Faillon, Vie de M. Olier, op. cit., t. II, p
LES SECOURS EXTRAOKDINAIRES 43 i
immense et rappelle les miracles accomplis lors clés désastres de la Lorraine de 1636 à 1645 44 . »
L’œuvre de Saint Vincent de Paul 45.
C’est donc en 1650, qu’à la suite de voyages à travers la France Monsieur Vincent vient se jeter dans la mêlée.
Il fait partir deux de ses Missionnaires pour Guise, avec un cheval chargé de provisions, et environ cinq cents livres en argent. « Ces deux prêtres comprennent du premier coup d’œil, que la modicité du secours n’a aucun rapport avec l’étendue du mal. Ils trouvent le long des haies, et dans les grands chemins, un tel nombre de malheureux, dont les uns sont accablés de langueur, les autres n’attendant plus que le coup de la mort, que leurs provisions sont consumées dans un instant. Ils courent aux villes voisines pour en acheter d’autres : mais quelle surprise pour eux de voir ces mêmes Villes dans un état aussi déplorable que les campagnes. On y manque de tout : la disette, la pauvreté, la faim et les humilians besoins y régnent presque universellement. »
Ils écrivent alors à Monsieur Vincent pour lui peindre la triste situation ; les blés, lui disent-ils, sont moissonnés par les Armées ; les peuples se trouvent dépouillés « jusqu’à rester nuds » ; la plus grande partie des gens de la campagne quittent leurs maisons où ils meurent de faim, et ne trouvent aucun soulagement dans les villes, elles-mêmes ruinées.
Les Dames charitables, que dirige le saint, émues de telles
44. « Des hommes qui, de 1636 à 1645, avaient bravé la guerre, la famine et la peste, dont cette province fut presque toute couverte comme d’un déluge qui semblait la devoir abîmer. Un seul de ces courageux héros de la charité, le frère Mathieu Renard, avait fait durant ces neuf années, au milieu des plus grands périls, cinquante-trois fois le voyage de Paris en Lorraine pour porter de l’argent et des secours. Cette expérience des calamités donna aux prêtres de la Mission une supériorité qui fut bientôt hautement reconnue par tous les autres ordres religieux... » (Feillet, op. cit., p. 244-245).
45. Conférer indépendamment de Feillet les ouvrages si souvent cités : d’Abelly, de Collet, de l'abbé Maynard, t. IV et le Recueil de la Bibliothèque de la ville ; ce recueil factice renferme 27 documents distincts.