‹ Histoire de la céramique grecque (volume 2)Chapitre 125 sur 187 · Annali f i883, pi. I · texte numérisé non relu

Annali f i883, pi. I

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Hermès, peut-être Ares, alternent avec les char» que conduisent d'autres divinités, à savoir Hadès tenant Coré dans ses bras, Déméter poursuivant le ravisseur de sa fille, enfin Enyo et Niké. Le relief a une certaine sécheresse et les proportions allongées des

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figures, qui sont celles du canon de Lysippe, montrent que le modèle a été fourni par quelque original grec du troisième siècle. Entre ces deux œuvres du même potier il y a des différences de style très notables. Mais savons-nous quelle part revient à l'invention de l'artiste, et ce qu'il faut mettre au compte de l'imitation, voire même du surmoulage pur et simple?

Citons encore, parmi les fabricants 'de Calés, AtïUus et Retus Gabinio ou Gabinius, qui a signé une belle coupe ornée de

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ressources que comporte cette technique. Rien de plus simple que de surmouler les beaux vases d'argent qui constituaient la vaisselle de luxe, et d'en obtenir ainsi des épreuves qu'on peut indéfiniment reproduire; bien plus, ces moules sont eux-mêmes des objets de commerce, et répandent dans les plus modestes fabriques d'élégants modèles. Par contre, la personnalité des artistes s'efface de plus en plus. Ce procédé mécanique supprime ce qui faisait l'originalité de la peinture des vases : il n'admet pas la fantaisie, l'invention spontanée, le travail direct qui ne souffre aucun intermédiaire entre la matière à décorer et le pinceau de l'artiste. Aussi n'avons-nous pas à entreprendre ici le même travail que pour la peinture céramique, à essayer d'établir des groupes et de retracer les caractères propres aux différents ateliers. Nous devons nous borner à étudier, d'une manière générale, les différentes phases par lesquelles passe cette industrie, jusqu'au moment où elle entre dans le domaine de l'art romain.

Le procédé que les potiers romains ont mis en pratique pendant toute la durée de l'Empire est, à n'en pas douter, d'origine grecque. Pour en retrouver les premières traces, il nous faut revenir à l'époque lointaine où les potiers grecs exécutaient les vases de style oriental étudiés dans nos chapitres ni et iv. Avant le moment où les inscriptions commencent à apparaître sur les vases corinthiens, et sans doute dès le septième siècle, l'industrie hellénique connaissait l'usage d'un décor en relief obtenu à l'aide d'un cylindre gravé, appliqué sur la terre encore molle. Les nécropoles étrusques, surtout celles de Cœré, ont livré de

grandes jarres, ou pithoi, faites d'une argile rougeâtre non vernissée, et offrant ce genre d'ornementation '. Le décor comporte tous les motifs familiers aux potiers corinthiens, frises d'animaux de type oriental, oiseaux d'eau, chevaux, Centaures dont les jambes de devant sont celles d'un homme. Bien qu'un bon nombre des

I. Ce sont les vases que S. Birch appelle etruscan red ware. {History of anc, Pottery, p. 453.)

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exemplaires connus proviennent d'Étrurie, on ne saurait se méprendre sur le caractère hellénique de cette fabrication. On trouve des vases analogues en Sicile, à Tarente ' et en Grèce. C'est sans doute dans une ville dorienne de la Sicile qu'il faut placer la fabrique d'où ces vases étaient exportés jusqu'en Étrurie; peut-être même est-on en droit de désigner, avec M. Loeschcke, la colonie corinthienne de Syracuse comme le centre de la fabrication ^ Un fait tout au moins paraît certain. Les pithoi avec décor en relief sont imités des vases de bronze que Corinthe, à cette même époque, fabriquait activement et importait dans les colonies grecques de la Sicile. Ils représentent donc la plus ancienne période, dans les pays grecs, de la poterie imitée du métal.

Lorsque la peinture de vases se développe, les traces d'emprunt à l'art du métal ne disparaissent pas complètement dans la céramique hellénique. Une curieuse kélébé corinthienne, que M. Furtwaengler attribue au cinquième siècle^, porte une décoration en relief représentant les exploits d'Héraclès. On sait déjà que Nicosthènes décore de figures moulées l'embouchure de ses vases et s'inspire de modèles métalliques. Plus tard, au quatrième siècle, l'aryballe de Xénophantos, avec sa frise de personnages en relief, trahit la même préoccupation. Toutefois, les procédés empruntés à l'art du métal sont encore subordonnés ici à la peinture céramique, et ne jouent qu'un rôle accessoire. La décoration peinte n'abdique pas ses droits.

Il en est tout autrement dans un pays où la poterie moulée prend le caractère d'une véritable céramique nationale et reste en usage pendant plusieurs siècles : nous voulons parler de l'Étruriè,

1. F. Lenormant^ Ga\ette archéologique, 1 881-1882, p. 182. Un fragment trouvé à Tarente porte une inscription (£Oev...) en caractères corinthiens. Le Louvre possède un morceau d^un grand vase trouvé en Grèce, sur lequel sont représentées en relief deux femmes vêtues du costume archaïque. M. Pottier se propose de le publier prochainement dans les Monuments grecs publiés par l'Association des Études grecques.

2. Loeschcke, Arch, Zeitung, 1881, p. 44. Cf. A. Dumont et Chaplain, Les Céra^ miques de la Grèce propre, p. 192, note de M. E Pottier,

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