Howard, op. cit., t. I, p
14. « Il n’est permis aux prisonniers de sortir que pour être examinés par les juges. Quelques-uns y sont confinés pour plusieurs années ; et l’on voit, à leur visage pâle, à leur air abattu, combien ils souffrent. » (I, p. 275.)
15. Les allocations faites aux prisonniers delle carcere nuove sont abondantes et comprennent de la viande, du vin, des œufs, etc. ( Instrumentum appaltus carcerum novorum. Die décima Januarii , 1795, in-4°, IV, xlviii, p. xx, in Roma, 1795).
16. « Clément XI reprit le vaste projet d’innocent XII et construisit des prisons correctionnelles pour les adolescents, dans le but de prévenir les vices et les délits de cet âge. D’immenses ateliers destinés au travail des laines furent établis au-dessous de ces prisons. Celles-ci sont distribuées avec une intelligence admirable, et doivent être regardées comme les vrais modèles des grands pénitenciers, qui, depuis, ont été établis en Suisse, en Angleterre et en Amérique. Le même Pontife, par son motu proprio de 1708, régla tout ce qui a rapport au régime des
PRISONS ET PRISONNIERS
Avant de quitter l’Italie signalons l’existence, dans les États Pontificaux, d’une machine destinée à couper la tête des condamnés. Cet appareil, réservé pour ceux qui jouissent des privilèges de la noblesse, ne fait pas « languir les patients, dit le pèreLabat, que le peu d’adresse d’un exécuteur expose quelquefois à recevoir plusieurs coups. »
Cette machine usitée à Civita-Vecchia, au commencement du xvme siècle, ressemble étrangement au sinistre instrument qui doit plus tard son nom à Guillotin17.
En Espagne le Dr Christoval Perezde Herrera, dans ses écrits, (Discursos del amparo de los legitimos pobres 1598) appelle l’attention de ses contemporains sur la nécessité d’inspecter les prisons ; il demande une répression sévère pour les autorités qui ne prennent pas soin des détenus 18 .
Dès l’année 1429, Juan II défend aux particuliers d’avoir des lieux privés servant à la détention ;les Carceles publicas doivent seules exister 19.
Charles I, Charles II prescrivent la visite fréquente des éta-
jeunes détenus pour délit ; et, afin d’assurer de plus en plus les revenus de l’hospice, il lui accorda encore des privilèges considérables » (Not. concernant l'origine et les progrès de l’hospice apostolique de S. Michel de Rome, in-8, 1842,
17. Voici la description donnée par le Père Labat ( Voyage en Espagne et en Italie , t. Vil, p, 22-23, in-12. Paris, 1730) : « L’instrument appelé Mannaya est un châssis de quatre à cinq pieds de hauteur, d’environ quinze pouces de largeur dans oeuvre, il est composé de deux montans d’environ trois pouces en quarré, avec des rainures en dedans, pour donner passage à une traverse en coulisse. Les deux montans sont joints l’un avec l’autre par trois traverses à tenons, et à mortoises, une à chaque extrémité, et une environ à quinze pouces au-dessus de celle qui forme le châssis ; c’est sur cette traverse que le patient à genoux pose son coû ; au-dessus de cette traverse est la traverse mobile en coulisse qui se meut dans les rainures des montans. Sa partie inférieure est garnie d’un large couperet de 9 à 10 pouces de longueur, et de 6 pouces de largeur, bien tranchant, et bien aiguisé. La partie supérieure est chargée d’un poids de plomb de soixante à quatre-vingt livres fortement attaché à la traverse ; on lève cette traverse meurtrière jusqu’à un pouce ou deux près de la traverse d’en haut à laquelle on l’attache avec une petite corde, lorsque le Barigel fait signe à l’exécuteur, il ne fait que couper cette petite corde, et la coulisse tombant à plomb sur le coû du patient le lui coupe tout net, et sans danger de manquer son coup. »