Dellï, les autres sont peixlues parmi les produits normands ({u'elli>s imitent. Lu rue delà Huijuctle, au faubourg Saiiit-\nloincjéiiiit alors, comme elle est encore, le grand centre de l'industrie céramique; vei-s 17"iO, on y trouve François Hébert allié à la famille
l'ol (le iitaimucic de Digne. (ColJtcLioii ic U. l'uul Gisnaull.)
Cbicanneau; c'est Genest en i750, auquel succède Jean Binet en 1 750 ; vers le même temps paraît Digne, dont les produits sont connus, grâce aux recherches de M. Riocreux : c'est ce faïencier qui a livré ;i la pharmacie de la duchesse d'Orléans des pots armoriés, ornementés dans le style de Rouen et exécutés les uns en bleu, les autres en bleu et jaune citrin. Un autre céramiste établi, depuis 1774, rue de ta Roquette, aux Trois-Levretles, travaillait encore en 1784. En 17S8, Gournay cite, pour la faïence blanche et hrune, veuve Dague, Digne, Dubois;
pour la faïence blanche : Olivier, veuve Petit et Robillard, Tourasse. Il y a plusieurs choses à faire ressortir de cette liste : Digne semblerait avoir abandonné la fabrication de luxe pour la terre brune, dite à feu ; son établissement passa d'ailleurs, d'après les documents conservés à Sèvres, dans les mains d'un nommé Gauthier. Quant à Olivier, c'est un nom qui doit s'appliquer à plusieurs céramistes ; le plus ancien travaillait encore à la terre émaillée peinte en 1788, et il eut pour successeur immédiat Masson. L'autre Olivier, dont M. Champfleury possède des faïences parlantes doublées de brun (terres à feu), est l'auteur du poêle offert à la Convention, et figurant la Bastille. Cette pièce historique est classée au Musée de Sèvres.
Un mot maintenant sur un établissement importani, la Manufacture royale de terre d'Angleterre. Edme, qui la dirigeait en 1749, épousait, le 31 août de cette même année, Marie-Claude Serrurier, fille d'un marchand de drap de Nevers ; en 1754, son siège, d'après un livre intitulé Géographie de Paris, était rue de Charenton. Le Guide des amateurs et des étrangers^ par Thiery, dit, en 1787. a Cette manufactu de terre, à l'instar de celles d'Angleterre, est établie au bas du bon— levard, à l'angle de la rue Saint-Sébastien. On y trouve des servie complets en plats, assiettes, tasses, etc., et l'on y exécute toutes Icscommandes. » Enfin, deux ans plus tard, YAlmanach général des mar^ chauds, négociants et armateurs, en affirmant que ce les ouvrages qu en sortent sont avantageusement connus du public, » ajoute que l'entrepreneur est M. Mignon.
On le voit donc, le bagage céramique de la grande ville est complet^et si les ouvrages qu'elle a produits sont confondus dans le grand tou innommé, c'est précisément à cause de l'activité fiévreuse d'un centrer où tout ce qui était nouveau, tout ce qu'adoptait la mode, était immédiatement imité.
La figure que nous avons donnée de Tune des pièces de Digne fera comprendre mieux que tous les raisonnements combien il était facile de croire, à son style, qu'elle sortait de Rouen ; de même pour l'œuvre des autres fabricants qui, paraît-il, n'avaient point adopté ici démarque particulière.
Quant à la faïence fine, terre de pipe ou terre d'Angleterre, comment la distinguer du modèle? comment oser mettre un nom, même sur les plus belles pièces, lorsque l'on sait que cette prétendue importation fui
ure lit, un inare uces les
invention française et que, bien avant qu'il nous vînt d'outrc- ]^|a.Ticbc des entrepreneurs étrangers, on en faisait sur tous les points du royaume?
Sceaux. Il existait à Sceaux, à l'entrée de la rue des Imbergères et en face du petit château des Princes, une fabrique de poterie comixiune appartenante un architecte appelé De Bey, qui y exploitait les produits d'une terre voisine, dite fosse ou trou aux glaises. Il voulut agrandir le cercle de ses opérations, et, après s'être assuré le concours de Jacques Chapelle, faïencier, il loua, le 17 juillet 1748, un grand bâtiment en pierres de taille construit auprès de sa première usine.
Les premiers essais ne répondirent pas aux espérances des entreprenouirs, et, pour accroître leurs ressources, ils formèrent une association composée ainsi : Chapelle, Delanée, Minard, de Châteauneuf et De
Celte seconde société ne fut pas plus heureuse que la première, l'ac-
ne put s'établir entre ses membres et elle fut rompue en 1749.
Malgré ces difficultés. De Bey, confiant dans les talents de Chapelle, ne
désespérait pas de l'avenir, et, le 9 mai 1 750, il intervint entre eux un
traité pour la fabrication en commun de la faïence japonée; ce que
Chapelle appelait ainsi, c'était une poterie émaillée d'une grande
finesse de pâte, décorée au moufle de délicates peintures cherchant à
imiter la perfection du décor des porcelaines du Japon. Son ambition
allait- plus loin encore : il cherchait le secret de la pâte de cette même
porcelaine, et ses tentatives promettaient une réussite complète.
I-«a manufacture de porcelaine de France fut informée de ces entreprises audacieuses'et elle en arrêta les effets en faisant signifier à Chapelle les arrêts officiels qui assuraient son privilège et en lui ordonnant A^ Cesser ses travaux. Madame la duchesse du Maine, assez peu puisè^ïiVc à cette époque, couvrait pourtant de sa proteclion l'établissement t\aissant, et si l'on ralentit les essais de porcelaine, on travailla toujours la faïence. Mais, le 23 janvier 1755, la duchesse mourut, ses armes durent disparaître de la grille d'entrée de la manufacture, qui se trouva ainsi dénuée de tout patronage.
Toutefois, les démarches incessantes de Chapelle, sa persistance dans le travail, finirent par avoir raison du mauvais vouloir des autorités; il obtint sa taxation d'office et l'autorisation de continuer son exploilation, par un arrêt du 25 juin 1755, dont la teneur est assez curieuse
pour que nous en donnions l'extrait : ^ Sur la requête présentée par sieur Jacques Chapelle contenarl qu'il aurait établi depuis envin deux ans au village de Sceaux une manufacture de terres-faïence do il a seul le secret, que les ouvrages qu'il y fait fabriquer sont goûtés ( public à cause de leur bonté et de leur propreté et que le débita augmente tous les jours ; que cet établissement occupe un grand nomb d*ouvriers, etc. »
La faïence de Chapelle était effectivement des plus remarquable fine, enrichie de moulures et de reliefs, couverte d'un émail blanc uni, elle recevait une décoration charmante de bouquets et emblème de groupes d'Amours se jouant dans les nuages ; de délicates figur dans des paysages; tout cela entouré d'arabesques en couleurs oui or, de guirlandes de laurier, formait un ensemble non-seuleme propre, mais des plus élégants.
Débarrassé d'ailleurs de son associé, qui ne lui prêtait aucun secoui Chapelle développa rapidement la production et parvint à un suce véritable. Après dix ans de labeur, il loua sa manufacture, le 12 ju 1763, et pour une période de neuf ans, à l'un de ses meilleurs peintre JuUien, qui, depuis 1754, travaillait avec lui. Celui-ci s'associa Charh Symphorien Jacques, sculpteur, tourneur et modeleur de talent. Quell furent les conditions de cette exploitation? comment Jacques et JuUi qui reprirent de Barbin la porcelainerie de Mennecy protégée par duc de Villeroy, purent-ils gérer en même temps deux établissements différents et si éloignés l'un de l'autre ? C'est un fait diflicile à exp quer, et que M. le docteur Thore, à l'intéressant mémoire duqi nous empruntons une partie de ces détails, ne cherche pas lui-mêr à discuter. Il accepte l'ubiquité de nos deux artistes parce que, sa doute, des documents officiels lui montrent leur passage dans les dei usines.
Le 29 avril 1772, c'est-à-dire à l'expiration du terme de sa locatio Chapelle vendit définitivement sa fabrique à Richard Glot, écujer fourrier des logis du roi, demeurant à Paris, rue Saint-Denis, poi Saint-Sauveur : Glot était un sculpteur habile, et, en achetant le ma riel d'une fabrique, il avait stipulé en même temps Tacquisition de to les secrets et procédés de son prédécesseur; aussi, loin d'amener i ralentissement dans la production, l'arrivée du nouveau possesseur 1 une cause d'extension pour les travaux de tous genres ; les groupes
fig-u res se mulliplièrcril sous les formes les plus gracieuses. Glol obtint Mars 17751a prolection du duc de Penthièvre, grand amiral de F*'ance, et tI«3S ce moment la fabrication de la pûte tendre fut reprise avee une grsirKlc activité. Nous donnerons ailleurs les signalements du cette eharmante poterie ; quant à la faïence, son développement commeix;ial put nui fti peut-être à sa perfection, mais clic resta toujours digne de ligurcr |iax*<ni les plus fines et les mieux peintes.
C«3 n'est pas chose rare, au dix-huitième siècle, de voir les établisseni*;r» ts consacrés aux industries d'art commencer par des chefs-d'œuvre et décliner en se développant ; telle est l'histoire de ta faïence de Sceaux.
une
Au moment de ses luttes, Chapelle ne pouvait se soutenir que par P''**cà wclion de choix, ot ses premiers ouvrages se recommandent par lous les mérites; c'est même là le seul caractère qui puisse les faire ■^Connaître, car il n'y appliquait aucune marque; ses jardinières, toutes ^'^B^antes de formes, à reliefs heureusement combinés, sont peintes avec B*^<J t ; rien n'est plus gracieux que celle possédée par M. Edouard Pascal "■ sv>r laquelle ressorlenten camaïeu rose des groupes d'Amours dans ^s nuages; à une certaine distance, on croirait voir l'une des porcclaiiios remarquables sorties de l'atelier de Vincennes. D'autres, cxécu- *s*is en émaux polychromes d'un ton pur, montrent des groui)es de
l*«rsonnages, des oiseaux, des fleui-s ; celle dont nous donnons la figui-e
•^l l'un des chefs-d'œuvre du genre.
Établir la limite où cessent les travaux de Chapelle, où commencent ceux de Glot, serait une entreprise téméraire; pourtant nous croyons pouvoir attribuer à ce dernier une charmante soupière oblonguc qui figure au musée de Sèvres ; le couvercle est suimonté d'un petit gi-oujje de deux Enfants nus que nous avons retrouvés en porcelaine tendre et ^ qui doivent être sortis de Tébauchoir de l'habile sculpteur. La pièci:^ est d'ailleurs enrichie de toutes les ressources du décor peint, fond^ partiels lilas, bouquets, etc., et peut à juste titre être classée pari^--. les meilleures productions de la direction nouvelle. Dans les cho^^ plus courantes on peut encore trouver des vaisselles à bouquets jct^ ^ à semis de bluets du genre de la porcelaine à la Reine, qui, bien qu' diquant une décadence relative, sont encore fort estimables.
Nous n'avons jamais rencontré aucune faïence de Sceaux marq^^.
des lettres SX, qui sont, au contraire la signature constante des poi loines tendres, comme nous le verrons plus loin. Protégé par le duc . Penthièvre, grand amiral de France, Glot choisit pour signe un 1 ancre tracée en couleur et surmontant parfois le mot : SCEAUX.^ ^ ^*^^ Ce genre de marque n'a jamais fait doute pour personne ; mais il en est une autre dont on ne s'explique pas la raison d'être, car lorsqu'une usine est avantageusement connue, elle a tout intérêt à conserver le signe qui fait distinguer ses produits; nous voulons parler des lettres SP qui peuvent s'interpréter par Sceaux-Penthièvre. Les faïences généralement inscrites de ces lettres sont d'une pâle jaune ayant une apparence de terre de pipe; les peintures y manquent de fraîcheur, et nous nous étions refusé d'abord à les croire sorties des mains de Glot ; pourtant une pièce de la collection Paul Gasnault a bientôt levé tous nos doutes : c'est une urne couverte en faïence très-blanche et très-fine ; le culol est entouré de feuilles peintes en vert nuancé de jaune ; sur le corps, diîs médaillons exécutés en camaïeu gris, représentent des Nymphes et des Amours ; un semé de bouquets de fleurs en émaux vifs, un peu secs même, est très-soigneusement peint; enfin sous le pied du vase on ^ p. trouve, non-seulement les deux lettres dont il a été question ^ I plus haut, tracées dans la même forme, mais encore l'ancre a. emblème du grand amiral protecteur de la fabrique. C'est ;lIw^ là un de ces faits contre lesquels il n'y a rien à objecter, ^^ bien qu'ils semblent renverser les lois habituelles de la logique. Ici même celle preuve d'un changement démarque dans l'usine
la-Reine. La protection du duc de Villeroy leur fut-elle continuée? durent-ils solliciter celle du comte d'Eu? Comment, d'ailleurs, pouvaient-ils suffire à la fois aux travaux de Mennecy et à ceux de Sceaux ? Tout cela ne peut guère s'expliquer.
Dans tous les cas, Joseph Jullien ne travailla pas longtemps à Boui^- — la-Reine : il y mourut le 16 mars 1774, âge de 49 ans, et fut remplace*!^
par son fils Joseph-Léon. En J 780, celui-ci et Jacques père dirigeaient^»^ 1 encore la fabrique. Lorsque Jullien fils quitta, G. -S. Jacques devint^ l l'associé de son père, qui mourut aussi à B^urg-la-Reine, âgé de 77 ans le 26 germinal an VII (15 avril 1799).
On connaît les porcelaines tendres de Bourg-la-Reine et nous 1er décrirons ailleurs, mais nous ne savons s'il est sorti de l'usine d faïences d'art. Il est assez probable que c'est après la chute de la polcri translucide que se développa la belle fabrication de faïence blanche, qui continue encore.
M. Chaffers attribue à Bourg-la-Reine les faïences finement peintes d'oiseaux, d'insectes, etc., qui sont marquées oP.
Gros-Caillou. — Thierry, dans son Guide des étrmigers voyageur à Paris^ dit : « En prenant la rue de la Vierge..., on rentre dans 1 rue de la Paroisse ou de Saint-Dominique. On y trouve, à côté du jardi des sœurs de la Gharité, la manufacture de faïence de la veuve Julien^ Cette manufacture était ci-devant établie à Sceaux, près Paris. » Cecï est une erreur; en i 787, la fabrique de Sceaux était encore en pleino activité, puisque Glot l'a conservée au delà de 1791. L'usine du Gros- Caillou fut sans doute établie, vers 1784, par la veuve Julien associée à Bugniau, au moment où Jacques seul resta maître de Bourg-la- Reine.
Saint-Denis. — C'est dans l'île où naguère les Parisiens allaient s'ébattre, et probablement dans les dépendances du château de M. Laferté, ancien fermier général, que la fabrique avait son siège ; teul ce que nous avons pu apprendre de quelques vieillards habitiint^ de l'île, c'est qu'au moment où des fouilles étaient effectuées sur l'emplacement de l'usine, pour des constructions nouvelles, on trouva une grande quantité de débris de faïence, îissez commune de décor et qui devait ressembler à la vaisselle de Rouen et de Paris.
MoNT-Louis. — La liste de Glot fait connaître qu'en 1791 deux fabriques étaient en activité à Mont-Louis. Ce devaient être deux senti-
avancées du faubourg Saint-Antoine. Mont-Louis, on le sait, est 1^ ^ m. «u contigu à la ville où le père la Chaise avait établi sa maison de p\ ^p^ i. sance, devenue depuis la grande nécropole de Paris.
^^^ JNCENNES. — Ce lieu, illustré par les premiers essais de la manufa .^z^^^^-^are de porcelaine de France, peut-il prétendre à obtenir aussi une Pc^ ^^^ dans l'histoire de la faïence? Sans nul doute. Au moment où G:^c^«^*"*^ant parvint à régulariser la production de la porcelaine à pâte
Ire, il n'en continua pas moins à se livrer à des expériences de tous ;, et, dans ses loisirs, il aimait surtout à chercher les moyens de I progresser la faïencerie, son ancienne industrie. Nous rencontrons u :mrm. «z^ preuve de cette préoccupation dans la curieuse collection de notre a^TM-m i M. Paul Gasnault; ce sont deux jardinières d'une pâte mince et t:»^^^ "^^aillée avec soin ; le fond en est bleu turquoise, des médaillons reines sont ornés de fins bouquets ; enfin, dans Timpuissîmce de faire tu\ sans doute, Tartiste a enrichi ses fonds de quelques rehauts «^l^^i^^^K? posés à froid. L'ensemble rappelle complètement la porcelaine, ^t, ^ j)our ajouter sans doute h la ressemblance , la marque aux deux L <^«"*i^ isés figure en dessous. C'est là une de ces choses hors ligne qui ont 1^^ clouble mérite de la parfaite exécution et de la rareté.
En 1767, un sieur Maurin des Aubiez obtint à son tour d'établir à
^i^rmccnnes une manufacture de faïence imitation de Strasbourg, et de
'celaine dure. L'homme qui devait être l'âme de l'entreprise n'était
xm t re que le remuant Pierre-Antoine Hannong, qui, n'ayant pu réussir
lorraine, ni vendre à Sèvres le secret de la pâte dure, cherchait à
créer des ressources en montant une usine particulière. Mais Ilan-
ig produisit peu, ses associés se lassèrent et la fabrique ferma,
ïn olgré son privilège de vingt ans.
Saint-Cloud. — Y a-t-il eu à Saint-Cloud plusieurs manufactures r^ ftïence? Il faudrait bien l'admettre si l'on voulait conserver à ce lieu les produits qui lui sont attribués dans les collections publiques ou P^îyt5es.
Eïx 1690, l'Almanach d'Abraham de Pradel dit : « 11 y a une fayan-
^ï*i o à Saint-Cloud où l'on peut faire exécuter tels modèles que l'on
veui:^ » Il s'agit là, sans doute, de l'établissement dirigé par Chican-
i^^îiVt père, qui travaillait à la découverte de la porcelaine tendre,
"Or\t, il laissa le secret à sa veuve et à ses enfants. Le point difficile
serti ît de trouver un type qu'on pût raisonnablement attribuer à ce
potier célèbre de son vivant, et immortalisé par sa découverte ingé
nieuse.
En 1865, la question fit un pas important; M. Fleury envoya, pou l'exposition rétrospective faite par les soins de VVnion centrale de beaux-arts appliqués à Nnduslrie^ une magnifique assiette décorée e ç+jn, bleu de fines arabesques, et marquée, comme la porcelaine*
rp tendre : Saint-Cloud, Trou. Cette belle pièce répondait pa faitement aux descriptions enthousiastes faites par le Mercur et les autres publications du dix-huitième sièclej mais, en réalité, ell ne pouvait être antérieure à 1706, époque à laquelle Trou fut rcç" ::^ dans la corporation des émailleurs, verriers-faïenciers, ainsi qu'il es= prouvé par son diplôme que nous conservons. La faïence antérieu offrait-elle les mêmes caractères de pureté, de finesse et de soin ?
On peut le croire en se reportant aux plus anciens types de la po celaine tendre, tous inspirés des arabesques des petits maîtres françaiî^ " et en prenant dans leur valeur absolue les éloges d'Abraham c^*^ Pradel. Aussi, éclairé par la pièce de M. Fleury, nous nous mîmes à la recherche des faïences de Saint-Gloud, et bientôt il nous fut prouvé qu'elles étaient assez nombreuses ; c'était d'abord une paire de pitong ou vases rouleaux appartenante M. Edmond Le Blant, membre de l'Institut, et décorés tous deux dans le style des premières porcelaines, l'un sur émail blanc, l'autre sur fondJaune soufre; [)uis, dans toutes les collections, perdues au milieu des spécimens rouennais, do charmantes poudrières à sucre, des salières, des assiettes, reconnaissablés à leur façonnage délicat et plus encore à leur ornementation fine et capricieuse inspirée par un goût pur et une recherche exceptionnelle.
Maintenant à qui attribuer des faïences lourdes et très-commune^ de décor, classées à Sèvres sous la rubrique de Saint-Cloud? On y voit en bleu foncé et chatironné de noir des bordures et dessins imites grossièrement de la poterie rouennaise ; sur une pièce la lourde caricature d'un frère quêteur, capucin encapuchonné chargé de la besace, raj»pelle, dit-on , la corporation qui siégeait à Saint-Gloud. Si telle est l'origine des faïences qui nous occupent, il y a eu évidemment deux fabriques à Saint-Cloud, car rien de semblable n'a pu sortir de l'usine de Chicanneau.
Sèvres. — Lorsque l'établissement royal eut fixé son siège dans
cett^ localité, il est probable que des industries d'ordre secondaire
vinr*^nt se ranger autour de lui ; jiul astre ne gravite sans entraîner' ses
satel lites ; on prétend donc qu'il y eut à Sèvres une manufacture de
faler^ce ; jusqu'ici pourtant on n'en a pas signalé les produits. Il n'en
est j>as de même de la faïence fine ou terre de pipe; vers 1785, un
sieur Lambert en produisait une aussi remarquable par ses formes
cherchées que par l'élégance du décor. Le musée céramique possède de
lui un vase de bon style, à colorations douces, qui montre éloquem-
ment l'influence des bons modèles et de la haule émulation dans les
industries d'art. Malheureusement les faïences fines de Lambert ne
portent aucune marque ; le style et la coloration sont les seuls signes
auxc|iiels on puisse les reconnaîlre.
l^ffEUDON. — Il paraît avoir existé dans ce lieu une fabrique de faïonce commune, vers 1726; on cite à cette date un saladier à l'intéri €51^17 duquel figure un atelier de serrurier avec ses ustensiles et des ouvriers en travail ; il aurait été fait pour un sieur Claude Pelisie, serrurier du roi pour les châteaux de Meudon, de Bellevue et de la manujVxcrure de Sèvres. Ce titre est difficile à concilier avec la date de 1726, puisque la manufacture de porcelaine a été créée en 1756. Au sur- ^Xus , que le chiffre ait été mal lu , ce qui est probable , ou que ^\. Pelisie n'ait pas fait la grille de Sèvres, la faïence à son nom n'en t%\. pas moins fort peu digne d'intérêt artistique.
Mantes. — - L'Annuaire de la Nièvre pour l'année 1843 répétait, d'après les Archives de la ville de Nevers^ de Parmenlier, que des lettres patentes avaient été accordées en juin 1668, à la ville de Mantes pour la création de faïenceries. Nous n'avons trouvé nulle part ailleurs mention de cette autorisation , et nous ne connaissons aucun produit qui paraisse pouvoir être sorti de Mantes; nous inscrivons donc ici ce nom sous toutes réserves.
Avon. — Nous rappelons ce que nous avons dit page 575 touchant les figurines et faïences sigillées sorties de cette usine. Elle travaillait sous Louis XllI et rien ne prouve qu'elle ait subitement disparu ; il n'est donc pas impossible qu'on rencontre un jour de ses produits appliqués aux usages modernes.
BoissETTE ou BoissELLE-LE-RoY. — Établie en 1733, cette faïencerie fut acquise en 1777 par les sieurs Vermonet père et fils, qui y établirent des fours (1 porcelaine dure; pendant quarante-quatre ansd'exer-
cice, elle a dû produire beaucoup, et si nous ne connaissons aucunes faïence qui en soit sortie, c'est que , par leur genre, ces produits se^: confondent avec d'autres ; c'est donc aux amateurs du pays que nous^ faisons appel pour combler cette lacune de l'histoire céramique.
Melun. — La liste de Glot nous apprend que deux manufactures^ travaillaient dans cette ville en 1791. Il serait possible d'abord qu'il fallût compter parmi ces deux usines l'établissement de Boîsselte quî est tout voisin de la ville; mais, en supposant même que cela fui, \W faudrait encore chercher la faïence de Melun.
MoNTEREAU. — Le 15 mars 1775, nous trouvons les lettres patentcç^ d'établissement de cette fabrique ; en voici les principales disposi —
lions « Sur la requête présentée par les sieurs Clark, Shaw et C**,^-
natifs d'Angleterre, contenant qu'ils ont commencé à établir à Montai — reau une fabrique de faïence anglaise, que les essais qu'ils ont fail^r^ des terres à pipes, argiles et glaises qui se trouvent dans les environs de cette ville leur ont très-bien réussi pour la fabrication de la faïenccr
anglaise dite queem wave ; que ces terres sont de nature à faire cetl<
espèce de fayance beaucoup plus parfaite même que celle d'Angleterre^ puisqu'on peut lui donner le plus grand degré de blancheur ; qu'ei? conséquence les suppliants se proposent de monter en grand leur manufacture et de former à cet effet des ouvriers et apprentifs du pays qu'ils dresseront à ce travail afin de fournir au public de cette sorte de faïence qui est d'une composition plus parfaite et plus durable que toutes celles du royaume et qu'ils établiront a meilleur comple que tout ce qui s'y est fabriqué jusqu'à présent; que les suppliants, qui ont tous femmes et enfants et qui, avec deux autres ouvriers qu'ils sont encore obligés de faire venir d'Angleterre, forment ensemble le nombre de dix-sept personnes, n'ont pu se déplacer sans beaucoup de frais; que d'ailleurs une entreprise de cette espèce, dont le capital formera par la suite un objet considérable, devant leur occasionner des dépenses infinies..., ainsi que les pertes qu'ils ont déjà eues et qu'il y aura encore à essuyer avant qu'ils puissent être bien au fait de gouverner le feu de bois, attendu qu'on ne brûle en Angleterre que du charbon de terre, etc.. » ils demandaient donc divers privilèges qui leur furent accordés avec la permission d'établissement. Un second arrêt du 15 mars 1775 leur concédait, à compter du 1®' janvier de ladite année, une allocation de 1,200 fr. par an et pour une durée décennale.
multiplicité des détails. La pâte est d'ailleurs bien travaillée et Fémail un peu bleu, mais uni, est moins tressaille que celui de Rouen.
Pierre Pellevé, premier directeur, et Léopold Maleriat, qui lui succéda bientôt, avaient appelé de Rouen Pierre Jeannot, Philippe-Vincent Coignard, Antoine Coignard, frère de celui-ci, Julien Leloup, Pierre Chapelle, Antoine Chapelle, Joseph Redeaux. Des artistes de F.iUe vinrent également; c'est Claude Rorne, qui travaille de 1751 à i 752, et André-Joseph Lecomte, qui y termine ses jours en 1765.
Pourtant, vers 1775, le gofttde la vaisselle rouennaise commençait à s'éteindre, et, pour raviver la fabrique, le directeur, Chambon, imagina d'y introduire la peinture au petit feu dans le genre de Strasbourg ; on expérimenta le rouge d'or, Pierre Rertrand et Charles Rertrand, son fils, furent appelés de la Lorraine ainsi qu'un peintre de Tournay, François-Joseph Ghail et Joseph le Cerf des Islettes. I^es pièces à fleurs et à Chinois de cette période sont excessivement difficiles à reconnaître, tant l'imitation est parfaite.
Nous pourrions encore citer parmi les décorateurs de Sinceny Alexandre Daussy; parmi les potiers, Gabriel Morin, de Nevers, et Lamotte, enfin Félix-Joseph Novat ou Novack, Suisse, versé particulièrement dans la fabrication des poêles du genre alsacien.
Les plus beaux spécimens de Sinceny réunjs à Paris sont dans les
^ collections de MM. Ed. Pascal, Paul Gasnault, doc-
çS' pM&ys^ teur Guérard, Patrice Salin et de madame Jubinal ;
outre la marque S, on voit sur une jardinière de ^ M. Pascal le nom Pellevé; une rare signature est
celle S. c. y. Le musée de Sèvres possède un grand plat ayant pour sujet deux grotesques qui se battent; il est signé des initiales du peintre de la Fontaine; sa belle bordure fond bleu à fleurs et fruits du style des Perses rappelle le vieux Rouen.
RouY près Sinceny. — M. de Flavigny, seigneur d'Amigny-Rouy, fonda cette fabrique en 1790; il mourut sur l'échafaud en 1793, et sa veuve loua l'usine à un sieur Joseph Rertin, qui étendit la production. En 1804, le fils de celui-ci, M. Théodore Bertin, l'augmenta encore.
Les faïences de Rouy, toujours sans marques, se confondent avec celles de Sinceny.
Ognes près Chauny. — Cette fabrique paraît avoir été érigée par René Dumontier de la Fosselière, propriétaire du lieu de 1748 à 1782.
^5.cY-
M- 1*3 docteur Warmout n'est pas très-aflîrmatif dans la description des faïences sorties d'Ognes, attendu que, comme celles de Rouy, elles ont été faites en grande partie par des ouvriers de Sinceny ; il croit pourlant devoir signaler celles à revers granité rose; il cite encore des btiii'tîsen casques signées en dessous des initiales Cil qui pourraient v^i-iloir signifier Chauny. Pourtant c'est là une hypothèse qu'il propose sans rien affirmer, pas même la provenance certaine des vases, qui sont de ceux qu'on a exécutés partout. Leur seule probabilité d'origine ressort de ce qu'ils ont été donnés en prix, au tir d'arc, et conservés précieusement dans les familles des vainqueurs.
ATii^LERS-CoTTERETS. — En 1737, il existait dans ce lieu un fourneau qu î n'avait pas une grande importance, si l'on en juge d'après les Ict- Iros patentes relatives à Sinceny, où il est incidemment mentionné.
Kous no rappelons que pour ordre les manufactures de Beâuvais et
de Savignies, dont il a été question précédemment ; les grès et terres
vernissées ont fait la réputation du département de l'Oise à une époque
fort reculée, et bien que Hermant, sous Louis XIV, déclare que cette
pavlie de la France fournit de pots et de vaisselle le royaume et les
Pays-Bas, nous ne pensons pas qu'il en soit sorti, dans les temps mo-
derncis, aucune œuvre digne de fixer l'attention. Nous avons vu un
grand plat vernissé en vert et orné en relief d'ornements empruntés
aux anciens creux du seizième siècle; on lisait en dessous : 1721 par
Jean Gillet. C'était sans doute une pièce de maîtrise, et ce qui le ferait
supposer, c'est que ce plat est resté dans la famille d'un des anciens
ouvriers de l'usine.
^' y a lieu, d'ailleurs, de se méfier des ouvrages sigillés qui ne porimt pas de dates ; on pourrait avec raison classer dans les travaux du "'A-iiuiiième siècle bien des pièces ornées encore des emblèmes emp'oyés au moyen âge et à la Renaissance.