‹ Histoire de la céramique grecqueChapitre 134 sur 144 · CHENEAU DU TEMPLE D'APOLLON LYCEIOS · texte numérisé non relu

CHENEAU DU TEMPLE D'APOLLON LYCEIOS

à Metaponte ( Cabinet, des Médailles )

La céramique dans l' architecture.

semblable à celui des vases peints. On trouve en Attique et en Béotie des terres cuites en forme de tuile dont la destination architecturale ne paraît pas douteuse'. Elles offrent l’aspect d’un cylindre, long d’environ 26 centimètres, qui aurait été coupé dans sa longueur par une section droite, supprimant à peu près un tiers de la superficie; il est fermé à une extrémité et légèrement évasé à l’orifice, La face supérieure est décorée d’ornements imbriqués.

Fig. 144. — Tuile peinte.

(Athènes, musée de la Société archéologique.)

et sur chacune des faces latérales est ménagé un tableau. Dans les exemplaires les plus anciens, ce tableau est occupé par des figures noires, et à l’extrémité de la tuile, sur la partie fermée, une tête de femme se détache en relief. Les plus récents présentent, au contraire, un décor à figures rouges ; une tête peinte remplace la tête modelée, et des guirlandes d’olivier complètent l’ornementation. Notre figure 144 reproduit un spécimen de cette dernière technique, appartenant au musée de la Société archéologique d’Athènes^. Sur la face représentée dans notre dessin, on

1. Voir, sur ces monuments, Birch, Ancient Pottery, p. 197, — Benndorf, Griech. und sicil. Vasenbilder, p. 70. — Furtwaengler, Coll. Saboiiroff, notice de la pl. LU, — Studniczka, Jahrbuch des archceol. Instituts, 1887, p. 69-72. On trouvera dans ce dernier article le catalogue des exemplaires connus jusqu’ici.

2. Dumont et Chaplain, Les Céramiques de la Grèce propre, pl. 20. — Cf. notre Catalogue des vases d’Athènes, n<> 543.

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La céramique dans V architecture.

voit un sujet qui revient fréquemment : une jeune femme, tenant une bandelette, s’entretient avec un éphèbe, et plus loin une autre jeune femme présente un alabastron à son compagnon. Sur l’autre face, le sujet est également emprunté aux scènes de la vie quotidienne; enfin, sur la partie fermée, est peinte une tête de femme à côté d’un rinceau.

A quel genre d’édifices étaient destinées ces tuiles d’une exécution si soignée? La question a été fort controversée. Remarquons tout d’abord que les sujets figurés ne sont pas de nature à éclaircir les doutes; scènes bachiques. Grecs et Amazones s’armant, scènes de toilette ou de conversation galante, offrandes de cadeaux, il n’y a rien là qui indique une destination particulière; ce sont les motifs courants de la céramique attique au cinquième siècle. Nous trouvons, au contraire, une indication précieuse dans ce fait que, à part quelques fragments provenant de l’Acropole d’Athènes, tous les exemplaires connus ont été trouvés dans des nécropoles. Il est donc très légitime de reconnaître ici, avec MM. Furtwaengler et Studniczka, de véritables tuiles faîtières, qui servaient à décorer des tombeaux. Quelques-unes sont percées de trous, comme si elles avaient été fixées au moyen de clous sur une charpente en bois. Il nous est malheureusement impossible de restituer avec certitude le type des tombeaux à fronton de bois recouvert de tuiles; mais c’est une hypothèse assez vraisemblable que de placer ces tuiles faîtières au sommet du fronton et d’y ajouter une acrotère destinée à en boucher l’orifice. Nous constatons donc, dans l’architecture funéraire, l’application d’un système analogue à celui des revêtements de terre cuite. Remarquons seulement que cet usage ne paraît pas s’être répandu hors de l’ Attique et de la Béotie. En outre, les monuments connus jusqu’à présent appartiennent à une période très limitée; aucun d’eux n’est postérieur à la fin du cinquième siècle.

L’emploi de la terre cuite dans l’architecture a persisté jusqu’à l’époque romaine. Mais le rôle de la peinture diminue progrès-

La céramique dans l’architecture.

sivement à mesure que le modelage prend une importance plus grande. Au quatrième siècle, la décoration peinte ne comporte plus que de légers ornements, méandres ou palmettes, tracés sur des cymaises ornées de rinceaux en relief. Une riche série de monuments permet de suivre ce développement de l’élément plastique. Les dalles de frise italiennes, les terres cuites de Pompéi ', méritent, à ce point de vue, une longue étude; mais nous ne pourrions l’entreprendre ici sans dépasser les limites de notre sujet. Nous avons seulement voulu montrer avec quelle originalité les Grecs ont transporté, dans le domaine de l’architecture, les procédés de la peinture céramique, et avec quel art ils ont su les approprier à cette destination.

I. Voir Von Rohden, Die Terracotten von Pompeji, Stuttgart, 1880.

Fig. 145. — Antéfixe en terre cuite peinte (Athènes, musée de l’Acropole.)

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