LES ENFANTS TROUVÉS
SECONDE SECTION
Mais de ces pages écrites sous l’impression du moment, par les administrateurs, les membres des corps municipaux, les conventionnels en mission, il se dégage une vérité qu’il est bon de retenir. On voit nombre de ces paysannes, de ces nourrices privées de .salaire durant de longs mois, ou recevant des sommes dérisoires, sans ressources personnelles, sans pain quelquefois, trouver dans leur cœur la force de conserver des petits êtres qui leur sont confiés.
Elles réclament leur dû avec violence ; assiègent les administrations publiques ; se déclarent prêtes à délaisser ces nourrissons sans mères ; puis, sur le point de réaliser la menace, elles jettent un regard sur les pauvres abandonnés, nourris de leur lait, et alors, reprenant la route de la chaumière, chargées du précieux fardeau, on les voit, nous le répétons, préférer accroître la misère du logis plutôt que de se résoudre à un abandon cruel.
Ces dévouements obscurs, ces sacrifices ignorés, sont accomplis sur notre noble terre de France ; ils font oublier bien des crimes, des défaillances et constituent un honneur pour le pays. En sauvant ainsi des milliers d’enfants dans les conjonctures les plus difficiles, ces humbles femmes de nos campagnes méritent bien de Dieu et de la Patrie.