‹ Histoire de la céramique grecqueChapitre 36 sur 144 · Gerhard, Auserlesene griechischeVasenbilder, I, pl · texte numérisé non relu

Gerhard, Auserlesene griechischeVasenbilder, I, pl

Les vases à figures noires.

Dionysos et des Tyrrhéniens. Le dieu est à demi couché au milieu d’un navire dont la proue est décorée d’une tête de poisson et dont le mât se couvre de pampres ; les pirates tyrrhéniens ont déjà sauté à la mer et, métamorphosés en dauphins, escortent à travers les flots le dieu dont ils avaient voulu s’emparer.

Cet amour immodéré de la délicatesse, cette propension à la maigreur, défauts contre' lesquels les sculpteurs athéniens de second ordre ne savent pas non plus toujours se défendre, se retrouvent pareillement dans les œuvres du potier Amasis. On ne sait si l’on a devant soi les productions d’un art qui n’ose point encore ou d’un art dont la sève est, au contraire, épuisée.

Le nom, vraisemblablement sémitique, d’Ahmès, Amasis en grec, a été porté par deux pharaons égyptiens, l’un de la XVIIP dynastie, l’autre de la XXVP. Ce dernier mérita d’être appelé le philhellène '. Il épousa une Grecque deCyrène, Ladiké, contribua par un don de i ooo talents d’alun aux frais de reconstruction du temple de Delphes, après l’incendie de 5q8, consacra de riches offrandes dans l’Héræon de Samos et dans le temple d’Athéna à Lindos, s’entoura de mercenaires ioniens, et enfin concéda aux marchands grecs, sur une des bouches du Nil, un emplacement pour s’y construire une ville qui, sous le nom de Naucratis, fut une cité entièrement grecque et devint un centre d’industrie et un marché très considérable. Le potier Am.asis était-il un affranchi ou un métèque d’origine égyptienne, ou un de ces Grecs de Naucratis revenu dans son pays après la conquête de l’Égypte par Cambyse , ou encore quelque Cyrénéen qui aura reçu de ses parents le nom du roi du pays voisin? Mais est-il impossible qu’en Grèce même un enfant ait alors reçu le nom si célèbre du pharaon? L’origine de notre artiste reste donc pour nous un mystère impénétrable; nous ne savons non plus en quelle ville il travaillait : les inscriptions de ses vases sont en écriture attique, et pourtant une des formes qu’il affectionne est la forme dorienne de Volpé.

Page 1