‹ Histoire de la charité (volume 2)Chapitre 11 sur 89 · De Rossi. Bullelino di arch.^ op. cit.^ 1866, p · texte numérisé non relu

De Rossi. Bullelino di arch.^ op. cit.^ 1866, p

19. Paul Allard consacre aux esclaves martyrs le chap. III de son Histoire des esclaves chrétiens, op. cit.,^ p. 245 à 267.

20. Les commentateurs ne sont pas d’accord sur l’interprétation de la fin du verset 21 : « Sed et si potes fieri liber, magis utere. » Les uns traduisent : « Si l’occasion s’ofïre à toi de devenir libre, uses-en avec empressement... » Les autres rendent ainsi ce texte : « Si tu peux devenir libre, profite plutôt de la servitude. » Voir Paul Allard, Les esclaves chrétiens,, op. cit.., note de la page 200.

21. Lors du martyre de saint Justin, un esclave, Evelpistus, répond au juge ;

Et VOUS, maîtres, continuent les Apôtres, témoignez de l’affection à vos serviteurs, traitez-les sans dureté; n’avez-vous point dans le ciel un Maître commun qui n’a aucun égard à la condition des personnes? (f Scientes quia et illorum et vester dominus est in cœlis : et personarum acceptio non est apud eum » [Epist. B. Pauli ad Ephes.^ VI, 9; ad Coloss., IV, I

Ces maîtres, suivant la doctrine qui leur est enseignée, doivent multiplier les affranchissements. Les chrétiens ne se croient pas néanmoins autorisés, en règle générale, à favoriser les évasions ; c’est ainsi que saint Paul renvoie à Philémon, avec cette lettre si touchante que chacun connaît, l’esclave Onésime qui a fui de chez son maître après l’avoir volé. Philémon donne la liberté à son esclave converti et régénéré; TEglise en fait un évêque.

Les actes des martyrs renferment l’indication de nombreux maîtres affranchissant leurs serviteurs soit au moment de leur propre conversion, soit lors de circonstances particulières ; il suffît de citer quelques exemples

Un contemporain d’Adrien, Hermès, affranchit le jour de Pâques 1.250 esclaves. Le magistrat Chromatius, sous le règne de Garin et Numérien, se fait baptiser avec 1.400 personnes de tout sexe appartenant à sa maison : « Ceux, dit-il, qui commencent à avoir Dieu pour père ne doivent point être les esclaves d’un homme. » « Illi qui Deum incipiunt habere patrem, servi hominis non debent esse » A la mort de son père, saint Panta-

« Je suis esclave de César, mais, chrétien, j ai reçu du Christ la liberté; par ses bienfaits, par sa grâee, j’ai la même espérance que ceux-ci » (Paul Allard, Hist. des persécut., op. cit., t. P'', chap. VI, § 2, p. 369.)

22. Des constitutions fort anciennes attribuent aux apôtres Pierre et Paul le précepte de ne pas faire travailler les esclaves le samedi et le dimanche afin qu’ils puissent avoir le temps de recevoir l’enseignement religieux (D. Pitra, Juris ecclesiastici, op. cit., S. S. Apost. constit., de mystico ministerio, XVI; Pétri et Pauli constitutio de servis (traduction latine), p. 67-68).

23. Tert., ad Marcionem, 1, xxiii (Migne, II, p. 273). « Pourtant, ajoute Paul Allard {Hist. des persécut., op. cit., t. II, chap. V, § 2, p. 213), des raisons graves les amenèrent à fléchir quelquefois la rigueur des principes. Quand la conscience, la foi ou les mœurs d'un esclave étaient en péril, ils n'hésitaient plus à immoler le droit du maître devant un droit supérieur. »

24. Pour plus de développements, voir Paul Allard, Esclaves, serfs et mainmortables, in-12, Paris, 1884, chap. VIII : Alïranchissements à l’époque chrétienne. Du meme auteur : Hist. des persécutions, op. cit., t. P'', chap. IV, § 2, p. 208-209.

25. Acta S. Sebast., auctore S. Ambr., caput. XVII, § 63 {Act. sanct. Holland,. II, p. 639).

l’ère des persécutions

léon, médecin à Nicomédie (règne de Dioclétien), donne la liberté à ceux qui le servent et leur fournit de quoi s’établir 26.

La mère de saint Calliopius, patricien d’une ville de Pamphylie, ayant appris l’arrestation de son fils, dresse aussitôt son testament, rend libres ses 250 esclaves auxquels elle laisse leur pécule et vient rejoindre le généreux confesseur 27.

Cette distribution de subsides, au moment de l’affranchissement, est une habitude ; Ghromatius lui aussi fait de riches présents et « donis optimis instruxit. » Ces maîtres chrétiens savent toujours du reste exercer leurs droits de patronage avec une tendre sollicitude.

La famille reconstituée, l’enfance protégée^ l’esclave élevé à la dignité d’homme, telle est, en dépit des persécutions, l’œuvre des prédicateurs de l’Évangile.

Gela ne suffit pas encore à ces âmes dévouées, il leur faut travailler à relever le pauvre de l’abjection où le maintiennent l’égoïsme et l’orgueil de la société antique.

§ 3. — Les riches et les pauvres dans V Église du Christ.

« La bienfaisance païenne, écrit E. de Pressencé, reste le plus souvent étroite, intéressée, ou du moins empreinte d’un caractère politique. Elle ne dépasse guère les limites de la patrie. Le pauvre qui n’est ni un client, ni un compatriote, mais tout simplement un indigent jeté sur la voie publique par quelque accident, est presque toujours abandonné à son malheureux sort. Personne ne verra une charité véritable dans la munificence des Gésars pour nourrir et amuser la plèbe de Rome, car il ne s’agit pour eux que de payer sa servitude 28. »

Ge mépris universel du pauvre, du misérable s’allie à la

•26. Act. sanct. Bolland.^ XXXIII, p. 415.

27. Acta martyrii, §§ 6; Act. sanct. Bolland., X, p. 659. — Saint Zenon, en Arabie, s’éloigne de la multitude des impies et rend la liberté à tous ses esclaves, ne voulant pas les voir souffrir après lui de maîtres barbares ou cruels [Acta martyrii, § 3 (ann. 304); Act. sanct. Bolland., XXV, p. 407). Bon nombre de ces affranchissements doivent être faits près de la tombe des martyrs, les prêtres étant témoins, usage sanctionné plus tard par Constantin.

28. La vie ecclésiastique, religieuse et morale des chrétiens aux IB et IIB siècles, in-8, 1877, liv. III, chap. II, § 2, p. 451.

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cruauté. Des milliers de créatures humaines périssent aux acclamations de la foule remplissant les cirques. Galère ne sachant que faire de miséreux, dont il ne peut tirer aucun impôt, trouve bon d’en charger des navires et de les faire nover en pleine mer. « Mendici supererant soli, a quibus nihil exigi possit, quos ab Omni genere injuriae tutos miseria et infelicitas fecerat. At quis homo impius misertus est illis, ut non egerent. Congregari jussit et exportâtes naviculis in mare mergi »

Ce sont ces pauvres, ces petits, ces humbles que le christianisme glorifie.

Nous reconnaissons, écrit saint Jean, l’amour de Dieu envers nous en ce qu’il a donné sa vie pour nous; aussi devons-nous donner notre vie pour nos frères chacun, ajoute saint

Paul, ait envers son prochain une afPection et une tendresse fraternelles. « Gharitate fraternitatis invicem diligentes » N’ayons pas égard seulement à la condition des personnes, prescrit saint Jacques, s’adressant aux dix tribus dispersées hors de la Judée s’il entre dans votre assemblée un homme avec un anneau d’or et un habit magnifique, et qu’il se présente aussi un pauvre revêtu de quelque mauvais vêtement, « in sordido habitu », ne dites pas au premier : Asseyez-vous commodément ici, « tu sede hic bene », et au second : Tiens-toi debout ou assiedstoi à mes pieds, « tu sta illic, aut sede sub scabello pedum meorum. » Dieu n’a-t-il pas choisi ceux qui sont pauvres pour être riches dans la foi et devenir les héritiers du royaume promis à ceux qui l’aiment? Vous, au contraire, vous abaissez l’indigent. « Vos autem exhonorastis pauperem. »

Tous les écrivains sacrés des premiers siècles s’accordent à représenter les pauvres comme les membres souffrants de Jésus- Christ, dignes par conséquent d’un affectueux respect, et saint Laurent, montrant au juge les infortunés qu’il a rassemblés, n’hésite pas à lui dire : Voici les trésors de l’Eglise dans lesquels vit le Christ

29. Lactant., De mortibus persecutorum, cap. XXIII; Migne, VII, p. 231.

SO. I. Epist., III, 16; IV, 7, 16. — II, Epist., 5,

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