AMPHORE DE MILO
( Athènes, Ministère do l' Instruction publique)
dans la Grèce asiatique et dans les îles. ^o
souvent par un méandre, quelquefois, comme dans le pinax de la Chimère, par une torsade, est d'ordinaire un ornement radié, apparenté aux palmetles assyriennes. Il est rare que cette sorte d'exergue
Fig. I8. — Œnocbof de Camiroi. | Mutée du Louvre.)
contienne un nouveau sujet; c'est pourtant ce qui a lieu dans le plat de la Chimère, où le bas du champ est occupé par un espadon. Un pinax beaucoup plus grand et plus riche de ton que les autres, plus récent aussi suivant toute vraisemblance, nous introduit en pleines légendes helléniques : il représente le combat
5o Uvifluence orientale
d'Hector et de Ménélas sur le cadavre du Troyen Euphorbe (Iliade, chant XVII ). Les noms des trois héros sont écrits à côté d'eux, celui d'Hector de droite à gauche, les deux autres de gauche à droite. Les formes des lettres, entre autres celle du lambda^ qui est caractéristique (h), appartiennent à l'alphabet argien et donnent une confirmation inattendue à la légende d'après laquelle les Doriens qui colonisèrent l'île de Rhodes venaient d'Argos '.
Les ornements semés dans le champ, sur ce plat comme sur tous les autres, offrent l'aspect le plus incohérent. La palmette phénicienne s'y mêle aux croix gammées , aux points disposés circulairement , aux cercles concentriques de la décoration géométrique, et à un autre ornement qui rappelle la forme de certains cristaux de neige et qui procède lui aussi d'éléments linéaires. Le même mélange se retrouve dans les vases. Les formes les plus fréquentes parmi ceux-ci sont celle de l'œnochoé, et, à un moindre degré, de l'hydrie et de l'aryballe. L'œnochoé reproduite page 49 est une des plus belles. Les yeux placés des deux côtés du bec de l'embouchure trilobée sont un dernier reste de cette comparaison du vase avec le corps humain que Hissarlik et Santorin nous ont rendue familière. L'ornementation du cou se compose d'éléments géométriques. Celle de la pansé est divisée en quatre zones : dans celle du haut sont des canards et un sphinx ailé, de tournure plus phénicienne qu'égyptienne; dans la seconde, des bouquetins; dans la troisième, des élans mouchetés, d'une variété qui est également représentée sur une coupe phénicienne découverte à Préneste; dans la zone la plus basse, enfin, est un motif d'origine égyptienne incontestable : des fleurs de lotus, les unes en boutons, les autres déjà épanouies. Dans le champ de ces diverses bandes nous retrouvons, à côté de la palmette, l'éternel swastika, les triangles, les cercles et les étoiles.
Ce style composite, dans lequel l'art oriental occupe maintenant la place d'honneur, semble avoir été répandu d'un bout à l'autre de la mer Egée, et c'est une île située fort loin de Rhodes,