‹ Histoire de la charité (volume 2)Chapitre 19 sur 89 · Et, Ghastel, op. cit., liv. I®'^ chap. III, p · texte numérisé non relu

Et, Ghastel, op. cit., liv. I®'^ chap. III, p

l'ère des persécutions

De plus, nombre de chrétiens, à Foccasion de leur baptême, en vue de l’échéance prochaine du martyre, ou pour toute autre cause, abandonnent leurs biens et se montrent prodigues en faveur de leurs frères souffrants; les Acta fournissent maints exemples de ces sacrifices*’^.

Une caisse commune reçoit les offrandes et permet de pourvoir aux besoins de tous [Const. apost., 111, iv).

Au moyen de fidéicommis, les communautés jouissent également des revenus de fonds de terre ou d’autres biens immobiliers. Un dernier soin préoccupe Cécile à la veille de comparaître devant le Juge, raconte Dom Guéranger, celui d’assurer à l’Eglise romaine la possession de sa demeure. Elle n’a d’autre moyen pour cela que d’en céder la propriété à une personne de ' confiance qui puisse Fappliquer à la destination voulue. Elle arrête son choix sur un des nouveaux baptisés, nommé Gordien, clarissime. C’est avec ce patricien que Cécile, libre encore, passe le contrat qui garantit au pape Urbain, sous un nom d’emprunt, la jouissance du don ^6.

On conçoit combien ce système, inattaquable en droit, offre d’inconvénients, car il a pour base unique la bonne foi du propriétaire fictif 6^. Aussi voyons-nous, dès le commencement du III® siècle, les Eglises posséder directement des cimetières des édifices affectés au culte, des immeubles de toute nature

65. Paul Allard, Hist. des persécutions, op. cit., t. III, chap. II, § 1®% p. 44. Voir dans les Actes de sainte Pudentienne et de sainte Praxède leur généreux dépouillement {Acta sanct. Bolland., XVII, p. 299'). Sainte Lucie, à Syracuse, persuade à sa mère « que ce n’est pas faire beaucoup pour Dieu que de lui donner à sa mort ce que l’on ne peut plus retenir, et que si elle veut lui témoigner un véritable amour, elle doit consentir à des sacrifices l’éels pendant sa vie » {Petits hollandistes, 13. décembre, t. XIV, p, 239).

66. Dom Guéranger, Sainte Cécile, op. cit., chap. XVII, p. 394.

67. Voir, dans Paul Allard, Hist. des persécutions, op. cit., t. II, chap. VIII, § III, p. 336-338, les efforts tentés par saint Gyprien pour soustraire ses propriétés privées au fisc et en assurer la jouissance à son Église de Carthage.

68. L’Église a toujours mis au rang des œuvres de miséricorde l’ensevelissement des morts. L’abbé Tollemer, Des orig. de la charité caih., seconde partie, a consacré tout un chapitre à cet intéressant sujet (chap. II, p. 113-144).

69. Alexandre Sévère tranche en faveur des chrétiens la question de propriété d’une maison revendiquée par des cabaretiers (Lamprid., XLIX). Gallien remet les évêques en possession des biens religieux, saisis et peut-être vendus par le fisc, et rend « aux collèges des frères » l’usage des cimetières confisqués ou violés (Paul Allard, Hist. des persécutions, op. cit., t. III, chap. IV, § 2, p. 162 et suivantes).

Page 1