Justin, Apologie, II, § 2 (Migne, VI, p
8. Paul Allard {Hist. des persécut., op. cit., t. P'", Introd., p. iv) compte, depuis Néron, 120 années de repos, ainsi réparties : 1*^ siècle, 28; 2^ siècle, 15 ; 3^ siècle, 76. La dernière persécution dure 17 ans et est la plus cruelle de toutes.
d’avec son mari (I. Epist. ad Corinth.^ VII, 10), que celui-ci l’aime comme sa propre chair; comme Jésus-Christ aime son Eglise [Epist. ad Ephes.^Y, 23-31); ne la traitant pas avec aigreur et rudesse ^ [Epist. ad Coloss., III, 19). Car, ajoute saint Pierre (I. Epist. ^ III, 7), elle est capable elle aussi de recevoir la grâce qui donne la vie, « tanquam et cohœredibus gratiæ vitæ. » II est facile de comprendre quelles révolutions de pareils enseignements opèrent dans les âmes, et, chez les païens, l’idée de pureté vient naturellement se joindre à l’idée de christianisme : Un acte de résistance vertueuse, un éclatant changement de mœurs, suffisent souvent pour trahir une adhésion secrète à la nouvelle religion (Paul Allard, op. cit.., t.P’’, chap. V, § iii, p. 219.)
A Augsbourg, une courtisane convertie est amenée devant le juge : « J’apprends que tu es une courtisane, lui dit-il, sacrifie donc, car tu ne peux appartenir au Dieu des chrétiens » Les persécuteurs pensent également que le fait d’envoyer aux lieux infâmes les vierges refusant d’offrir l’encens constitue pour elles un péril plus redoutable que la mort ; ce n’est pas là le caprice d’un magistrat, mais bien un ordre général émanant de la puissance impériale : « Jusserunt imperatores vos quæ estis virgines, aut diis sacrifîcare a ut injuria meritorii provocari »
Le nombre de ces vierges croît d’ailleurs de jour en jour; l’Eglise entoure de prédilection cette phalange qui lui fournit tant de recrues pour l’assistance des malheureux.
Le même esprit préside aux relations des parents et des enfants ; il prescrit d’un côté l’obéissance et le respect ; de
9. Conférer: Const. apost., I, ii. On admet généralement que les sixpremiers livres de ces Constitutions dites apostoliques ont été rédigés vers le milieu du iii® siècle (Paul Viollet, Précis de Vhist. du droit, 1884, l^^fascic., chap. II, p. 33 et 34). Dom Pitra a donné une édition critique de ces Constitutions — texte grec et traduction latine — dans l’ouvrage suivant : Juris ecclesiastici græcorum historia et monumenta, in-4, t. P^ Romæ, 1864. On les trouve aussi dans le tome premier de la Patrologie grecqiie-latine de Migne. Nous renvoyons pour nos citations à l’ouvrage du savant dom Pitra.
10. Paul Allard, La persécution de Dioclétien, in-8, 1890, t. I®>’, chap. VI, §2,
11. Passio sanctæ Theodoræ ; Act. sanct. Bolland., XII, p. 579. — Tout le monde connaît les actes du martyre de sainte Agnès et la protection miraculeuse dont elle est l’objet.
12. Les Constitutions énumèrent les défauts que doivent éviter ces vierges et les vertus dont la pratique leur est recommandée (IV, xiv).