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CHAPITRE II

assez inhumaines, pour fouetter des jeunes filles avec une telle force que la journée ne suffit pas pour guérir les meurtrissures^'^.

D’ailleurs à quoi sert ce grand nombre d’esclaves ? De même que pour les vêtements il faut considérer ici Futilité ; un seul serviteur devrait suffire à un seul maître. Que signifient donc, s’écrient les Pères, ces essaims de créatures humaines entourant les riches dès qu'ils vont aux bains ; sur la place publique ? Ils ressemblent à des marchands d'esclaves ou à des conducteurs de troupeaux

Que le chrétien achète des esclaves, mais afin de les instruire et de les mettre en état de se suffire à eux-mêmes et qu’il les affranchisse ensuite.

Ces exhortations ne restent pas infructueuses ; de saintes femmes, dont Jérôme écrit la vie, sont 'les véritables sœurs de leurs servantes ; elles rendent libres, par milliers, les serviteurs qui remplissent leurs vastes domaines

Les clercs donnent aussi l’exemple de ces libéralités

Quant aux évêques ils interviennent autant qu’ils le peuvent, à la suite de saint Paul, auprès des maîtres, afin de rendre plus douce la condition des personnes en servitude

4.7. S. J. Ghi’ysos., Comiii. sur Vépilre aux Éphésiens, liom, XV, § 3 (Migne, LXII, p. 109-110) ; Comm. sur Vépilre de Paul à Philémon, boni. II, §3 (Migne, LXII, p. 711).

48. S. J. Chrysos., Comm. sur la épitreaux Corinth.., hom. XL, § 5 (Migne, LXI, p. 353) ; S. Hieron., Epist., LXXIX, § 8 : ad Salvinam de viduit. serv., (Migne, XXII, p. 730).

49. « Ce n’est pas l’a franchissement, dit saint Ambroise, c'est 1 éducation qui transforme l’esclave en homme libre » {Epist., XXXVII, § 9; Migne, XVI, p. 1086).

50. S. Hieron.. Epist., CVIII, ad Eustoch. Epitaph. Paulæ matris (Migne, XXII, p. 878-906) ; Epist., LXXVII, ad Oceanum de morte Fabiolæ (Migne, XXII, p. 690-698) ; Epist. XXIII, ad. Marcell. de exitu Leœ (Migne, XXII, p. 425-426) ; Paul Allard, Julien l'Apostat,, op. cit., liv. II, chap . III, § 3, Situation des esclaves.

51. « Le diacre d’Hippone est pauvre et il n'a rien à donner à personne, cependant, avant sa conversion, il avait acheté quelques esclaves du produit de son travail, il va aujourd’hui les mettre en liberté en votre présence, par un acte épiscopal » (S. August., Sermo, CGGLVI, de vita et moribus cleric. suorum, § 6. Migne, XXXIX, p. 1576).

52. Saint Basile remercie Callisthènes qui avait épargné un esclave à sa recommandation. lettre LXXII (Migne, XXXII, p. 439). II s’élève contre une femme riche, nommée Simplicia, fort généreuse mais qui réclamait, à titre d’ancien esclave, un clerc devenu évêque (S. Grégoire de Naziance, lettre LXXIX. Migne, XXXVII, p. 149-154).

l'état des personnes

Néanmoins, le principe delà propriété reste intact.

Le Concile de Gangres prononce Fanathème contre ceux qui poussent les esclaves à mépriser leurs maîtres et à les quitter sous de faux prétextes de piété

Saint Basile veut que les supérieurs des monastères ne conservent pas les esclaves reçus sans le consentement de ceux auxquels ils appartiennent, à moins qu’il ne s’agisse de sauvegarder la moralité ou la religion de ces fugitifs

Ces doctrines exposées avec tant d’insistance; ces efforts persévérants ne parviennent pas à extirper le mal ; c’est une constatation qui s’impose Toutefois ils ont une influence marquée sur la législation des Empereurs dont nous allons résumer brièvement les lois ^6.

Constantin renouvelant, avec une précision plus grande, un édit d^Antonin déclare (en 312) que le maître doit user modérément du droit de correction sur ses serviteurs « L’énumération des différents genres de supplices alors employés contre les esclaves donne, du reste, une épouvantable idée de la malheureuse imagination des Romains pour ce raffinement de cruauté »

Afin que l’on ne puisse pas nous soupçonner d’exagérer, laissons la parole au jeune Empereur : « Le maître est réputé coupable d’homicide lorsque intentionnellement il tue son esclave

53. Goncil. Gangrense (ann. 324 ?) (Mansi, II, p. 1102, canon III, inséré au corps du droit canon. Decreti, II, Pars, causa 17, quæst. 4).

54. S. Basile, Traité des règles, % xi {Migne, XXXI, p. 947), Le Concile d’Elvire (can. LXXX) détend d’ordonner les affranchis dont les patrons sont païens, « in sæculo », parce que, en raison de leur droit de patronage, ces derniers pourraient exiger des services en opposition avec la sainteté du sacerdoce (Conc. Eliber., Mansi, II, p. 19). Consulter aussi la novelle V de Justinien.

55. Lire, dans H. Wallon, Hist.de l'esclavage, op. cit., t. III, les chap. VIII et IX, où l’éminent auteur expose avec la plus sévère impartialité les résultats obtenus

56. Paul Allard, Julien l'Apostat, t, II (1903), liv. VI, chap. II, § v, p. 272, fait la remarque suivante : « Sur ce mal social Julien est demeuré muet. Deux fois dans ses lettres ; il est question des esclaves, une fois pour engager le clergé païen à étendre jusqu’à eux la propagande ; une autre fois pour commander d’en mettre quelques-uns à la torture. Mais la question même de l’esclavage, de sa légitimité, que l'on contestait alors dans la chaire chrétienne, des moyens d’atténuer ses rigueurs et d’amener peu à peu sa suppression ; pas un mot ne se rencontre dans les livres ou dans la correspondance de Julien. «

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