I. Salomon Rcinach, Revue archéologique, i883, p
dans la Grèce asiatique et dans les îles.
fût pas fait sentir encore plus fortement dans les îles du sud de la mer Egée, Rhodes et Mélos particulièrement, qui avaient possédé des établissements phéniciens considérables et auxquelles leur position géographique, jointe à ces souvenirs, permettait d'entretenir avec l'Egypte « la côte de Syrie d'intimes relations 'commerciales.
Fig. 37. — Pinti de Camiros. (Muiée du -Louvre.)
Grâce aux fouilles considérables exécutées par A.Salzmann dans la nécropole de Camiros, l'une des anciennes colonies phéniciennes de l'île de Rhodes, nous possédons un grand nombre de monuments de la céramique rhodienne aux huitième, septième et sixième siècles'. Ce sont surtout des plats (irivoxe;, Xîuxoi), à peu prèsde la même forme que nos assiettes, et des vases à verser, de formes pansues, d'un galbe un peu lourd. Sur tous ces objets, le fond est d'un
I . A. Salzmann ; La nécropole de Camiros. — V. aussi de Longpérier, Musée Napoléon m. La plus grande panie de ta collection réunie par Salzmann est au Britlsh Muséum, presque tout le reste au Louvre.
48 L'influence orientale
jaune très clair et légèrement grisâtre. Sur quelques-uns, la couleur employée pour les ornements est encore uniquement le brun foncé, mais, sur le plus grand nombre, le potier, jaloux d'égaler la richesse d'aspect que les épaisses broderies de pourpre donnaient aux étoffes sur lesquelles il prenait modèle, a multiplié les engobes argileuses-, il a surtout une prédilection pour celle d'un rouge vineux; ce n'est que plus rarement qu'il en emploie deux autres, l'une d'un brun clair, la seconde d'un blanc jaunâtre. Il est arrivé ainsi à la variété et à l'éclat qu'il cherchait, mais c'est aux dépens de la solidité de la peinture, car ces couleurs d'engobe, appliquées après la cuisson à grand feu , fixées seulement par une chaleur moyenne et formant une couche saillante, s'effacent assez vite par le frottement.
Sur les vases, l'ornementation est distribuée en bandes; sur les plats, la forme circulaire du champ invitait plutôt à peindre un sujet unique, mais la force de l'habitude a été telle que presque toujours la surface a été divisée en deux parties par un ornement rectiligne. La partie supérieure, plus grande que l'autre, contient d'ordinaire un animal, et l'on remarque que dans les pinax à décor monochrome cet animal est presque toujours un de ceux que les Égyptiens aimaient à représenter et auquel ils attribuaient un caractère sacré; sur l'un, par exemple, est un taureau retournant la tête et dressant la ^ueue, qui rappelle les représentations d'Apis; sur un autre, un bélier marchant: or le bélier est consacré à Ammon ; sur un troisième enfin est un sphinx. Sur le pinax reproduit à la page 47, et qui, d'après l'importance des engobes rouges, semble être un des plus récents, apparaît un monstre dont la légende nous ramène plus près de la Grèce, en Lycie : c'est une Chimère, avec sa tête et son corps de lion, sa queue terminée par une tête de serpent et son dos surmonté d'une tête de chèvre. Un plat du British Muséum représente un autre être fabuleux qui a encore plus complètement droit de cité dans la mythologie hellénique : une Gorgone, au visage grimaçant et hideux.
Dans la partie inférieure des plats, séparée de la première le plus
D'après Conze. liiip.A Lemercier,Pans