Annali^ i883, pi. I
L'imitation du métal et la poterie moulée. 34g
Hermès, peut-être Arès, alternent avec les char» que conduisent d'autres divinités, à savoir Hadès tenant Coré dans ses bras, Déméter poursuivant le ravisseur de sa fille, enfin Enyo et Niké. Le relief a une certaine sécheresse et les proportions allongées des
Fig. l3o. — ' Les Aventures d'Ulysi Phiale à ombilic e1 à vernii noir. ( Ftbrique ci
figures, qui sont celles du canon de Lysippe, montrent que le modèle a été fourni par quelque original grec du troisième siècle. Entre ces deux œuvres du même potier il y a des différences de style très notables. Mais savons-nous quelle part revient à l'învention de l'artiste, et ce qu'il faut mettre au compte de l'imitation, voire même du surmoulage pur et simple?
Citons encore, parmi les fabricants 'de Calés, Atilius et Retus Gabinio ou Gabinius, qui a signé une belle coupe ornée de
SSo L'imitation du métal et la poterie moulée.
feuillages élégants (RETVS. GABINIO. C. S. CALEBVS. FECIT) '. En
raison de certaines particularités d'orthographe, ces signatures fournissent des indices précieux pour établir la date de la période d'activité des potiers calènes. On y trouve la terminaison us tantôt avec sa. forme classique, tantôt avec l'ancienne forme o^, qui est en usage dans les inscriptions latines jusqu'à l'année 52o de Rome, c'est-à-dire jusqu'en 234 avant notre ère. Elles appartiennent donc à la période de transition, et en tenant compte des survivances de formes surannées qui ont pu se produire dans le dialecte campanien, il est impossible de descendre plus bas que l'année 200. C'est dans la seconde moitié du troisième siècle, et au temps où la peinture des vases n'est plus représentée que par la poterie à décors blancs, que les ateliers de Calés sont en pleine activité'.
L'imitation des vases en métal précieux, que dénote si clairement la poterie campanienne à vernis noir, est encore poussée plus loin dans une autre classe encore peu nombreuse de produits céramiques. Nous voulons parler des vases dorés ou argentés, reproduisant non seulement la forme, mais encore l'aspect de pièces d'orfèvrerie. Tantôt ils sont recouverts de feuilles d'or ou d'argent très minces, collées sur la pâte argileuse qui n'a reçu ni couleur ni vernis; tantôt la couche de dorure a été appliquée au pinceau^; le vase tout entier, y compris les ornements en relief fixés sur la panse après le tournassage, était ainsi revêtu d'une couverte brillante, qui donnait l'illusion d'une pièce de haute valeur. Ce décor très délicat, sujet à s'altérer au contact des doigts, ne pouvait d'ailleurs convenir qu'à des vases dépourvus de tout caractère d'usage; aussi, parmi les exemplaires connus, en