‹ Histoire de la charité (volume 2)Chapitre 35 sur 89 · Cod. Théod., I, vu, de off. rect., 1 (ann · texte numérisé non relu

Cod. Théod., I, vu, de off. rect., 1 (ann

81. Cod. Just., X, XIX, de exact, trib., 2 (ann. 320). Nous ne mentionnerons pas les remises générales ou les diminutions d’impôts qu’accordent par exemple Constantin et Julien; il s’agit ici de mesures politiques destinées à concilier à l’Empereur ou au César la faveur populaire. « L’humanité que montrait Constantin (avant sa dernière lutte avec Licinius) était de bonne guerre, écrit Duruy » {Hist. des Rom,, op. cit., t. VII, chap. LXXVII, p. 117).

Citons encore les lois empêchant le créancier de retenir en gage le corps de son débiteur décédé ; « abus, déclare l’empereur Justin, injuste et contraire à l’esprit du temps », « cum sit injustum et nostris alienum temporibus „

Mais, peut-on dire, la suite des événements prouve l’inefficacité de ces dispositions législatives; à la fin du vi® siècle saint Grégoire le Grand est encore obligé de se plaindre des abus du fisc 83.

Gela est vrai. Faut-il accuser l’Eglise d’impuissance à cet égard? Non. Bien des causes viennent constamment contrecarrer son action : les hérésies favorisées par des Empereurs devenus ouvertement persécuteurs; les invasions, et enfin l’idôlatrie, qui prévaut longtemps dans les campagnes ^4, et tient sous son joug nombre de citadins frivoles et sensuels passionnés pour les spectacles, les courses de chevaux, incapables de comprendre les graves leçons découlant des rudes épreuves dont ils sont les victimes. « Vous courez aux théâtres, s’écrie saint Augustin, vous les assiégez, vous les encombrez et ce qui n’était qu’amour insensé est devenu un délire, « et multo insaniora, quam fuerant, antea, faceritis 85. »

Salvien nous montre les citoyens de Trêves, debout sur les

82. Cod. Just., IX, XIX, de sepulcro violato, 6 (ann. 526). Voir aussi nov. LX et GXV, chap. 5. « Combien de fois, disait saint Ambroise, j'ai vu de mes yeux des morts réclamés par des usuriers comme gages de leur créance, combien de fois je les ai vus s’opposer à l’inhumation du défunt jusqu’à l’acquittement de la dette » {de Tobia, cap. X; Migne, XIV, p. 771-772.)

83. « Le regard tranquille et lumineux du Souverain Pontife explore tour à tour les points les plus reculés du monde chrétien, y constate tous les besoins, y découvre tous les abus. Les intérêts d’un pauvre injustement tourmenté par le fisc tiennent dans le registre des lettres du pape une place aussi considérable que le plan de conversion des peuples anglo-saxons » (G. Kurth, Les origines de la civilisation, op. cit., t. II, chap. VIII, p. 40).

84. Beugnot, Histoire de la destruction du paganisme en Occident, 2 vol. in-8, 1835, t. P% liv. VI, § 1», p. 284.

85. S. August., Confes., VI, 8; Civ. Dei, lib. I. cap. XXXIII (Migne, XXXII, p. 726; XLI, p. 45) : « Il pourrait sembler que ces calamités (le sac de Rome par Alaric, août 410), où le doigt de Dieu était si visible et qui contenaient de si grandes leçons, auraient dû faciliter à Paulin, et en général aux évêques, leur mission de convertir à Dieu les hommes. Mais rarement les catastrophes améliorent les sociétés. La chute de Rome ne ramenait pas à une vie meilleure les Romains dégénérés ». (Abbé Lagrange, Hist. de saint Paulin de Nôle, in-8, 1877, chap. XVII,

LA SITUATION DES PEUPLES

ruines de leur ville ravag’ée trois fois, demandant des cirques. « Circenses erg“o, Treveri, desideratis »

Malgré tous ces obstacles la victoire de l’Eglise, bien que retardée, e^t certaine et nous pouvons répéter les paroles de Dom Pitra [Hist. de saint Léger ^ Introd., p. xiii) : « La vérité est qu’au VI® siècle il n’y a humainement rien à espérer du monde romain en dissolution, rien à gagner à l’avènement des Barbares. L’Eglise fait tout. Avec les Romains seuls, on va, par le fisc et la centralisation, à la plus savante barbarie qui puisse étouffer l’esprit humain; avec les Barbares seuls on a le chaos. Dieu, par l’Eglise, sauve la cité romaine, transforme le camp barbare et peuple l’un et l’autre d’hommes et de chrétiens. »

86. « Ludicraergo publica Treverpetis? Ubi, quæso, exercenda? An super busta etcineres, super ossa et sanguinem peremptorum? Quæ enim Urbis pars his malis omnibus vacat? » (Salv., de Gubern. Dei, VI, xv; Migne, LUI, p. 126.)

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