A. Buffini, Milano , op. cit., p. 50. Grescenzio, p
7. Moynier, op. cit., p. 6 à 9, Ghaponnière, Établissements de Genève, op. cit., p. 356.
LES ENFANTS TROUVÉS, -r- PREMIÈRE SECTION
leur existence. Plus tard cet établissement est annexé à l’orphelinat que crée Marie-Thérèse ( 1774) .
Joseph II, lors de ses projets de réforme, partage les nécessiteux en trois grandes catégories : 1° Les enfants abandonnés ; 2° Les malades sans ressources ; 3° Les hommes tout à fait incapables de subvenir à leurs besoins. Le plan qu’il trace comprend un asile affecté aux trouvés, renfermant également une Maternité. Les jeunes pupilles doivent, aussitôt leur naissance, être confiés à la campagne à des personnes suffisamment rétribuées (1784) 8.
Un Lazariste, François-Gabriel Baudouin, réussit, au moyen de cotisations particulières, à fonder un asile affecté aux abandonnés. Cet établissement de Varsovie abrite, en 1736, 45 enfants; le nombre des administrés s’accroît rapidement 9.
En 1682 le Gzar Féodor Alexéiévitch fait publier un édit sur la nécessité d’assister les délaissés, de leur fournir une instruction libérale et professionnelle. La mort du Gzar, l’année même de la publication de cet édit, empêche d’y donner suite. A cette époque les orphelins et les enfants pauvres se trouvent recueillis par les monastères et les personnes charitables 10.
C’est à Novgorod, près du monastère de Ghamovo-Ouspensk, qu’est fondé, en 1705, par le métropolite Job, le premier asile affecté aux enfants trouvés. Pierre le Grand (1715) enjoint d’en ouvrir d’autres près des Eglises ; mais il faut arriver à l’année 1763 pour voir réaliser cette pensée. Un philanthrope, nommé Betzky, ému du grand nombre d’enfants que des mères, devenues
8. D. H. Richter, op. cit ., II, p. 24-25. Léon Lallemand, Hist. des Enfants abandonnés, op. cit., p. 486. Les souverains d’Autriche ne se désintéressent jamais, du reste, du sort des délaissés. La Réforme de la Police pour les cinq pays du sud (1552) s’occupe de ces infortunés. En 1669, Léopold Ier désigne les membres du Gouvernement comme soutien des orphelins. A un point de vue plus général Marie-Thérèse, 12 avril 1753 ( Codex Aüstriacus , 57), veille avec le plus grand soin à ce que les pupilles soient élevés convenablement, attendu que c’est seulement lorsque les enfants ont été surveillés et bien dirigés dès leur jeune âge, en vue de l’existence qu’ils doivent mener, qu’ils deviennent de bons et utiles citoyens.
9. On compte dans cette Maison en 1771 : 423 enfants et 315 malades. La fondation du pieux missionnaire existe encore aujourd’hui sous le nom à' Hôpital de 1 Enfant-Jésus (Notes fournies par M. de Moldenhawer, de Varsovie).
10. L' Assistance pub. et privée en Russie , IIe partie, § 2, p. 25. Hospices des Enfants Trouvés, par A. Sélivanof.
barbares par l’excès de la misère et les tourments de la honte, abandonnent à la merci du sort, si même elles ne les privent pas de la vie, réussit à intéresser, en leur faveur, l’impératrice Catherine II.
Les offrandes se multiplient et la première pierre d’un immense édifice est posée à Moscou le 21 avril 1764. L’asile de Saint- Pétersbourg’ remonte à l’année 1770. Prévenir l’infanticide, créer un tiers état, tel est le double but que doivent atteindre ces deux Maisons d éducation 11 .
Gustave-Adolphe et sa fille Christine organisent, au xvne siècle, un refuge destiné aux orphelins et aux enfants délaissés. Jusqu’en 1735, on n’y admet que des pupilles âgés d’au moins six ans. Dix-huit années plus tard (1753), l’ordre des francs-maçons , en l’honneur de la naissance de la Princesse Sophie, ouvre une seconde Maison soutenue à l’origine par les générosités de la reine et de riches particuliers 12.
Vers la même époque il est institué à Copenhague un hospice d’enfants trouvés, sous le ministère de Struensée ; cet asile ne survit point à la chute de cet homme d’Etat, mis à mort en 1772. Vers la fin du xvme siècle « la grande loge des francsmaçons de Berlin prend, dans une requête au roi, l’engagement solennel de fonder dans cette ville un hospice d’enfants trouvés, tant à ses propres frais qu’au moyen d’une collecte ordonnée dans les loges étrangères » (Krunitz, op. cit. , p. 19 et 20).
Dans la première partie de ce siècle, des marchands anglais prennent de leur côté la résolution d’organiser un établissement destiné à abriter les nouveau-nés. L’un des principaux zélateurs de cette œuvre, Thomson Coram (mort à 84 ans en 1751), consacre sa vie et ses ressources personnelles à cette entreprise généreuse.
11. Betzkv, op. cit. ; de Gourofï, Rech. sur les enf. trouvés , t. Ier (seul paru), in-8, 1839, p. 179.
12. De Krunitz, Considérations sur les Étab. d'humanité en général... p. 19. Étab. d'hum ., n° 18 (xv). Les codes suédois de 1734 punissent l’abandon des enfants : « Si cet enfant ainsi délaissé subit une lésion corporelle grave, la peine sera celle des travaux forcés pendant deux ans au plus. Si la mort s’en est suivie, le coupable sera puni de six mois à quatre ans de travaux forcés », chap. xiv, § 32. (Traduction de Raoul de la Grasserie, in-8, 1895, p. 159.)
Un Act du 17 octobre 1739 sanctionne l’institution et, en 1741, le premier délaissé est admis au Foundling Hospital of London , for the maintenance and éducation of exposed and deserted young children 13.
Le Gouvernement anglais établit à Dublin (1702-1704) une maison à la fois Workhouse et Foundling Hospital. Le but de cette institution est de prévenir l’exposition des enfants et de les élever dans la religion anglicane, en conséquence, de favoriser l’extension du culte officiel dans la Catholique Irlande. « And secondly to educate and rear children taken charge of by the Institution in the Reformed or Protestant Faith, and thereby to strengthen and promote the Protestant Interest in [Ireland » (Dudley Wodsworth, op. cit., p. 2).
Une loi espagnole, non mentionnée il est vrai dans la Recopilacion , punit de la peine capitale l’exposition entraînant la mort du nouveau-né (Thomas de Montalvo, op. cit cap. xm, p. 148).
A Lisbonne nous trouvons le tour servant de moyen d’admission. « Au dehors de l’hôpital de la Miséricorde, écrit Howard [Etat des prisons, op. cit., 1788, t. II, p. 34), est un berceau qui tourne sur un axe pour faire entrer dans la maison le petit être qu’on y dépose, lorsque avis en a été donné par un coup de cloche. »
Disposition analogue prise à Malte. « Sur le mur de la salle des Enfants-trouvés, dit le même auteur14, au-dessus des armes des Chevaliers, qui consistent dans une croix, est une couronne de marbre sous laquelle on lit cette inscription : Infantium incolumitati. Il existe un tour ou tambour en bois qui tourne sur un axe et dont les chevilles, placées à son périmettre, font sonner une cloche pour avertir qu’il vient d’être apporté des enfans à l’hôpital. »
En Italie ce mode d’admission est pour ainsi dire universel à l’époque qui nous occupe ; le tour remplace le berceau placé originairement sous le porche des maisons hospitalières 15.