‹ Histoire de la charité (volume 3)Chapitre 116 sur 149 · Collet, op. cit., I, p · texte numérisé non relu

Collet, op. cit., I, p

LES SECOURS EXTRAORDINAIRES

zèle ne se ralentit pas un instant. Des protections spéciales, accordées par le Pouvoir Royal, permettent aux Missionnaires de remplir avec encore plus d'efficacité leur tâche journalière49.

« Au fonds, écrit Collet (I, p. 490), ni les Picards, ni les Champenois ne peuvent trop faire pour leurs Bienfaiteurs. Vincent en moins d’une année leur fait tenir plus de soixante mille écus. Il est vrai que la dépense diminue dans la suite à proportion de la diminution du mal ; mais elle reste toujours très considérable en elle-même ; et sa totalité à la conclusion de la paix doit aller à plus d’un million, y compris les frais qu’il faut faire en linge, en habits, en Ornemens d’Eglise, en semences et en instrumens pour cultiver la terre... »

Il y a malheureusement d’autres Provinces « presqu’aussi désolées que la Picardie et la Champagne. » Des soldats irlandais chassés d’Angleterre se trouvent également dans une affreuse détresse. La charité du saint est assurée à tous. Il s’occupe aussi des infortunées populations de l’Ile de France, car la faim, la maladie, la ruine accompagnent la marche des armées Royales ou Parlementaires.

La Maison de Saint-Lazare devient presque déserte ; « au moins n’y reste-t-il pendant un tems que quelques vieillards ou infirmes, qui ne pouvant plus agir, se contentent de lever les mains vers le Ciel, pendant que leurs Frères combattent dans la plaine. » (Collet., op. cit ., p. 495.)

Les aumônes que distribue le saint sont donc immenses et encore parvient-il souvent à les cacher aux yeux de tous. Sa pensée constante est de laisser ignorer les miracles de dévouement accomplis par lui et les siens pendant dix ans de 1650 à

49. Feillet (op. cit., p. 246-247) publie une ordonnance du 14 février 1651 par laquelle Sa Majesté « défend à tous gens de guerre de prendre aucune chose aux prêtres de la Mission et aux personnes employées avec eux ou par eux, à peine de la vie, les prenant en sa protection et sauvegarde spéciale... » L’auteur fait suivre la reproduction de ce document des réflexions suivantes : « Qu’on en pèse toutes les paroles : l’aveu du mal au début de l’ordonnance, la barbarie des soldats poussée à ce point qu’ils ne respectent pas même ceux qui viennent porter secours à eux et à leurs victimes ; la recommandation expresse et en termes solennels faite à toutes les autorités, de quelque ordre, de quelque nation qu’elles soient, de venir en aide à ces hommes généreux qui portent avec eux le dernier espoir de salut des provinces désolées, rien n’y manque. . . »

Saluons donc respectueusement les Missionnaires dont les noms, échappés à un oubli volontaire, parviennent jusqu’à nous. Deschamps, qui ensevelit les morts à Rethel ; Donat Cruoly « que l’on voit passer les rivières, marcher nu-pieds, faire des courses perpétuelles au milieu des troupes, étonnant amis et ennemis par son intrépidité. » René Aimeras ; Soudier, le frère Jean Parre et d’autres. Ces âmes d’élite laissent un sillon lumineux dans l’histoire de la Charité à cette époque.

Quant à Monsieur Vincent, comme le dit Alphonse Feillet ( op . cit.y p. 205 et 249), il mérite les titres de : Ministre de la Charité Nationale ; Grand aumônier de France ; Père de la Patrie.

Son œuvre admirable vient continuer et compléter les sacrifices qu’accomplissentles Jansénistes à la suite de M. de Bernieres, et les Membres si zélés de la Compagnie du Saint-Sacrement.

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