‹ Histoire de la céramique grecqueChapitre 130 sur 144 · Ausgrabimgen aus Olympia, V, pl. XXXIV · texte numérisé non relu

Ausgrabimgen aus Olympia, V, pl. XXXIV

2. Voir Adler, Funde von Olympia, p. 34. — Boetticher, Olympia, p. 192.

La céramique dans V architecture.

habitudes du temps, l’édifice avait été bâti en pierre calcaire; au siècle suivant, on l’agrandit en y ajoutant un portique dorique orienté vers l’entrée du stade. Les terres cuites trouvées dans les fouilles appartiennent à la partie la plus ancienne; aussi offrentelles un intérêt de premier ordre, en nous révélant un système de décoration tout à fait nouveau pour nous. Des études minutieuses auxquelles se sont livrés MM. Dœrpfeld et Borrmann, il résulte que toute la partie supérieure de l’édifice, à savoir la corniche et le cadre des frontons, avait reçu un revêtement formé de caissons de terre cuite soigneusement ajustés. Mieux que toute description, le spécimen reproduit par notre planche XV (fig. i)‘ fera comprendre la disposition adoptée par l’architecte. Le lecteur a sous les yeux un fragment du revêtement de la corniche, sur une des faces latérales du Trésor. Ce revêtement se compose de deux parties. C’est d’abord une série de caissons formés de trois morceaux : un bandeau plat et deux pièces qui s’y rajustent à angle droit; ces caissons sont appliqués sur la partie saillante de la corniche qui s’y emboîte très exactement, et des clous de bronze servent à les y maintenir. Au-dessus est fixée, par le même procédé, une cymaise formant chéneau; des gargouilles, munies d’un large rebord circulaire, se projettent en saillie à des intervalles réguliers et facilitent l’écoulement des eaux de pluie. Sur le bandeau, le décor peint consiste en baguettes moulées en relief, encadrant une double rangée de tresses séparées par des palmettes; sur la cymaise, il comporte des palmettes renversées, des pétales de fleurs et une grecque. Telle est la richesse et l’harmonie du décor, qu’il faut quelque attention pour reconnaître la simplicité des moyens employés par le peintre. Trois couleurs composent toute sa palette : un ton jaune clair qui sert de fond, un beau rouge vermillon très intense et une couleur brun-rouge tirant sur le noir. Avec une gamme de tons aussi restreinte, il

I. Dœrpfeld et Borrmann, mémoire cité, pl. I. Cf. Ausgrabimgen ans Olympia, V, pl. XXXIV.

La céramique dans V architecture.

a su pourtant composer un décor à la fois original et flatteur pour l’œil. Imaginez, en effet, ce revêtement polychrome couvrant toute la corniche sur les deux faces latérales; restituez sur les rampants et à la base des frontons une ornementation analogue, et vous aurez une idée des surprenantes ressources que l’architecture grecque du sixième siècle trouvait dans l’emploi de la terre cuite peinte.

L’architecte du Trésor de Gela était, suivant toute vraisemblance, un Sicilien; on est en droit de penser qu’il mettait en pratique, au pied du mont Kronios, les procédés usités dans son pays. Les faits recueillis par MM. Dœrpfeld et Borrmann prouvent, en effet, que cette technique a été surtout appliquée dans les villes grecques de la Sicile et de l’Italie méridionale, et cela pendant toute la durée de l’époque archaïque. Les ruines de Sélinonte, d’Akræ, de Syracuse, aussi bien que celles de Crotone et de Métaponte, en ont livré de nombreux spécimens, étroitement apparentés, pour le style, aux terres cuites du Trésor de Géla. C’est d’un temple de Sicile que provient le bandeau reproduit au milieu de notre planche XV, et conservé au musée de Palerme; or, la rangée de tresses et les baguettes en relief y constituent, comme dans les fragments d’Olympie, l’élément essentiel du décor.

La même ornementation doit être, avec toute certitude, restituée au plus grand et plus ancien des temples de l’acropole de Sélinonte; c’est celui auquel appartenaient les métopes archaïques conservées à Palerme, et que, faute d’une dénomination plus précise, nous continuerons à appeler le temple G *. Ici, le revêtement en terre cuite est appliqué à une corniche de vieux style dorique très nettement caractérisée par des mutules et par des gouttes. Aussi l’architecte s’est-il bien gardé d’en recouvrir toute la corniche; il l’a réservé pour la partie supérieure, qui disparaissait

1. M, Benndorf a proposé d’y reconnaître un temple d’Apollon {Die Metopen von Selinunt, p. 38).

La céramique dans l’architecture.

sous une rangée de caissons affectant la forme d’une équerre. En outre, le bandeau n’est plus uniformément plat ; il se termine par une cymaise décorée de métopes rouges et brun noir. Au-dessus de la corniche court un chéneau ajouré du style le plus original; il est formé par une suite ininterrompue de palmettes en relief, alternativement droites et renversées, réunies par un entrelacs, et laissant entre elles des jours qui font l’office de gargouilles (planche XV) '. Est-il besoin de faire remarquer combien ce décor est en progrès sur celui de l’acrotère de l’Héraion, à Olympie? Au style géométrique a succédé un style plus libre et plus souple, qui fait de larges emprunts à la décoration usitée, vers la même époque, dans la peinture de vases. La tresse, la palmette figurant une fleur de lotus épanouie, se retrouvent sur les vases de Rhodes et de Corinthe qui trahissent encore l’influence orientale; potiers et peintres de terres cuites puisent à la même source.

Il est difficile de déterminer exactement jusqu’à jquelle date cette seconde technique reste en usage. Toutefois, il est peu probable qu’elle ait persisté bien au delà des premières années du cinquième siècle. Entre la polychromie de la terre cuite et la peinture de vases, l’analogie est trop étroite pour que les progrès réalisés par les peintres céramistes n’entraînent pas, chez leurs confrères, un changement de méthode. Nous connaissons, en petit nombre malheureusement, des exemples de revêtement en terre cuite décorés suivant le système des vases à figures rouges. Tel est le chéneau trouvé sur l’acropole d’Athènes que reproduit le dessin placé en tête de ce chapitre (fig. 142)^. Ici, les palmettes et la guirlande d’olivier se détachent en jaune clair sur le fond noir, et le décor est simplement rehaussé de quelques touches brun rouge. Même technique pour l’antéfixe fleuronnée (zaWTvi'p

Page 1