‹ Histoire de la charité (volume 3)Chapitre 112 sur 149 · Archiv. nat., série H · texte numérisé non relu

Archiv. nat., série H

16. Du 14 octobre 1770 au 31 décembre 1774 on a distribué aux pauvres de Châlons 419 quintaux de Ris (Arch. de la Marne , 1767-1789, série G, 377).

17. « Dans les temps de disette et de misère, le Parlement a l’attention de procurer des aumônes publiques aux malheureux, en ordonnant une imposition à laquelle chaque habitant doit contribuer selon ses facultés, suivant la répartition qui s’en fait en la forme prescrite par la Cour. Nous avons sur ces secourspublics des arrêts des 20 octobre 1693; 19 avril, 8 juin 1709 ; 18 mars 1711 et 30 décembre 1740 (Denisart, op. cil., m, p. 63).

13 juillet 1788, et en faveur des pauvres qu’accablent les rigueurs de l’hiver, 1788-1789.

Toutes les classes de la Société contribuent à ces souscriptions qui produisent 289,0961. 12 s., plus 28,898 1. 5 s. à la suite de la lettre Pastorale de l’Archevêque en date du 31 décembre 1788 18.

Lors de ce cruel hiver que l’on peut rapprocher de celui de 1709, le curé de Saint-André-des-Arcs, Desbois de Rochefort, montré le plus grand zèle, il fait un appel chaleureux au dévouement des habitants et demande que les collectés soient remises à l’Archevêché, de maniéré à assurer dés subsides à toutes les catégories d’indigents 19.

Les incendies sont fréquents au sein de villages composés de maisons couvertes en chaume. Mgr de Talleyrand, archevêque de Reims, étudie les moyens de venir en aide aux sinistrés. Dès l’année 1779, l’établissement du Bureau des incendiés est réalisé.

Deux quêtes annuelles ont lieu dans tout le diocèse, le produit en est centralisé sous la direction du Prélat. Les allocations ont lieu après d’exactes et rigoureuses informations. « De cette manière les propriétaires atteints par le fléau ne sont plus enlevés à leurs familles, à leurs affaires, à leurs travaux », en un mot ils retirent tous les avantages des collectes particulières, « sans en essuyer les embarras, les fatigues, les humiliations, et les dangers. » La charité des Diocésains n'est point refroidie par la crainte de se voir tromper, ils sont sûrs que leurs libéralités parviennent à ceux auxquels on les destine 20.

18. État de la recette et de la distribution... In-4, 46 p. Paris, 1789.

19. L’Archevêque sera prié d’être le dépositaire de ces sommes, « c’étoit l’ancien usage de l’Église ; et c’est rendre le plus bel hommage à la place qu’il occupe dans cette ville. » Mémoire sur les calamités de l'hiver 1788-1789 , lu dans une assemblée tenue à l'Hôtel de ville de Paris le 9 janvier 1789. In-S, 3 J p. au Presbytère de Saint-André-des-Ai’cs.

20. Règlement : « art. 1er. La quête, annoncée au prône, sera faite à domicile par le curé accompagné du syndic et du marguillier en exercice, et à défaut de ceux-ci, par deux assistants élus par la communauté. Ils tiendront registre de ce que les corps, communautés et confréries donneront ; du nom des personnes qui donneront le plus, eu égard à leurs facultés, et de la somme qu’elles auront donnée, à moins qu'elles ne veuillent être connues.

< Art. IL On recevra non seulement l’argent, mais encore les denrées et autres

LES SECOURS EXTRAORDINAIRES

Dans toutes ces mesures prises en France, au xvme siècle, pour lutter contre les calamités publiques, les Intendants jouent un rôle prépondérant.

De Cluzel à Tours (1768-1770) ; de la Coré à Besançon (1770); Raymond de Saint-Sauveur à Perpignan et tant d’autres montrent une réelle activité.

Jullien, Intendant d’Alençon, écrit le 26 février 1784 : « Les charités se multiplient en raison de la misère du peuple. Le plus grand nombre des curés, plusieurs seigneurs et nombre de propriétaires aisés répandent assez de secours pour empêcher le peuple de périr de misère. »

« Rouillé d’Orfeuil, à Châlons, essaie dans des circonstances pénibles d’éveiller chez les officiers municipaux de sa généralité l’esprit de charité. Il leur adresse un chaleureux appel (1784) : « Quoique je sois persuadé, Messieurs, que l’extrême rigueur de la saison et la cherté des grains excitent puissamment votre sollicitude envers les pauvres de votre ville qui manquent d’ouvrage et de nourriture, je crois devoir vous prier de vouloir bien me faire part, au reçu de cette lettre, des différentes mesures prises à cet égard. Rien ne doit vous arrêter pour remplir des soins aussi chers à la religion et à l’humanité ; appréciez, Messieurs, toutes les horreurs de la saison et du froid ; songez que ces deux fléaux pèsent dans ce moment sur vos concitoyens, sur vos semblables, prévoyez tous les maux qui peuvent en être la suite ; et voyez s’il y a des considérations qui puissent vous dispenser d’employer tous les moyens qui sont en votre pouvoir pour les prévenir » (Paul Ardascheff,. op. cit ., p. 243-254).

effets, comme grains, vin, chanvre, linge, fruits, etc... dont il sera pareillement tenu état : ces denrées seront mises en dépôt et vendues huit jours après à la porte de l’Église, et la somme en provenant sera réunie à ce qui aura été donné en argent... » Le Bureau des incendiés et les autres établiss. de charité de M. de Talleyrand, archevêque de Reims . In-8, 29 p. Reims, 1875.

§ 2. — Comment à Lyon une œuvre créée pour les besoins d'un moment, en 1581 , devient une grande Institution charitable et hospitalière 21 .

En 1530 la famine éprouve la grande cité lyonnaise ; la situation s’aggrave rapidement ; le blé arrive à un prix excessif. Les Echevins recourent à la générosité des négociants étrangers établis dans cette ville si commerçante et obtiennent de forts subsides.

Au mois de mai 1531 les contrées environnantes se trompent à leur tour atteintes par le fléau. La détresse est générale. Des bateaux remplis de pauvres affamés viennent échouer le long des bords du Rhône 22. Les habitants de Lyon se montrent alors dignes de leur renommée et s’empressent autour de ces malheureux.

Ils empruntent de tous côtés, pour fournir le nécessaire à ces infortunés succombant par centaines. Il faut leur mesurer la nourriture car leur estomac rétréci a peine à la supporter 23.

Les citoyens aisés reçoivent chez eux nombre de ces pauvres et luttent à qui sera le plus charitable.

« Mais je viens, écrit de Vauzelles, à la moderne charité présentement exhibée par messieurs les habitans de cette ville, quilz ne tachent entre eux sinon de se vaincre en charité, et estre lung a lautre en cela supérieur par les taux et cotisations

21. A consulter : Jean de Vauzelles, Assistance donnée à la multitude des pauvres accourus à Lyon en 1531 (Réimpression à 150 exemplaires par H. Baudriei'). In 8, Lyon, 1875. Institution de i aumosne générale de Lyon (3e édition). In-i, Lyon, 1632. G. de Soultrait, Introduction de l'inv., des archives de Vhôp. de la Charité de Lyon. In-4, 12 p. Lyon, 1874. Dr Vachez, Du rôle de la charité à Lyon. In-8, 29 p. Lyon, 1884. H. de Boissieu, Les origines de l'aumône générale de Lyon. L’aumône temporaire de 1531 et l’institution de l’aumône permanente. In-8, 40 p. Trévoux, 1907.

22. « Or sijamais Lyon mérita estre surnommé le refuge des Gaulles, la inundante mer des pouretez circonvoisines la si prodigieusement desrivée ceste année luy en a perpétué son nom car flotte à flotte, tropeaulx à tropeaulx, de tous costez voire à plains bateaulx y est tout a ung coup descendue telle multitude de pouvres que vous eussiez dict que cestoit la reste dung naufrage la par desfortune transportée, tantestoyent alanguis, macerez, chancellans, comme de fain enyvrez et si pâlies quilz ressembloyent a gens deterrez de leur sepulchre..» (De Vauzelles, op. cit., 9e feuillet).

23. « Les ungs ja par la désacoustumance de menger avoyent les gosiers si retraictz quilz ne pouvoyent aucune viande avaller, les aultres de trop grand appétit presque efforcenez engloutissoyent tout si gouleusement que ce qui les debvoit substanter les suffoquoit... » (Jean de Vauzelles, op. cit., 9e feuillet).

LES SECOURS EXTRAORDINAIRES

que volontairement font sur eulx oultre leur povoir, tant les Esglises, bourgeoys, marchantz que toute la chose publique Lyonnoise 24... »

Les enfants s’occupent des pauvres petits êtres de leur âge, partagent leur pain avec ceux qu’ils voyent tant souffrir 25 .

Couvents, communautez rivalisent de zèle; le Clergé se déclare prêt à vendre les vases sacrés si cela est nécessaire.

Des aumônes abondantes sont recueillies, elles dépassent

93 livres 26 .

Dès le 19 mai sept à huit mille misérables se trouvent assistés; plus tard on les répartit par quartiers et un ordre parfait préside aux distributions. Puis vient l’époque de la moisson, le prix du blé baisse, les étrangers retournent chez eu*.

Les administrateurs dévoués, placés à la tête de cette œuvre admirable qui dure « du vendredi dix neufviesme May jusques au dimanche neufviesme Juillet ensuivant », rendent leurs comptes le 18 janvier 1533 (c’est-à-dire 1534, n. s).

Grâce à leur gestion sage et prudente il se trouve un reliquat -de 396 1. 2 sols, 7 deniers. Dans l’Assemblée tenue pour l’apurement de cette comptabilité, l’un des administrateurs, Jean Bro- <quin, propose de constituer une œuvre permanente permettant -de venir au secours de diverses catégories d’indigents 27.

24. « A cette arrivée inopinée, et à un si misérable spectacle, le peuple accourant ^sur les ports, on recogneut que c’estoit des pauvres affligez, qui tendoient les «nains, crians, Nous mourons cle faim , Messieurs secourez-nous. Et quoy qu’avec •quelque raison on leur pouvoit deffendre de descendre dans la Ville, puisque la staminé y estoit très grande, néantmoins les Lyonnais ayans pitié de tant de pauvres misérables et demy morts de faim, les recéurent a bras ouverts : et n’y •a voit celuy qui ne fust bien aise d’en avoir dans sa maison quatre ou cinq. Et •ceux qui en avoient le plus grand nombre, s’estimoient les plus heureux » (Institution de V Aumosne, 1632, p. 3).

25. « On remarqua mesmes que les petits enfans de la Ville embrassoient les •estrangers qui estoient de leurs aages : et s’ils avoient du pain à la main ils leur donnoient, comme si dés long temps ils se fussent cogneus. .. « ( Inst, de V Aumosne, op. cit ., p. 3).

26. «L’œuvre temporaire de 1531 a fourni six cent cinquante trois ânées de Lié, soit 25,038 livres de pain, plus la pitance. Elle a employé pour cela 9,793 1. 19 sols 2 deniers. Malgré la grande cherté des vivres, la dépense journalière par individu secouru n’a pas dépassé la modique somme de 9 deniers. » (De Boissieu, o p. cit., p. 18).

27. « Le plan de Broquin comprend trois parties : 1° L'ordonnance pour nourrir les pauvres, af fin qu'ils n aillent plus parmy la ville et pour évicter le dangier de tant de pouvres filles, qui sont gastées et de tant de pouvres petits enfants qui ^sont perdus ou gastés.. . » (De Boissieu, op. cit., p. 27).

Cette idée, qui existe déjà en germe dans l’écrit de Jean de Vauzelles28, est adoptée avec enthousiasme « huit personnaiges les plus notables de la cité » sont élus « et prêtent serment de bien et loyalement servir et administrer tout le fait de la dicte Aulmosne pour le temps de deux années... sans aucuns gaiges ni récompense que celle de Dieu... » (De Boissieu, op. cit.. p. 33-34).

Après des vicissitudes diverses, grâce à la générosité des. habitants et de riches étrangers 29, les pauvres sont assistés, les. enfants secourus et, sous le nom d’ Aumône générale et d’Hospice de la Charité, nous pouvons encore saluer aujourd’hui les Institutions magnifiques créées à la suite du grand mouvement de 1531.

a Quand mes regards s’arrêtent sur ce vaste hospice (dit le Dr Vachez) qui depuis bientôt trois siècles, abrite tant de douleurs et de misères, je songe involontairement à cet humble reliquat de 396 livres tournois, qui est sa première origine, et je me demande ce qu’il faut le plus admirer : ou l’immensité de l’œuvre actuelle, parvenue à son complet épanouissement, ou cette foi naïve et ardente de nos pères, qui se confie tout entière à la Providence, et, avec des moyens matériel infimes, ose entreprendre de si grandes choses. » (Op cit ., p, 16.)

28. « Continuez ce Chrestien propos Lyonnoys, par lequel vostre cité maintenant semble par les rues ung lieu de consolation et vraÿ cloistre de vertu et saincte cité de Hierusalem, cest à dire Vision de paix, au pris des clamoreuses complainctes qui auparavant la pertuboyent. Que pleust a Dieu que Lhospital de ceste ville eust suffisant revenu de pouvoir retirer tous temps les pouresdébiles, tant de ce pays que de ailleurs, affin que par importunité ils ne nous essourdassent par cy apres aulx rues et portes comme ils ont faict et feront, ie vous assure qui ny remédiera.

« Lordre y seroit facile et soubz la correction des plus prudens, oseroye biea entreprendre le rédiger par escript... O quel plaisir Dieu prendroyt en ceste charitable œuvre... » (Jean de Vauzelles, op. cit., 16e feuillet).

29. « Des tables de marbre, placées à la Charité, rappellent le souvenir des premiers souscripteurs de l’Aumône, en tête desquels figure ce personnage quasi, légendaire à Lyon, Jean Kleberg, dit le bon Allemand , mentionné dans ce passage de l’un des registres de nos archives : « pour icelle (L’Aumône) commencer,, y eust un homme de bien, marchant Allemand, qui donna cinq cents livres... »

« La fondation de 1533, si modeste à son origine, grandit rapidement, soutenue par les dons que tous; nobles, bourgeois et artisans, riches et pauvres, s’empressaient d’apporter à l’administration de l’Aumône, et, dès cette époque, les citoyens les plus marquants tenaient à grand honneur de faire partie de cetteadministration, dont la présidence était dévolue à l’un des chanoines de la. métropole.... » (De Soultrait, op. cit., p. 3 et 4).

LES SECOURS EXTRAORDINAIRES

§ 3. — Secours exceptionnels lors des désastres causés par les guerres de la Fronde.

Résumé sommaire des maux inouïs dont souffrent certaines Provinces.

Nous avons constamment l’occasion de parler des souffrances des habitants d’un grand nombre de Provinces durant les guerres delà Fronde (1648-1753). Quelques lignes suffiront donc pour retracer encore les horreurs de cette triste époque 30.

En 1649 les environs de Sainte-Menehould sont envahis par des bandes d’Allemands, de Suédois, de Polonais. « Tout village qui résiste à ces barbares est immédiatement saccagé. La ville de Reims est encombrée de gens de la campagne qui s’y réfugient. Ces infortunés sortent à la fermeture des portes, ne rentrant le matin qu’à l’ouverture, occupés toute la nuit, au risque de la vie, à chercher des fourrages et de l’herbe pour leurs malheureux bestiaux » (Feillet, op. cit., p. 135).

« C’est une chose horrible que l’état du Pays autour de Port- Royal-des-Champs, écrit la mère Angélique Arnauld (1649), tout y est pillé, « les gens de guerre se mettent dans les fermes, font battre le blé et n’en veulent pas donner un grain aux maîtres qui en demandent par aumône. On ne laboure plus, il n’y a plus de chevaux, tout est volé » (Feillet, op. cit., p. 127).

Les riches contrées avoisinant la capitale sont ravagées, ruinées ; les édifices sacrés, les monastères ne se trouvent nullement épargnés; religieuses, prêtres séculiers viennent chercher un refuge à Paris, attendant leur subsistance de la générosité des habitants.

En Picardie (1650) « les calamités et misères réduisent tout

30. Consulter : un recueil factice (Bibliothèque de la ville de Paris, 551, 163réserve) contenant des « Relations et Instructions » pour le soulagement des pauvres de 1650 à 1663. — Remontrance faite à la Reyne par Mc l'Evesque d'Àlez sur la misère du peuple. In-4, 23 p. Paris, Chouqueux, 1652. — Propositions chrestiennes d'un député à la Chambre Saint-Louys pour le soulagement des pauvres. In-4, 16 p., juin 1652. Alp. Feillet, La misère au temps de la Fronde et saint Vincent de Paul , 4e édition. In-12, Paris, 1868.

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le pauvre peuple à une telle extrémité, les maladies deviennent si générales qu’il meurt presque les deux tiers de la population. « A Montcornet, paroisse composée de trois cents feux, sept cents personnes décèdent, et parmi les survivants il y en a au moins la moitié de malades et en danger de mort » (Feillet, op. cit., p. 193).

Les troupes royales, les armées des Princes, leurs alliés commettent partout les mêmes atrocités ; la misère devient universelle 31 .

Oudard Goquault dépeint ainsi la situation en Champagne, l’année 1652 3~ : « 11 existe à Reims grand nombre de pauvre peuple, non point de ceux qui 'cherchent leur vie, mais pauvres honteux, qui ne mandient, mangent du pain de son, des herbes, trônez de choux, limassons, chiens et chatz ; et pour saler leur potage prennent les eaux avec quoy on désalle des moulues ; et de tous ces vivres qui ne sont pas pour des chiens, ilz n’en ont pas leur saoul. »

Un chroniqueur nous montre (1652) les paysans réfugiés dans les villes, n’ayant de couvert contre les grandes chaleurs du jour et la fraîcheur de la nuit, que le dessous des auvents, des charrettes et des chariots, les mères une fois décédées les enfants meurent bientôt aussi. « Cet auteur voit sur le pont de Melun trois enfants sur leur mère morte, l’un desquels la tête encore » (Feillet, op. cit ., p. 347).

Dans des centaines de localités les terres se trouvent abandonnées, elles restent en friches et appartiennent au premier qui veut s’en emparer (Feillet, op. cit., p. 496).

Les incendies jouent forcément un grand rôle dans ces désastres. Il s’agit, en effet, de chaumières couvertes de chaume, ou de maisons de ville bâties en bois.

Cette situation lamentable se prolonge même après la cessation des guerres ; l’ordre profondément troublé est long à se rétablir 33.

31. Annales de la Compagnie du Saint-Sacrement , op. cit ., voir notamment : p. 67, 82, 107, 127-128, 131-133.

32. Mémoires de Oiidart-Coquault. 2 vol. in-8. Reims, 1875, t. I, p. 215.

33. Dans le recueil cité de la Bibliothèque de la Ville de Paris nous trouvons la plaquette suivante : « Relation importante pour exposer aux yeux des gens de bien un tableau racourcy des grandes misères de quelques provinces. » 18 décembre 1663. ln-4, 4 p.

LES SECOURS EXTRAORDINAIRES

Au plus fort de la crise (1652) « M. l’Eves-que d’Alez, adresse à la Reyne une remontrance sur la misère du pauvre peuple 34.» Une analyse sommaire de cette pièce permet de se rendre compte de l’étendue du mal, qui indépendamment de la région de l’Est, gagne le Bordelais, l’Anjou, etc.

« Votre Majesté, écrit l’Evêque, sçait par les Remonstrances de plusieurs Prélats, par celles de quantité de bons Religieux et de la pluspart des Parlemens du Royaume, que les soldats estrangers et François, entretenus au service du Roi, vostrefïls, commettent des cruautez si grandes, que les Nations les plus barbares, auroient horreur de les voir et d’en entendre parler. »

« Les violemens des femmes et des filles, voir des Religieuses sacrées à Dieu, se commettent jusques aux Autels des Eglises et des Chajjelles ; des milliers de pauvres personnes de la campagne souffrent des martyres et des tourmens horribles ; des mères désolées, voyans leurs propres enfans inhumainement arrachés de leurs mammelles et d’entre leurs bras, et en battre les murailles, à moins qu’on ne donne à ces bourreaux les choses qu’ils demandent. »

« Ce ne sont point des choses, inventées, Vostre Majesté en est assez de fois advertie, tout le monde en est scandalisé, les estrangers nos voisins en sont estonnez, le Ciel et la terre en ont horreur, et tous ensemble crient vengeance à Dieu contre Votre Majesté, qui le sçait, qui le souffre et n’y met aucun remède. »

« Les feux dévorent tout ce qui se trouve de la campagne : les maisons des pauvres une fois réduites en cendres, ils sont contraints de les abandonner pour sauver leur vie et celle de leurs femmes et leurs pauvres enfans, forcés d’aller aux villes demander du pain pour leur subsistance... 33 »

Qu’ajouter à de pareilles visions de nature à toucher les cœurs d’une immense compassion, et cela à plus de 250 ans de distance ?

34. Cet évêque d’Alez ( Alet ) doit être Nicolas Pavillon, Janséniste mort en 1677, à l’âge de 80 ans.

35. L’évêque d’Alez s’étend ensuite (p. 8) surla ruine des Églises, les sacrilèges sans nombre commis parles armées des deux partis.

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