Epist. cathol., II, r
33. « Interrogatus ubi essent thesauri quos promiserat, ostendit pauperes dicens;
l’ère des persécutions
Tertullien peut affirmer que le chrétien, digne de ce nom, ne connaît point la hauteur, même vis-à-vis d'un malheureux, « christianus nec in pauperem superbit »
Il est donc commandé d’aimer son prochain déshérité des biens de ce monde ; de lui venir en aide ; mais ce précepte formel concède-t-il à ces déshérités un droit légal de créance sur la propriété des riches? En aucune façon. Ceux-ci doivent donner de bon cœur, « facile tribuere », non avec tristesse, ni par force ; car Dieu aime celui qui donne joyeusement en conformité de la volonté divine
Selon la doctrine des propagateurs de la loi nouvelle, « on peut, écrit Et. Ghastel comparer le devoir de la bienfaisance à celui du pardon, et en général à tous ceux dont l’amour est le principe. La loi ni les hommes ne peuvent rien exiger de moi envers celui qui m’offense ; mais Dieu se fait son avocat dans mon cœur ; il me rappelle mes propres offenses, son propre pardon... et au nom d’une loi supérieure dont il est le seul arbitre et le seul garant, il me dit : « Si vous ne pardonnez pas aux hommes leurs offenses, votre Père céleste ne vous pardonnera pas les vôtres. » De même, le riche ne doit rien au pauvre, de qui il n’a rien reçu; mais il doit tout à Dieu, de qui il a reçu toutes choses, et qui, en retour de tant de grâces lui demande un peu de son surperflu pour ses frères déshérités. »
L’aumône doit être faite librement, à tout le monde, sans distinction de nationalité ; est-ce que le Créateur ne nous montre point l’exemple en répandant ses bienfaits sur tout le genre humain. « Nec quisquam a beneficiis ejus et muneribus arcetur ; quominus omne humanem genus bonitate ac largitate divine æqualiter perfruatur ^7, »
L’Eglise ne refuse personne, car elle veut rendre les hommes
Hi sunt thesauri Ecclesiæ, et vere thesauri in quibus Ghristus est » {Excepta ex sanct. Ambros., lib. Il, off.,cap. 28 ; Acta sanct. Bolland., XXXVI, p.491.)