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VASES A DORURES ET A COULEURS

ou R l’industrie céramique comme pour les autres branches de l’art, les dernières années du cinquième siècle marquent le début d’une période nouvelle. Ce n’est pas que la technique de la peinture rouge, telle qu^elle a été étudiée dans les chapitres précédents, subisse de profonds changements; la peinture des vases est en possession de procédés qui ne varieront plus jusqu’au déclin de la céramique grecque. Le style seul se modifie graduellement, sous l’influence de causes très complexes. Il faut certainement faire la part du goût nouveau qui se manifeste d’une manière générale dans l’art grec du quatrième siècle, et dont la jeune école attique donne la formule la plus brillante. Mais certaines causes ont agi plus directement sur la céramique, et peuvent expliquer les changements que l’on observe dans la peinture des vases au cours de la période dont nous abordons l’étude.

Tout d’abord, les dernières années du cinquième siècle amè-

Les vases à figures rouges du quatrième siècle.

nent un ralentissement marqué dans la production céramique d’Athènes. Après la désastreuse expédition de Sicile, et la prise d’Athènes par Lysandre, les industries de luxe sont fortement atteintes, et, plus tard, les huit années de guerre qui précèdent la paix d’Antalcidas coïncident avec un état de trouble qui ne favorise guère l’exportation des produits attiques. D’autres causes, plus anciennes, avaient déjà fait perdre au commerce athénien quelques-uns de ses plus importants débouchés. Entre les années 446 et 424, la conquête de la Campanie par les Samnites avait certainement porté un coup sensible à l’exportation des vases attiques * ; et il est remarquable que, dans la seconde moitié du cinquième siècle, l’Étrurie semble rechercher avec moins de faveur les belles coupes où les maîtres de la céramique athénienne avaient déployé tout leur talent Il n’est pas téméraire d’admettre que ces faits, d’ordre économique, ont eu leur contre-coup dans la fabrication des vases. On s’explique ainsi que certaines formes de vases se trouvent moins fréquemment; les coupes deviennent plus rares; l’ancienne amphore, à la panse allongée , aux contours si fermes , n’apparaît plus que par exception, et est remplacée par la péliké. Il semble que les potiers athéniens s’attachent à modifier les anciennes formes, qui ne répondent plus au goût des nouveaux acheteurs.

Pourtant, il est difficile de constater à cette époque une transformation brusque dans le style des vases. Les poteries fabriquées pendant la période comprise entre les années 440 et 400 ^ montrent que les céramistes connaissent encore les traditions des Brygos et des Hiéron. De même que la sculpture décorative continue, après la mort de Phidias, à s’inspirer des modèles du Parthénon, la céramique subit toujours l’influence des maîtres, au delà du terme de leur période d’activité. Seulement, il semble que la personnalité des artistes, si énergiquement accusée dans la période précédente,

1. Cf. Winter, Die jüngeren attischen Vasen. Berlin et Stuttgart, i885, p. 3.

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