Collection Sabouroff, pi. LXXV, i
2. Pour les lampes romaines^ voir S. Birch, Ancient Potiery, p. 5o5 et suivantes. Cf. Blûmner, Technologie und Terminologie der Gewerbe und Kunst, II, p. 109, et toute la bibliographie citée par Marquardt, Handbuch der rcemisch, AUertk.,YU, Ile partie, p. 642.
3. M. Ch. Bigot a publié l'esquisse sommaire d'un travail sur les lampes grecques, Bulletin de l'École française d^Athènes, 1868, p. 33-47. Une élude d'ensemble reste encore à faire.
L'imitalton du métal et la poterie moulée. 363
Un examen attentif permettrait cependant d'ajouter bon nombre de signatures à celles des potiers grecs déjà connus, et de constater plus sûrement la persistance de l'élément grec dans le choix des sujets qui décorent ces ustensiles. Sur les lampes signées de noms grecs, tels que Sposianos, Agatliopous, et provenant de Grèce ou
Pig. l35. — Lampe grecque en terre cuite. (Paris, collection E. Piot.)
d'Asie Mineure, on retrouve des sujets bien helléniques, par eiwmple Ulysse et les Sirènes', Pan et Écho, un Centaure percé d'une flèche; d'autres représentent les divinités phrygiennes et alexandrines, Âttis et Sérapis, dont le culte avait recruté des adeptes dans tout le monde ancien. Bien que le style de ces reliefs accuse trop souvent une basse époque, il en est dans le nombre dont la valeur d'art est réelle. On peut citer, parmi les exemplaires les plus dignes d'attention, la lampe du cabinet de M. E. Piot, reproduite par notre dessin (fig. i35). Cette lampe, qui provient d'Athènes, suivant une indication fournie par son possesseur, est décorie d'un 1. AniiaU deir last., t8;6, pi. R.
334 ^ fi^ ^ '^ peiniure de rases en Italie.
on lit l'inscription suivante : IVNONENES POCOLX)M Junonenes pfKolom , c'est à-dirc. en supprimant le redoublement di à une inadvertance du peintre, et en rétablissant l'onhographe classique* Junonis poculum coupe de Junon;. La même forme de dédicace ftc retrouve sur le^ autres vases : le nom joint au mot jyjcolum est toujours celui d'une divinité, Saturne, BeI!one, Vénus, Minerve, Esculape, %'oire même d'une divinité purement latine, cocimc jEquitas et Cura. Aucun rapport, d'ailleurs, entre la dédicace et le sujet figuré.
Les inscriptions permettent, en raison des particularités de Torthographe, de fixer, à quelques années près, la date de ces vases : ils prennent place dans une période de te2::ps fort restreinte, entre îGoet 240 environ, c'est-à-dire qu^ils sont ccr.remporains de la première guerre punique. C'est aussi, on Ta ra, Li date qu'il est permis d'assigner au début de la poterie: x ivior-nj blancs. Mais à quel usage ces poteries étaient-el^es ii.*fc±ici:î>^ et pourquoi ces inscriptions? La question demeure inJéjî^c. Coci-ne les coupes portent d'habitude à Tourlet du pied dci:a tr^jj^5 de suspension, M. Jordan y voit des vases funéraires, qu on déposait dans les sépultures', pour placer le mort sous la sauvegarde de la divinité invoquée; l'explication est plausible, mais elle na que le caractère d'une hypothèse. Mêmes incertitudes au sujet de la fabrique, à coup sûr toute locale, d'où ces poctila sont sortis. Est-elle étrusque, ombrienne ou campanienne? Si les exemplaires connus proviennent en grande partie d'Étrurie, le fait ne prouve nullement une origine étrusque. Le style du décor, la présence très caractéristique de la guirlande de lierre, nous engagent beaucoup plutôt à désigner l'Italie méridionale, et probablement la Campanie. Un potier campanien a pu se faire une spécialité de ces vases à inscriptions romaines, destinés soit à l'exportation, soit à l'usage des habitants latins de la région.
Jointes aux autres poteries à décor blanc, les coupes portant l'inscription pocolom forment un groupe fort intéressant pour
La fin de la peinture de vases en Italie. 335
l'histoire de la céramique. On y saisit une préoccupation évidente de rajeunir la technique ancienne, tombée en désuétude, et d'accommoder aux exigences d'un goût nouveau les procédés de la peinture. A partir de la seconde moitié du troisième siècle, la fabrication céramique traverse une période d'hésitations et de recherches impuissantes à conjurer une décadence manifeste. Nous en trouvons la preuve dans une curieuse phiale du British Muséum, provenant de la collection Pizzati ; c'est celle que reproduit la gravure placée en cul-de-lampe *. L'intérieur est occupé par des figures réservées en clair sur le fond noir : un jeune chasseur, peut-être Ganymède, assis dans une attitude pensive, la tête appuyée sur une main, tenant de l'autre deux épieux, et, auprès de lui, son chien qui retourne la tête et le regarde. La technique offre des particularités tout à fait rares ^ : le peintre a modelé les figures exactement comme on le ferait dans un dessin au crayon blanc et noir sur papier teinté; il a accusé les lumières par un frottis blanc, et les ombres par des hachures, sans réussir d'ailleurs à faire autre chose qu'une œuvre fort médiocre et d'un dessin très lourd. L'origine première de cette phiale est douteuse; M. Murray la croit campanienne. Quant à la date, il est bien difficile de la fixer avec précision. Nous ne croyons pas cependant qu'on puisse descendre plus bas que la fin de la seconde guerre punique.
On peut constater l'application d'un procédé analogue sur un vase trouvé à l'état de fragments dans un des tombeaux fouillés par le marquis Gualterio, entre Orvieto et Bolsena^. La peinture représente une course de chars attelés de quatre chevaux, et conduits par de petits Amours. Ceux-ci portent une sorte de petit casque à longue visière, tout à fait semblable à la casquette de nos