John Brownlow, op. cit., p
14. Hist. des principaux lazarets d'Europe, t. Ier, p. 174. Établ. d'humanité, n° VI.
15. « Non si hanno infatti notizie positive sull’ epoca délia loro origine (le ruote)
Nous trouvons l’indication formelle de tours à : Brescia, Pavie, Naples, Milan, etc. Dans cette dernière ville le tour est supprimé par Joseph II (1784).
Howard, parlant de l’hôpital des Enfants trouvés de Dublin, fait remarquer que ces établissements ne peuvent espérer prévenir le meurtre des nouveau-nés, « qu’autant que les mères jouissent de la faculté de se délivrer de ce gage de leur déshonneur sans être appercues » ( op . cit ., p. 236); aussi existe-t-il dans cette maison un tour appelé à fonctionner le jour et la nuit 16.
A Londres les enfants au-dessous de deux mois sont à l’origine admis sans difficulté, mais les entrées atteignent alors un chiffre si élevé, près de 6.000, que revenant sur ses dispositions premières, le Parlement supprime les allocations gouvernementales et établit, en 1760, que l’on ne doit plus recevoir de pupilles qu’au fur et à mesure des vacances. Dans le cours de ce siècle on recourt même au sort pour déterminer les enfants qui peuvent être recueillis 17 !
A Moscou les entrées s’effectuent à bureau ouvert ; on ne fait aucune question aux porteurs ; on ne s’informe « ni de qui ils les tiennent ni où ils les ont pris, ni de rien autre chose qui puisse tendre à détruire ou même à affaiblir la confiance 18 .»
tranne rispetto ail’ ospizio di Milano, atteso il rinvenimento fatto teste dall’ onorevole Casati delle seguente ordinanza del 1594, merce le quale i suoi diputati speciali : ordinaverunt quod fiat in hospitali S. Celsi in parieti respicienti versus ecclesiam S. Mariæ apud Celsum pro recipiendis infantibus expositis noctis tempore, ne aliquando per aliquem casum fortuitum pereant » (Andreucci, Delle ruote . .., op. cit., p. 20.)
« Nei registri del pio luogo di Brescia dal primo giugno fino al 23 febbraio 1636 leggesi alla partita di molti esposti : « Irovato in cuna, in culla , o cunetta » e da quest’epoca sino ai giorni nostri vedesi sostituito il nome ruda , poi roda e finalmente ruota » (Buffini, Brescia , op. cit., p. 8).
16. The cradle , 1730, when the building came to be used exclusively as a foundling hospital, « a cradle, or turning whell » for taking in the infants, and a bell were providedat the gâte, for use by day ornight 5lh october 1730. From tliis date the réception of foundlings at the gâte may be said to hâve been in full swing, and this cradle was but too often only the preliminary coffin of thousands of wretched little beings, who were consigned to its cold clasp » (Dudley Wodworth, op. cit., p. 11).
17. Voir John Brownlow, op. cit., p. 38,39. De Gérando, De la bienfaisance , op. rit., t. II, p. 197. Léon Lallemand, Hist. des Enf. abandonnés , op. cit., p. 571. Les mères rangées dans une salle tirent des boules blanches ou des boules noires et rouges. Celles qui ne tirent pas de boules blanches sortent aussitôt.
18. « Dans la crainte qu’un trop grand éloignement ne formât quelque obstacle à la bonne volonté de ceux qui rencontrent de ces enfants, nous annonçons qu’on
Le Landrecht général prussien de 1794 (2P tome, titre II, art. 2753 et suivants) porte que « quiconque reçoit un enfant délaissé par ses parents et se charge de son éducation, acquiert vis-à-vis de lui tous les droits des parents » . Les commentateurs ajoutent « qu’en cette matière, sur laquelle il n’y a pas de loi positive, l’intention du législateur est d’exciter par ces concessions des personnes bienveillantes à prendre soin d’enfants illégitimes afin d’en faire des citoyens utiles à l’Etat ».
Les contemporains nous font d’ailleurs des peintures épouvantables des orphelinats allemands du xvme siècle ; nombre de ces établissements se transforment en maisons de correction mal tenues (Léon Lallemand, H ist. des Enfants aband ., op. cit ., p. 520-521).
Pour arrêter les abandons, le pape Jules II, à l’imitation d’Alexandre VI, frappe de peines spirituelles les parents exposant leurs rejetons, alors qu’ils ont les moyens de les nourrir (Buffîni, Brescia..., op. cit., p. 9).
Le chiffre des admissions varie naturellement selon l’importance des asiles, les vicissitudes des temps : guerres, famines, pestes. Au xvie siècle à Florence, on croit devoir accepter les enfants légitimes de parents pauvres, aussitôt la population de l’hospice s’élève à 1400 administrés 19.
La situation sociale faite aux enfants trouvés leur est particulièrement favorable dans certains Etats. Ainsi les lois espagnoles, adoptant l’hypothèse la plus avantageuse, présument que ceux d’entre ces enfants dont les parents restent inconnus sont légitimes et capables d’occuper tous les emplois civils, sans que personne soit fondé à leur reprocher leur origine 20.
peut les déposer au premier hôpital, au premier monastère, qui se trouveront à portée... » (Betzky, op. cit., p. 50-51).
19. Dans son ouvrage si intéressant : Rayionamenti iniorno alla casa dei trovatelli in Brescia, Andrea Buffini nous donne le tableau des admissions à dater de 1537 ; pour cette année le chiffre est de 360, il monte à 412 en 1548 — 609 en 1566 — 660 en 1570 — 903 en 1629. Puis il s’abaisse â 250 en 1644 — 338 et 363 en 1787 et 1798 {op. cit., p. 65).
20. Charles IV, en 1794, confirme cette disposition : « Que todos los expôsitos de ambos sexos, existentes y futuros, asi los que hayan sido expuestos en las inclusas 6 casas de Caridad, como los que lo hayan sido 6 fueren en qualquiera otro parage, y no tengan padres conocidos, sean tenidos por legitimados por mi
Par une bulle de l’année 1591 que cite Thomas de Montalvo (■ op . cit ., p. 244) le pape Grégoire XIV déclare que les enfants déposés au Saint-Esprit de Rome doivent être tenus pour légitimes et accessibles à toutes les fonctions.
A Naples ces frêles créatures, en vertu d’une ingénieuse fiction, sont considérées comme recevant la naissance au moment même de l’abandon et deviennent alors enfants légitimes. La médaille suspendue à leur cou portant l’image de la sainte Vierge, la voix populaire leur confère le titre de fils et de filles de la Madone. Nombre de familles ont la pieuse coutume d’adopter ces exposés et de les élever gratuitement21.
Les pupilles des maisons de Russie sont déclarés libres et ils transmettent cette liberté à leur postérité. Aucun particulier de quelque qualité et condition qu’il soit ne peut, sous aucun prétexte, porter atteinte à ce droit.
L’intention du Gouvernement Impérial est de faire de ces élèves des hommes libres qui, par leurs lumières et leur industrie, puissent contribuer au développement de la prospérité générale 22 . Il leur est défendu de se marier avec des personnes réduites en servitude.
Les pupilles une fois admis, les règlements de tous les pays
Real autoridad, y por legitimos para todos los efectos civiles » (Nov. Recop ., lib. VII, tit. XXXVII, ley iv, p. 1497). F. Thomas de Montalvo, op. cit., cap. xxii, De lu legitimidad que se présumé en los Expositos, p. 241-253.
21. « Quando si déterminé questo concetto, si tenne a justificarlo, che la Ruotk imprimendo al bambino un carattere novello, la legittimava figlio dell1 Annunziata... (Grescenzio, op. cit., p. 330). Lorsque les enfants exposés possèdent les dispositions requises, ils peuvent entrer dans les Ordres sacrés. Une bulle du pape Nicolas IV n’exigeant comme pièce à fournir que l’extrait du registre des entrées de l’établissement.
A la S. S. Annunciata di Napoli les enfants, pour jouir des avantages qui leur sont concédés, doivent passer forcément par le tour. « Ordiniamo, che non si possano ricevere gli Espositi, se non sono passati per la Ruota, perche altrimenti non debbono essere conosciuti per figliuoli, o figliuole délia Real nostra Santa Casa... » ( Regole ed istruzioni delta Real santa Casa... In-folio. In Napoli, 1739, p. 59).
22. Betzky, op. cit., p. 70-71. Remarque curieuse à faire : à Vienne (Autriche), aucun enfant n’est reçu sans que l’on paye pour lui une contribution. Tous ceux au-dessous d’un an doivent fournir 24 florins pour leur entrée. Si les parents sont pauvres et s’ils peuvent produire un certificat du ministre de la paroisse, on n’exige que 12 florins ; cette dépense incombe à la paroisse s’ils sont orphelins ou exposés dans la rue (Howard, Iiist. des Lazarets, op. cit., t. I, p. 200).
se préoccupent des soins matériels à leur donner 23 ; on lave le nouveau-né ; des vêtements appropriés à son âge sont fournis ; viennent ensuite l’inscription sur les registres matricules ; l’apposition d’une marque distinctive, etc.
La prévoyance des administrateurs fournit aux nourrissons ainsi délaissés des nourrices sédentaires dont la fonction est de les allaiter. La proportion de ces femmes s’élève en général à une pour deux ou trois enfants 24.
Ces nourrices doivent être de bonne santé, de mœurs irréprochables ; les médecins examinent leur lait, ils exigent qu’il soit abondant et d’excellente qualité. Les lois espagnoles multiplient les recommandations à ce sujet, défense de choisir pour cette fonction maternelle des esclaves, des moresques, des juives, des négresses (F. Thomas de Montalvo, op. cit ., 2a part, cap. IV,
« Que les mœurs des nourrices, dit le règlement de Moscou, soient aussi pures que leur lait » (Betzky, op.cit p. 49).
Dans les pays catholiques les abandonnés continuent à être baptisés, du moins sous condition 25.
En dépit des mesures prises parles administrateurs, le séjour à l’hospice est toujours fatal aux abandonnés et la mortalité
23. Acta et décréta sacrorum Gonciliorum recentiorum Collectif) Lacensis. Friburgi Brisgoviae, 1870. Constitutiones Concilii prov., Avenionensis , a. 1725, p. 568. Titulus XLII. De Hospitalibus et aliis locis piis. Gap. iv. Infantes ut a bonis lactentur nutricibus, justo ne parcatur sumptui.
« 1. Itaque, ubi Infantium ex incertis parentibus procreatorum cura vel ex Fundatione vel de consuetudine ipsis commissa erit, Parentum se loco esse sciant bonis que eos nutricibus justa mercede conductis lactandos tradant : siquæ tamen forte sint in ipso Pauperum Hospitio, quæ lactare queant, caeteris ipsæ posthabitis adhibeantur, at minus parce minusque simpliciter, quam Pauperum Communitas solet, cibandæ sunt... »
24. Vienne, Howard, Lazarets... op. cit., t. I, p. 199-200. Milan. « Delle quali ciascuna porgera le poppe a due o tre bambini » (Buffini, op. cit., part. 1% art. xii, p. 109). « No. es facil determinar â punto fixo el numéro de nutrices que debe tener una Inclusa, por ser incierto el de los expôsitos ; pero desde luego es suficiente el cômputo bien ordenado de una para dos ; porque si es buena la nutriz, y no carece por otra parte del alimento regular, puede lactar muy bien dos ninos sin perjuicio de una ni otra parte... » (Don Santiago Garcia, Breve instruccion... op. cit., p. 47).
25. « Los administradores de los Hospitales de Expositos (écrit F. de Montalvo, op. cit., 2a part., câp. v, § 3, 469-473) son tutores de estos infantes, y como taies deben atender al bien espiritual de sus pupilos, y procurar se bautizen sin dilacion, y pecan gravemente si no lo hazen.»
demeure excessive. C’est même un des arguments dont les adversaires de ces maisons aiment à se servir.
On se hâte donc, autant que possible, de confier ces enfants à des femmes de la campagne, en évitant 'de leur faire effectuer des trajets trop longs 26.
Cette disposition procure souvent un abaissement immédiat de la mortalité infantile27.
Au bout d’un ou deux ans ces pupilles sont trop fréquemment ramenés dans les hospices, puis placés plus tard chez des patrons pour apprendre un métier approprié à leur condition ; on cherche aussi parfois à en faire des marins28. Des dots provenant de fondations favorisent les mariages des pauvres délaissés.
Nous venons de dire que la maison de Dublin se fonde en vue de poursuivre l’extinction du catholicisme en Irlande. Le but est manqué, mais la tolérance protestante apparaît ici dans toute sa beauté.
26. Ces femmes de la campagne doivent être également choisies avec soin : « Se ha de poner todo cuidado en que las amas, que han de criar y lactar en sus casas los expôsitos sean de buena salud y de honestas costumbres... (Nov. Recop., lib. VII, tit. XXXVII, ley v, § 1-12, 1796, p. 1497-1498). Conférer l'Act de Georges III (7 Georges III, cap. 39, 1767) en vertu duquel tous les enfants nés dans les Maisons de travail de Londres, ou qui y sont apportés peu après leur naissance, doivent être envoyés en nourrice à trois milles au moins de la capitale, y être gardés jusqu A l’âge de six ans. Salaire libéral accordé aux nourrices ; une récompense de 10 schel. pour celles qui représentent à la fin de la première année leur nourrisson en bon état (Nicholls, op. cit., II, p. 67.)
Voir aussi : M. D. S. D. L. ; Londres ei ses environs, 2 vol. in-8. Paris, 1788, t. I, p. 242.
27. « Buta short expérience sufficed to show that to attemp to bringup these infants in London was to invite an excessive mortality. There was no lack of care bestowed on them, but the quarters were confined. I suspect that it is to this fact rather than to the impurity of the surrounding air that the death of 75 per cent, of the children within a year is to be attributed. It was resolved to put them out to nurse in the country, and when this was done about 65 per cent, of them survived » (Kirkman Gray, op. cit., p. 160).
28. Une loi espagnole défend de faire apprendre à ces enfants les arts libéraux qui ne leur permettraient pas plus tard de gagner leur vie. « Mandamos, que no pueda haber estudios de Gramàtica en los hospitales donde se crian ninos expositos y desamparados ; y que los administradores tengan cuidado de aplicarlos â otras artes, y particularmente al exercicio de la marineria, en que serân muy utiles por la falta que hay en este Reyno de pilotos » (Nov. Recop., lib. VII, tit. XXXVII, ley. i, 1623, p'. 1496).
Les enfants trouvés apprenaient un métier dans « les écoles d’enfants perdus » comme celles d’Amsterdam où on leur enseignait à être teinturiers et à préparer « des os de morses ou des dents d’éléphants pour faire des peignes » (Forneron, Hist. de Philippe II, 4 vol. in-8, t. II, chap. vm, § 5).
Il est difficile de trouver des nourrices appartenant à la religion officielle, les délaissés confiés forcément à des familles catholiques se refusent, de retour à l’établissement, à suivre les préceptes de l’anglicanisme. Les administrateurs recourent aux menaces, aux châtiments, aux cachots. Ces gardiens n’hésitent point, le vendredi, à faire prendre de force du bouillon à leurs jeunes victimes 29. Afin de vaincre ces résistances, un Act de Georges II (9 Georg. II, cap. 25, 1736) autorise les Directeurs des hôpitaux de Dublin et de Cork à échanger leurs administrés et cela au détriment de ces enfants auxquels on impose des voyages d’une soixantaine de lieues effectués dans de misérables chariots. Cette loi sectaire dure peu30.
Ainsi qu’il est facile de le constater, les règlements du xvie au xixe siècle ne sont pour ainsi dire que la continuation des mesures adoptées, à l’égard des enfants trouvés et abandonnés, aux âges précédents.
11 convient de signaler, cependant, la tendance de plus en plus marquée à remettre ces nourrissons à des cultivateurs qui les conservent auprès d’eux et les transforment en habitants des champs. Passerini dit excellemment à ce sujet ( op . cit ., p. 716): « La principale des réformes adoptées au milieu du xvme siècle, est l’invitation expresse aux recteurs de Florence de confier tous les exposés à des nourrices de campagne afin de les former, dès leur jeune âge, au noble art de l’agriculture, les donnant à des familles honnêtes, et cessant ainsi de les faire allaiter, élever et instruire dans la maison hospitalière. Le développement physique des pupilles est rapide grâce à la vie au grand air ; le caractère naturelle-
29. « An eye-witness has described what often took place in the Foundling Hospital on Fridays and fast days with the children who came in from their Roman Gatholic Nurses. They would not use the broth prepared with méat as it was, and it used to be poured down their throats against their will... (Dudley Wodsworth, op. cit., p. 5).
30. « The 9th George II, cap. 25, enach that in order to prevent the improper interférence of the parents of the children, many of whom were said to strive to hinder their children from being broughl up Protestants, the Governors of Cork and Dublin Foundling Hospitals should be empowered to exchange the Children maintained therein. .. Itis needless to lift the veil from the picture of hardship and suffering wich the little ones must hâve endured in transit on clunisy carts the 170 miles from Dublin to Cork and viceversa... (Dudley Wodsworth, op. cit. p. 41).
ment bon de nos campagnards permet de se procurer des nourrices parfaites et des familles où les Trouvés, devenus adultes, sont formés selon les préceptes de la plus saine morale et rompus aux habitudes du labourage et à la fatigue.
« Ce fait que dans les villages on rencontre de nombreux prêtres zélés, capables de se prêter avec la plus grande charité à l'instruction religieuse de ces infortunés, et enfin l’espérance que les produits du vice et de la misère, au lieu de croître comme auparavant pour le malheur de la société et d'eux-mêmes, deviendront, une fois habitués à la vertu et aux pratiques du travail agricole, propres à accroître la prospérité du pays : telles sont les considérations qui motivent cette sage décision des réformateurs du service de l’enfance abandonnée. »
Ce tableau des heureux résultats ainsi obtenus en Italie est très vrai et on peut le généraliser .