Hom. sur les veuves, § 16 (Migne, LI, p
de leur paresse. Et vous, reprend Ghrysostome, ne vivez-vous pas dans l’oisiveté et les délices ? Bien plus, ne faites-vous pas pire que d’être oisifs en vous livrant à la rapine, à la violence, à l’avarice ^7 9
En tenant un pareil langage ^8 les intentions de Jean Ghrysostome sont évidentes ; en face de calamités générales il déclare que le devoir est de secourir la misère, sans examen, sans retard.
Ge n’est point une règle pour tous les temps. Saint Augustin accorde bien que l’on donne quelque peu au mendiant, à condition de réserver la meilleure partie de ses libéralités pour les pauvres qui le méritent, notamment les pauvres honteux, ces véritables serviteurs de Dieu, sachant souffrir en silence -9.
Saint Jérôme rappelle qu’il est écrit au début du psaume XL: « Heureux celui qui est attentif aux besoins des indigents. » Gette attention est, en effet, nécessaire afin de pouvoir discerner les vrais pauvres ; on ne doit point mettre de ce nombre ceux qui, couverts de haillons, ne laissent pas, en même temps, de croupir dans le crime et le désordre, « non utique ille qui mendicitate, et squalore coopertus est, et tamen non recedit a vitiis. » Je ne prétends nullement, continue le solitaire de Bethléem, empêcher de faire l’aumône aux juifs, aux gentils, à tous les autres malheureux, mais il faut toujours préférer les chrétiens aux infidèles et parmi les chrétiens savoir faire une grande différence entre un indigent aux mœurs pures, innocentes, et celui qui mène une vie corrompue et déréglée. « Et inter ipsos christianos sit multa diversitas utrum peccator an sanctus sit » Quant à saint Ambroise, il trace les règles les plus précises :
27. Comm. sur la épit. aux Corinth., hom. XI, § 6 (Migne, LXI, p. 95) : « Je dis ceci, mes frères ,non pour autoriser la paresse; Dieu me garde de cette pensée! Je souhaite avec ardeur que tout le monde travaille, car l’oisiveté est la mère et la maîtresse de tous les maux, mais je vous conjure en même temps de n’être pas durs, sans compassion et sans miséricorde... {Comm. sur saint Mathieu., hom. XXXA", § 4 ; Migne, LVIII, p. 410).
28. Lire encore : Comm. sur l'épit. aux Romains., hom. XXI, § 5; Comm. sur Vépit. aux Hébreux, hom. XI, § 4 (Migne, LX, p. 608 ; LXIII, p. 95-96).
29. « Da illi (mendico) sed multo magis illi. Ille enim petit et in voce petentis agnoscis cui des : ille autem quanto minus petit, tanto magis tibi vigilandum est ut præoccupes petiturum » (in Psalm., GUI; Serm., III, p. 10; Migne, XXXVII, p. 1366-1367).