Ramsay, Journal of hellenic studies, 1881, p
dans la Grèce asiatique et dans les îles.
sente une tête de femme vue de face, encadrée de longs cheveux, et qui rappelle de fort près ta tête des sphinx sculptés à l'entrée du palais d'Euyuk, l'un des plus anciens monuments du centre de l'Asie Mineure. Au-dessus sont trois bandes décorées d'arbres ; ceux des deux bandes supérieures semblent être des cyprès '. Le vase rapporté par M. Ramsay a donc un aspect tout à fait indigène; c'est, à ce qu'il semble, un produit de l'industrie lydienne. Sur un autre vase, trouvé à Myrina, et dont ' M. Reinach a bien voulu me communiquer un croquis , on voit la tète de profil et le buste d'un homme levant les deux bras , dans une attitude qui, chez certains peuples de l'Asie Mineure, était celle de la prière. Une zone de méandres placée au-dessus de ce médaillon, des swastikas et des carrés semés dans le champ, sont, F'g- ic. — Dtt»ii dup ï«e de Phoeée.
(Londres, Brilish Maicum.)
dans ce vase , la part de la
décoration géométrique, tandis que la tête même de l'homme, avec son nez busqué, son crâne allongé, ses yeux en amandes, a un caractère sémitique très prononcé. La peinture est en brun rougeâtre, relevé cà et là d'engobes d'un rouge plus intense'.
Ces deux monuments et quelques autres du même style, par
I. Dam là catalogue de la collection Albert Barre, vendue en mai 1878, M. Froehner a publié un vase très analogue comme couleur, comme disposition des sujets, et comme motifs de décor, à celui que nous donnons ici. On y voit entre autres une rangée de cyprès. Peut-être ce vase était-il de même provenance. {Cotltclion de M. Albert B., p. 1 1, n* 79I.
i. Ce vase, donné par l'Ëcole fran^'aisc d'Athènes au Musée du Louvre, sera publié en couleurs dans le Bulletin de correapondance hellénique, 1884, pi' ^'"'
46 L influence orientale
exemple un fragment trouvé à Pitané et représentant un bouquetin ', nous font entrevoir une fabrique locale fort ancienne, dont les produits se retrouveront sans doute en assez grand nombre dès qu'on les cherchera avec soin. L'œnochoé à panse basse et évasée, dont le cul-de-lampe de ce chapitre reproduit un morceau , est de date beaucoup plus récente et les motifs orientaux y prédominent sans' conteste, réduisant au rôle d'accessoires les éléments primitifs. Elle provient de Phanagoria, ville fondée par les habitants de Téos, sur la côte orientale du Bosphore Cimmérien, peu après 546, et peut avec vraisemblance être regardée comme un spécimen de ce qu'était la céramique dans les cités grecques du littoral de TÂsie Mineure au milieu du sixième siècle. La hauteur de la panse est divisée en trois bandes. Notre dessin donne un morceau de la plus haute; sur la seconde sont deux chiens chassant deux lièvres; sur la troisième deux autres chiens poursuivant des bouquetins. Le champ reste encore parsemé des croix gammées du style géométrique, mais les animaux qui forment l'élément principal de l'ornementation sont d'un caractère tout à fait phénicien. La manière conventionnelle et purement décorative suivant laquelle ils sont dessinés prouve que le potier les a copiés, non sur la nature, mais sur des œuvres d'art. L'animal qui, dans le fragment reproduit, est placé entre la panthère et le taureau, mérite aussi de fixer l'attention. C'est un chacal : or, le chacal n'existe pas en Grèce, il n'y a pas une seconde œuvre grecque où il soit représenté ; il pullule au contraire en Egypte et en Syrie, et même occupe dans la mythologie égyptienne une place fort honorable.
Il serait singulier que cette influence de l'art égypto-phénicien, si puissante sur les ateliers des villes de la côte ionienne, ne se