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QUELQUES MOTS SUR LA MAISON DE LA COUCHE, A PARIS

A Paris, aux xve et xvie siècles, les Doyens et Chanoines de Notre-Dame s’occupent, plus ou moins directement, des Enfants Trouvés. L’Arrêt du Parlement, en date du H août 1552, obligeant les Seigneurs Justiciers de la ville et faubourgs à contribuer à leur entretien, décide que, pour la régularité des opérations, « les deniers adjugez pour la dite nourriture, et autres qui seroient aumosnez ausdicts enfans seroient mis ès mains des Maistres et Gouverneurs de l’Hostel-Dieu de la Trinité, à charge de commettre une femme pour recevoir les exposés. »

Ces dispositions du Parlement, déjà fort tardives, en comparaison de ce qui se passe dans certaines provinces, tombent en désuétude au milieu des guerres de religion. L’état de la Maison du port Saint-Landry, près de la rue d’Enfer en la Cité, où l’on recueille les délaissés, ne tarde pas à devenir des plus précaires.

Un pareil abandon émeut Pâme compatissante de Monsieur Vincent ; par ses soins, un immeuble est loué à la Porte Saint-

1. Cette troisième partie n’est pour ainsi dire que le résumé du Livre III, chapitres ii à v de notre Histoire des Enfants abandonnés . Ces chapitres ont été composés à l’aide de documents inédits tirés des Archives de l’Admin. de l’Assistance publique ; nous ne pouvons que renvoyer à cet ouvrage pour les détails et les citations.

102 HISTOIRE DE LA CHARITÉ. — LIVRE PREMIER. — CHAPITRE Vil

Victor, en 1638, Mlle Legras en prend la direction. Louis XIII et Louis XIV accordent d’importants subsides ; les Dames de charité, un moment effrayées des charges qu’impose cette fondation, reprennent courage et montrent un zèle admirable. Quelques années plus tard, 1670, l’œuvre fait partie de ce vaste rouage créé en 1656, et qui a nom : Y hôpital général. L’établissement conserve néanmoins une vie propre et se trouve géré par le Premier Président, le Procureur général du Parlement et quatre Directeurs « du dit hôpital général, nommés au Bureau d’icelui ».

Cet édit de juin 1670 continue à régir les maisons des Enfants- Trouvés jusqu’en 1791. Après entënte avec le supérieur des Lazaristes, il est décidé que la nomination des sœurs directrices des maisons de la Couche et du faubourg Saint-Antoine se fait au choix de l’administration.

Les ressources de ces asiles proviennent de sources diverses : subventions royales ; concessions de droits d’octroi et de loteries ; dons, legs, quêtes et produits de propriétés foncières; réunions d’œuvres déjà existantes. Les œuvres ainsi réunies sont, par ordre de date : la Confrérie de la Passion (1676) ; l'hôpital des Enfants- Dieu, dit aussi Enfants-rouges (1680); les biens de l’hôpital Saint- Jacques-aux-Pèlerins (1781).

Au nombre des principaux bienfaiteurs, il faut citer Mme d’Aligre.

Les ressources font parfois défaut en raison des charges ; dès l’origine « il y a huit cens enfans en nourrice, à chacun desquels il faut donner demie pistole par mois, et un pacquet de linges et langes nécessaires, lesquels, quoy que pauvres, ne laissent pas de revenir à dix livres pour chaque enfant, qui font par an plus de trente-huit milles livres.

« Outre ceux-là, il y en a environ deux cents qui sont sévrez et élevez sous la conduitte des Filles de la Charité, dans une maison de loüage aux fauxbourg Saint-Lazare, toute la despence pour ‘leur entretien et nourriture, avec la maison de loüage, monte a plus de douze milles livres.

« Depuis quelques mois, ils n’ont vescu que d’emprunts, de sorte qu’il est deû neuf milles livres, sans ce qui est encore dû aux nourrices de la campagne. Il est à craindre qu’elles ne les

ra pporte, si l’on ne les paye, personne ne leur voulant plus rien prester 2. »

En 1746, les Administrateurs font appel à la charité publique, pour permettre l’acquisition de trois vieilles maisons, appartenant à l’Hôtel-Dieu et qui, une fois reconstruites, permettront d’assurer aux enfants l’air et l’espace nécessaires 3.

Les enfants abandonnés se trouvent recueillis, au xvie siècle, par les Commissaires du Châtelet, et, à leur défaut, par la femme chargée de la maison de Port-Saint-Landry.

Une fois prévenu de l’exposition d'un enfant, le Commissaire doit se transporter de sa personne à l’endroit désigné et procéder à la levée du pauvre délaissé.

Quelquefois on trouve sur les langes du petit être un billet destiné à faciliter sa reconnaissance ultérieure. Habituellement, les expositions ont lieu en des endroits fréquentés, à la porte des ■églises, des hôtels, des couvents.

Le 16 novembre 1717, un Commissaire du Châtelet « lève un garçon nouvellement né, trouvé exposé et abandonné dans une boëtte de sapin, exposé dans le parvis Notre-Dame, sur les marches de l’église de Saint- Jean-le-Rond » lequel est porté « à la Couche des enfans trouvez pour y estre nouri et allaité en la manière accoutumée. »

Ce jeune garçon, envoyé en nourrice quelques jours après, est retiré le 1er janvier 1718 ; il porte plus tard le nom d eD'Alem- Jbert.

2. Estât présent de l'Hospital des Enfans trouvez, 1670, in-4, 4 pages. A la fin :

Les personnes charitables sont priées de ne donner leurs aumosnes qu’aux Dames

qu’ils connoistront, à cause qu’il y en a qui y vont à fausses enseignes. Permis d’imprimer. Fait le vingt quatriesme de Février 1670. Signé: De Lareynie. (Collections de l’auteur).

3. « L’emprunt est une ressource, mais en même tems il est une charge ; cependant il faut ou laisser périr les enfans, ou leur procurer de l’air et du logement ; ■et on ne peut le faire sans une grande dépense... Les Administrateurs de l’hôpital des Enfans-trouvés sentent ces difficultés ; mais ils se flattent de n ôtre point traités de téméraires en les surmontant, ils sont trop accoutumés aux secours que la Providence leur envoyé, et ils seroient des ingrats de s’en méfier... Ils ont ■éprouvé dans toutes les occasions les effets de la charité du Public. . . Il s’agit de la conservation de ces Enfans de l’État; ils sont d’autant plus au Public, qu’ils ne sont à personne en particulier; comme enfans de l’État, il faut les conserver? «est sa force et sa gloire; l’Humanité le demande, la Religion l’exige et la Société y trouve son avantage » [Abrégé historique de rétablissement de l'Hôpital des Enfans-Trouvés , in-4, 14 p. Paris, Thiboust, 1746).

En raison du chiffre élevé des abandons, les Commissaires du Châtelet ne tardent pas à se faire remplacer par des agents délégués à cet effet. C’est au milieu du xvuie siècle que se généralisent les apports directs au moyen de l’entremise de nourrices, sages-femmes ou parents.

Jamais cependant, avant 1791, un enfant n’est reçu des mains, d’un particulier sans un procès-verbal dressé par l’autorité compétente. A Paris, contrairement à une croyance générale, le tour reste alors une institution inconnue ; il n’apparaît qu’au xixe siècle.

L’encombrement de la Maison de la Couche provient de ce fait que la province, nous venons de le constater, se décharge sur les services parisiens d’une foule d’enfants délaissés en nourrice, répudiés par leur famille, et que les seigneurs haut justiciers se soucient fort peu de prendre à leur charge.

Le nombre des entrées augmente donc hors de toutes proportions. De 1640 à 1649, on compte 3.053 admissions seulement ; les chiffres sont ensuite de : 32.917 — 1740 à 1749 ; 67.033 — 1770-1779; et enfin 57.139 — 1780-1789.

Ces données rigoureusement exactes et qui ne s’appliquent qu’aux enfants en bas âge permettent de reconnaître le peu d’efficacité des défenses faites aux voituriers et conducteurs de coches d’eau, de se rendre complices des abandons en se prêtant, moyennant salaire, au transport de ces infortunés nourrissons dont nous racontons plus haut les douloureuses vicissitudes durant ces longs trajets à travers les villes et les campagnes.

Les enfants au-dessus d’un an sont envoyés directement à la Salpêtrière, où il en meurt un grand nombre. C’est seulement en 1773 que l’on se décide à placer ces malheureux en nourrice au moins pendant 4 ou 5 ans.

La Maison de la Couche, sise en dernier lieu près de l’Hôtel- Dieu, en face l’église Notre-Dame, renferme des nourrices sédentaires, et la réception d’un jeune délaissé donne lieu aux diverses formalités usitées dans les hospices dépositaires : apposition d’un collier portant un numéro correspondant au registre matricule ; soins hygiéniques ; envoi chez des nourriciers aussitôt que possible, etc.

Ce recrutement de nourrices au dehors reste toujours difficile en raison de la lenteur des communications ; les abandonnés ne partent pas aussi promptement que le désirent les Administrateurs ; l’un d'eux évalue qu’un tiers des enfants admis succombe en raison de ces retards.

Des agents nommés meneurs et meneuses s’occupent de ce service, avec plus ou moins de conscience ; les femmes amenées par leur intermédiaire doivent être munies de certificats « attestant leurs vie, mœurs et religion », et spécifiant l’âge de leur dernier enfant ou nourrisson.

La pension, fixée en 1705 à 5 livres pour les 18 premiers mois, s’accroît dans la suite ; des langes et vêtements sont fournis par la Maison.

Les Sœurs de la Couche procèdent au début de l’Institution à l’inspection générale des pupilles placés en Province, puis le chiffre de ceux-ci augmentant, l’hospice fait appel au concours des Inspecteurs préposés à la surveillance des enfants de Paris, mis en nourrice par leur famille.

Il n’est pas sans intérêt d’analyser un procès-verbal d’inspection remontant à l’année 1739 ( manuscrit faisant partie de nos collections). « Les sœurs de Charité commises pour faire la visitte générale des Enfans trouvez en nourrice dans les Provinces de Picardie et de Normandie », partent le jeudi 30 avril 1739 et reviennent le 20 octobre delà dite année. Les rôles qui leur sont donnés contiennent 4.456 enfants.

« Le motif de la visitte générale des enfans en nourrice est de connoitre leur état et leur situation, si les nourices qui en sont chargé, s’acquittent de leur devoir auprès d’eux, et si elles leur donnent tous les secours dont ils ont besoin, et en même tems si les meneurs et meneuses remplissent avec fidelité et exactitude les obligations de leur employ. »

Les Sœurs ont le regret de constater : « que le plus grand nombre des enfans est entre les mains de nourices réduites dans une si grande pauvreté qu’elles ont à peine de quoy subsister, et que les enfans manquent d’alimens et de secours, que ces femmes toutes pauvres qu’elles sont, ne tiennent aucun compte de ces enfans et sont toujours prêtes à les rendre, que si on leur repré-

sente leur peu de soin et d’attention pour ces enfans, elles répondent qu’elles en ont assez pour le prix que l'hôpital leur donne. Que ces nourices, pour se dédommager du retranchement qu’on leur a fait sur le prix des mois, vendent les hardes qu’on leur donne pour les enfans de l’hôpital, ou les font servir à leurs enfans et que l’argent qu’elles reçoivent de leurs mois est employé à les faire vivre elles et leurs enfans, pendant que les enfans de l’hôpital languissent et périssent de faim et de misère. »

Les sœurs signalent ce fait, qui paraît incompréhensible au premier abord, « que quelques-uns de MIS les Curés défendent à leurs paroissiennes de se charger d’enfans du dit hôpital sous peine d’être privées des sacremens. »

A l’appui de leur affirmation, des inspectrices citent deux paroisses et donnent des noms propres. Elles ajoutent : « d’autres deMlsles Curés moins rigides, mais du même sentiment que leurs confrères refusent des certificats aux nourices qui désirent avoir de ces enfans ; celles des nourrices qui ont de ces enfans et qui veullent avoir de ces certificats pour toucher les mois qui leur sont dûs les d. s. Curés ne veulent point leur en donner qu’en leur payant cinq sols et si les enfans meurent ils ne veulent point les enterrer à moins de 40 s. qui est le prix que l’on donne pour l’enterrement de l’enfant d’un Bourgeois, en sorte que les Enfans restent quelquefois trois jours sans être enterrez. »

Les meneurs font également fort mal leur service et ne s’acquittent pas des visites qu’ils doivent effectuer de trois mois en trois mois. D’ailleurs trop souvent les nourrices demeurent à plusieurs lieues de la résidence de ces préposés, ce qui rend toute surveillance difficile.

En terminant leur rapport, les Sœurs font entendre les protestations les plus vives au sujet de l’économie que l’on veut réaliser sur les mois de nourrice.

u Si le retranchement du montant de ces mois, écrivent-elles, diminue la dépense de l’Hôpital de 60.000 liv., chaque année, on peut dire en toute assurance, que depuis qu’il a lieu il est mort un bien plus grand nombre d'enfans qu’auparavânt, tant à la campagne qu'au dit hôpital... 4 On peut ajouter avec la même

4. « Il est aisé d’en faire la preuve par la comparaison des procès-verbaux des

assurance que leur salut et leuv conservation dépend du rétablissement desd. mois, ou au moins d’une augmentation de ceux de la première année et de ceux des trois dernières L »

« Sur le sujet de plainte des nourices les Sœurs croyent devoir représenter au Bureau que les vivres sont extrêmement chères et bien augmentez et qu’il n’est pas possible que les dits meneurs et meneuses puissent se défrayer avec les 36 s. qui leur sont accordez pour le port de chaque enfant qu’ils emportent G. »

Les inspections des sœurs paraissent donc faites avec le plus grand soin et nous doutons que plus tard elles se trouvent remplacées avantageusement par « les Inspecteurs préposés pour la visite des nourrissons, enfans de Bourgeois de la ville de Paris, chargés de visiter les enfans trouvés en même temps et de la même manière 7. »

visittes générales faites dans les années 1736 et 1737, avec ceux de la visitte faite cette présente année 1739 et en prenant pour époque l’année 1737, à compter du 1er novembre, on verra que depuis ce jour jusqu’au dernier novembre de la présente année, il est mort à la campagne 3.470 enfans et qu’à compter du 1er janvier de la présente année jusqu’au dit jour dernier novembre sur 3.063 enfans exposez reçus au dit hôpital il en est mort 1.600 faute de nourices. »

5. « Avant 1735 on donnait aux nourices 6 liv., pour la première année; 5 liv., la 2e ; 4 liv. 10 s. la 3e ; 3 liv. 10 s. les 4e et 5e, ces enfans restans en nourice et en sevrage jusqu’à l’âge de cinq ans. Depuis 1735 les mois de la première année ont été réduits à 5 liv., ceux de la 2e à 4 liv. 10 s. et ceux des trois autres années à 3 liv. »

« Les d. soeurs ont apris que quelques-uns des meneurs et meneuses exigent des nourices des droits plus forts que ceux qui leur sont accordez par le règlement du Bureau pour le port des enfans qu’ils emportent de paris et pour leur retour aud. hôpital.

« ... Par le règlement de 1713 il ne leur est accordé que 36 s. pour le port de chaque enfant qu'ils emportent de paris et 3 livres pour le retour de la province et ils ne doivent rien prendre pour le changement des enfans. »

6. Nous avons tenu à donner de longs extraits de ces rapports des sœurs parce que ne connaissant pas ces documents lors de la publication de notre Histoire des Enfants abandonnés nous n’avons pu les utiliser. Voici la conclusion d’un rapport présenté au Bureau de l'Hôpital général à la suite de cette inspection! « On ne peut trouver une manière de les élever avec plus d’œeonomie, car indépendamment de la dépense énorme que coûteroit un auspice pour retirer six mil enfans, tant ceux qui sont en nourice que ceux qui sont dans les deux maisons des Enfans trouvez à Paris, pouroit on les nourir, les blanchir, les chaufer, les soigner et les élever à moins de 4 s. par jour pour la première année ; 3 s. 3 d. pour la 2me ; 3 s. pour la 3me et moins de 3 s. par jour pour la 4mc et la 5me.

«Cesenfans sontles enfans de l’État, ils sont d’autant plus au public qu’ils ne sont à personne en particulier; ils ont l’honneur d’être sujets du Roy et ils deviendront en les conservant capables d’en augmenter le nombre, et le nombre des sujets fait la force d’un État et la puissance du Souverain. »

7. Ext. des registres du Parlement , 14 juin 1773. Homologation d’un règlement sur les enfans-trouvez du 7 juin précédent, in-4°, 8 p. 1773. Nous avons sous les yeux

Primitivement, ainsi que cela se pratique presque universellement en Europe, les abandonnés doivent être rapportés à l’asile à Page de 3 ans. En 1696 cette date du retour est fixée à 5 ans, les Maisons du Faubourg’ Saint- Antoine, de la Pitié et de la Salpêtrière devenant insuffisantes.

On reconnaît, dès 1761, la nécessité de changer ce système et de laisser les pupilles à la campagne. L’expérience prouve, comme partout, que l’éloignement des villes est indispensable à ces jeunes plantes qu’étouffe et étiole l’atmosphère renfermée des établissements hospitaliers.

L’engagement des pupilles, vis-à-vis des parents nourriciers, est, ultérieurement, borné à 20 ans accomplis, passé cet âge ils doivent recevoir un salaire. Tous restent d’ailleurs jusqu’à 25 ans placés sous l’autorité du Bureau.

Lorsque des enfants sont, pour des causes diverses, réintégrés à Paris, on s’efforce de les placer en apprentissage, car à la Maison du faubourg Saint-Antoine ou à l’hôpital général le travail intérieur est mal organisé. Tout ceci s’organise avec le temps ; les règlements concernant cette partie du service : placements à Paris et en province, s’échelonnent de l’année 1733 à l’année

La Rochefoucauld, dans son rapport à P Assemblée Constituante (1791), fournit un renseignement intéressant; il dit « que le plus grand nombre des pupilles confiés aux cultivateurs, tourne bien et qu’ils deviennent de bons habitans de la campagne. »

La mortalité de ces trouvés ou abandonnés reste élevée malgré les mesures prises. Pour l’année 1690, nous voyons que le chiffre des décès de la première année monte à 46,83 °/0 ; cette proportion, déjà énorme, est de 68,49 °/0 en 1751. Il faut tenir compte évidemment des souffrances supportées par ces petits êtres lors de l’abandon, des voyages qu’on leur fait faire, et aussi de leur mauvaise constitution.

La surveillance médicale des placements en nourrice n’existe pour ainsi dire pas ; est-elle réalisable alors que les praticiens

le fac-similé d’une commission des directeurs de l’hôpital général aux Sœurs, en usage l’année 1764 « priant et requérant messieurs les Juges et autres officiers do justice et de police des lieux de les assister de leur autorité. »

éclairés manquent dans presque tous les villages ? C’est encore là une cause de mortalité.

Plusieurs enfants apportent en naissant le germe d’une infection contagieuse qu’ils peuvent communiquer aux nourrices. Cette grave question préoccupe le Lieutenant général de Police, Lenoir ; il crée à Vaugirard, en 1780, un établissement où ces petits malades trouvent pour les allaiter « des femmes gâtées auxquelles on administre les remèdes propres à les guérir. » Ce n’est pas encore l’idéal.

Du xviie siècle à la Révolution, la Crèche et l’asile du faubourg Saint- Antoine restent confiés aux Sœurs de charité. « Ces établissements, écrit La Rochefoucauld, sont tenus avec ordre et propreté ; les soins charitables de cette respectable Congrégation j sont aussi complets que partout ailleurs : c’est un hommage, ajoute-t-il, que nous trouvons ici avec plaisir l’occasion de leur rendre. » ( Rapport cité , p. 30).

Cet hommage du Président de la Commission de mendicité à l’Assemblée Constituante n’est pas inutile à rappeler au moment où, en France, les haines sectaires poursuivent ces mères des pauvres et des petits, les expulsent même de la Maison des Enfants-Assistés, rue Denfert-Rochereau, ce prolongement lointain de la Maison de la Couche.

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