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In-4. Discurso segundo, p

19. « Y que otras personas algunas, de qualquier estàdo y condicion que sean, no sean osadosde tener Carceles en sus casas» ( Nov . Recop ., lib. V, tit. XXXIII, leylll, p. 1162.

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blissements pénitentiaires ; il doit être tenu compte, dans la répression, de la gravité des fautes de chaque détenu20.

La Carcel de la Gorte de Madrid, élevée en 1634 sous le règne de Philippe IV, « pour la commodité et la sécurité des prisonniers », abrite cent quatre vingts individus lors du voyage de Howard (1783) .

Certains coupables restent enchaînés et enfermés dans des cachots « où l’on descend par un escalier de vingt deux pas. » Les femmes ne portent point de fers. « Les alimens sont bons ; la maison est propre dans chacune de ses parties ; le geôlier est humain et attentif pour tous ; aussi, ajoute notre auteur, les emprisonnés paraissent-ils sains et contens, comme on peut l’être dans une prison. »

La Carcel de Villa contient des cachots « sales et infects. »

A San Fernando (trois lieues de Madrid) maison de correction pour les libertins, les vagabonds et mendiants. La nourriture est ainsi réglée : chaque matin, vingt onces de pain ; pendant trois jours on y joint huit onces de chair de mouton ; trois autres jours, quatre onces de bœuf avec du bouillon, dans lequel on met tremper quatre onces de pain, ou bouillir trois onces de lentilles, et tous les jours des haricots jaunes, apprêtés différemment. Les jours maigres on donne du poisson sec et du riz, on leur fournit encore huit livres de beurre salé tous les mois, pour faire leur allas, espèce de pouding à l’espagnole (Howard, op. cil., n, p. 10 et 11).

Les prisons de Valladolid consistent généralement en une longue chambre où couchent les détenus. « On y voit aussi des cachots ; il en est surtout un bien noir, bien humide, bien atîreux, où le malheureux qui l’habite est mis aux fers, et enchaîné à une grande pierre. » (n, p. 17).

20. « 1519-1695. Por auto acord. del Consejo de 8 de Febrero de 1695 se mandô despachar provision, para que los Corregidores y Justicias del Reyno cumplan la obligacion de sus ofîcios, reconociendo las Cârceles por sus personas ; y hallando no estar reparadas, y con la seguridad necesaria, hagan se reparen y aderecen de suerte que esten como deben para la seguridad de los presos ; visitândolos freqüentemente, para reconocer si tienen las prisiones y guarda necesaria conforme al delito de cada uno » [Nov. Recop., lib. XII, lit. XXXVIII, ley X. p. 1935).

PRISONS ET PRISONNIERS

Les chambres des prisons de l’Inquisition de cette ville ont dédoublés portes et sont séparées par deux murs, pour empêcher que les prisonniers ne puissent converser ensemble. Entre les murs est une espèce de cheminée, ou de tuyau bouché au sommet, mais ayant des ouvertures sur les côtés, pour faire entrer un peu d’air et quelques rayons de lumière » (n, p 19) 21 .

Une ordonnance de 1774 défend en Portugal les emprisonnements pour dettes. Il s’écoule un temps trop long entre l’arrestation d’un prévenu et le jugement. La grande prison de Lisbonne possède une infirmerie; des chambres particulières peuvent être obtenues par ceux qui donnent une somme déterminée22.

Du Portugal, passons-nous en Suisse, nous trouvons comme règle habituelle : la séparation des hommes et des femmes ; une nourriture convenable assurée aux prisonniers. A Genève, ils reçoivent en outre une allocation pécuniaire.

Les murs intérieurs sont fréquemment blanchis. La prison de Soleure, bâtie en 1786, compte quinze chambres carrées de neuf pieds de chaque côté et huit pieds de haut ; presque toutes ont un lit et un poêle. La maison de Bâle occupe une des tours de la cité. Elle est souvent vide, mais a toujours des cachots prêts avec de la paille fraîche et des couvertures (Howard, op. cit.r section XIV du tome premier, p. 305-317).

Les établissements de détention à Vienne sont vieux. Ceux de Styrie, de la Garniole, de Trieste laissent à désirer {op. cit., I, p. 177 à 181). En Hongrie, on s’occupe de l’amélioration morale des détenus, sans toujours y parvenir. La séparation des sexes est obligatoire 22.

21. Voir dans le même ouvrage les prisons de Burgos et de Pampelune; ces dernières sont mal tenues et sujettes à des épidémies. Dans la citadelle il y a également des condamnés dont plusieurs demeurent enchaînés (op. cit., II, p. 20- 23-24).

22. « Il est une autre prison, près du Tage, où plusieurs nobles, plusieurs prêtres furent confinés sous l’administration du marquis de Pombal. Dix-neuf chambres s’y ouvrent sur un corridor; la plupart ont vingt pieds de long et neuf de large. Le mur étoit épais de plus de six pieds. Pour entrer dans chaque chambre, il falloit passer trois portes ; celle du milieu avoit une grille de fer, lormée de barres arrondies. Au-dessus de la porte est une petite ouverture permettant à quelques rayons de lumière d’y pénétrer, excepté encore dans deux d’entre elles où régnoit une obscurité profonde » (Ho'svai’d, op. cit., II, p. 30-31).

22. A. Berlet. Institution pénit. delà Hongrie (Ber. pénit.., B. soc. des Prisons,

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A Varsovie, vaste chambre affectée aux débiteurs, dans la prison bâtie sur la Vistule (1769), les lits ont des matelas rembourés de paille. La nourriture est insuffisante et, ajoute Howard, (I, p. 260) « si telle est l’administration des prisons de la capitale, quelle peut être celle des établissements de la Province? Il suffît de voir celles-ci pour juger des autres, et pour n’avoir pas le courage de les visiter... »

En Russie, il n’existe point, à la fin du xvme siècle, de prisons régulières ; les condamnés sont gardés par des soldats. « On ne fait aucune attention, écrit Howard, ou du moins on en fait peu, à la réformation des mœurs ou des principes du détenu. » (op cit. , t. I, section xi, p. 232).

Les supplices sont effrayants, surtout celui du fouet-knout , composé de diverses courroies, longues de deux pieds, entrelacées ensemble ; à l’extrémité est attachée une simple courroie plus dure que les autres, terminée en pointe. On peut la changer lorsque le sang des criminels l’a rendue plus douce et plus flexible 23 .

L’Impératrice Catherine II (1762-1796), entreprend de réformer l’état de choses antérieur et institue ( 1767) une grande commission chargée de dresser un Code plus humain. L’influence de Howard est manifeste dans les progrès obtenus durant ce règne : établissements distincts affectés aux prévenus, aux condamnés à temps, aux condamnés à mort ou aux détenus à perpétuité ; visite des prisons par des prêtres ; amélioration des coupables. Les règlements de Catherine ne reçoivent malheureusement qu’une exécution incomplète.

En Suède, les prisonniers sont, soit répartis dans des châteaux forts, soit employés, l’été, à divers travaux de terrassement, de taille de pierre, etc. L’hiver, ils restent parqués en de noirs

mai 1906, n° 5, p. 704). Une ordonnance autrichienne de 1790 défend d’appliquer la bastonnade sans l'avis du médecin (Julius, Lettres sur les Prisons , op. cit., t. II, p. 363).

23. Howard, op. cit., t. I, p. 233-235 : « L’emprisonnement, au début du xvme siècle, était barbare; sous le règne de l’impératrice Élisabeth (1741-1762) un rapport officiel constate que tel détenu est mort d’intumescence occasionnée par la faim » (J. Boullaire, Étud. hist. sur le régime pénitentiaire en Russie, B. Société des Prisons, 1886, p. 355-367).

PRISONS ET PRISONNIERS

réduits, couchés les uns contre les autres pour se préserver du froid. Le Dr Tengvall, professeur de l’Université de Lund, et un médecin éminent David de Schultzenheim, luttent courageusement contre l’insalubrité de ces lieux empoisonnés, et cherchent à obtenir des modifications bien désirables. Une ordonnance de Gustave IV Adolphe (1798) est à signaler à ce sujet. En ce qui concerne l’Allemagne, la situation générale laisse beaucoup à désirer. Les détenus enfermés dans les prisons de Bayreuth reçoivent de la paille fraîche tous les trois mois seulement. Partout régnent la pénurie et la misère (Dr Julius op. cit ., t. II, p. 347-352). Bon nombre de maisons de détention occupent d’anciennes abbayes qui ne sont nullement propres à cet usage 25.

« Les condamnés les plus difficiles à discipliner sont internés dans les casemates des forteresses de Dantzig, de Stettin, de Spandau, etc., soumis à un régime de fer dont l’autorité militaire assume seule la responsabilité. Quant aux autres, ils sont répartis pêle-mêle dans les prisons des villes et des différents Etats. Les simples prévenus jouissent seuls de maisons spéciales placées sous le contrôle de l’autorité judiciaire. »

Le pasteur Wagnitz trace un tableau des plus sombres de l’établissement de Magdebourg (1788) : « Il nous montre les prisonniers entassés dans une salle unique, jeunes et vieux, hommes et femmes, au nombre d’une cinquantaine. Les uns filent de la laine, les autres mangent, d’autres dorment sur la paille. Une odeur repoussante se dégage de toutes les ordures répandues sur le plancher et fait reculer le visiteur. Ailleurs, les détenus couchés pêle-mêle sur le sol humide, attendent un sommeil à la venue duquel s’oppose l’action énervante de la vermine. Le plus souvent, les malades, et ils sont nombreux, demeurent dans cette atmosphère empestée jusqu’à ce que la mort les délivre de leur long supplice 26 . »

24. Levylier, Système pènit. suédois. Rev. pénit., B. des Prisons , mars 1896, n° 3, p. 423-432. Pour les prisons de Danemark et de Suède, voir Howard, op. cit., t. I, p. 209-222 et 228-229.

25. Remacle, Rapp. sur les prisons du Midi de V Allemagne, in-4, 1839, p. 13.

26. F. Lepelletier. Hist. des Prisons prussiennes {Rev. pènit., B. société des Prisons, 1902, n° 2, février, p. 234-245). Howard, op. cil., I, p. 173-174, se borne à dire

ue les prisons de cette ville n’ont rien de remarquable.

126 HISTOIRE DE LA CHARITÉ. LIVRE II. CHAPITRE 1er

C’est seulement sous les règnes de Frédéric le Grand et de Frédéric-Guillaume III que l’on s’occupe d’améliorer un peu l’état matériel et moral des prisonniers.

Howard entre dans de longs détails sur les diverses prisons de l’Allemagne, il loue les unes, blâme les autres. Beaucoup de détenus sont enchaînés : Breslau, Hanovre, Spandau, Dresde, etc. 27 .

La prison de Nuremberg est sous la Maison de Ville ; les ouvertures qui répandent le jour se trouvent au niveau du sol. Cette prison malsaine, ces cachots noirs et infects n’honorent point, dit Howard, les magistrats de cette cité célèbre, ou plutôt ils les déshonorent (I, p. 189).

A Manheim, ajoute notre philanthrope (p. 199)., « les prisonniers qu’on reçoit dans la maison de force y sont soumis à une cérémonie qu’on nomme la bien venue. Une machine où le cou, les pieds, les mains sont assujettis, est portée dehors; on les y place, on les dépouille, et on leur donne le nombre de coups prescrits par le magistrat. La grande bien-venue est de vingt à trente coups ; la petite vetiue, de douze à quinze ; la demi-venue de huit à vingt. Après cette cérémonie, ils baisent le seuil de la porte, et entrent. »

Les prisons de Liège sont effrayantes. Dans deux chambres de la vieille prison, il y a six cages fortifiées avec d’épais cercles de fer. Ce sont les cachots les plus cruels, les plus dangereux qu’il y ait peut-être alors en Europe. « En descendant de l’appartement du geôlier dans ces tristes demeures, on entend les gémissemens des individus qui y sont enfermés. » L’humidité ronge la pierre, l’eau pénètre de toutes parts (Howard, op. cit ., t. I, p. 206-207).

Les maisons pénitentiaires de la Flandre Autrichienne sont au contraire libres de miasmes dangereux ; on y rencontre cependant aussi des cellules privées de lumière, des espèces de cages où les détenus restent un temps beaucoup trop long.

27. « A Dresde, les criminels, regardés comme esclaves, sont placés sous les fortifications, dans des loges malsaines. Il en est de languissans et de malades, et ils sont encore accablés de leurs fers, qui sont de vingt et une livres de poids. Ceux qui tententde s’échapper ontde plus un collier de fer. Il y a des femmes dans cette prison malpropre et elles y sont enchaînées. Cette sévérité n’est pas ordinaire ; elle est l’effet des absences fréquentes du geôlier qui, par là, s'assure de les retrouver où il les laisse... » (Howard, op. cit., t. 1, p. 175-176).

PRISONS ET PRISONNIERS

Le fameux édifice de Gand, servant de maison de correction, forme une exception au milieu de ces établissements. 11 renferme de vastes chambres, convenablement meublées, fournies de linge, de draps; le travail est réglé, la nourriture suffisante. Tout s’excerce là, sans bruit, avec un ordre parfait28.

Dans les Provinces Unies, écrit Howard (I. p. 86 et suivantes), les prisons sont si tranquilles et si propres que celui qui les visite a peine à croire qu’il s’agit de lieux de détention. Blanchies, au moins une fois chaque année, avec de l’eau de chaux, les cellules sont saines ; Chaque maison a son médecin et son chirurgien ; en général les maladies restent rares. Les établissements affectés aux criminels ont assez souvent une chambre pour chaque prisonnier, avec bois de lit, garde-paille et couverture.

De grandes précautions sont prises pour procurer l’amendement des détenus. Les aliments distribués ont une bonne qualité ; tout le service intérieur est réglé avec soin (I, p. 96-97).

A Amsterdam les prisonniers pour dettes et les criminels se trouvent séparés (I, p. 109).

Nous abordons maintenant en Angleterre ; là, les établissements pénitentiaires laissent beaucoup à désirer29. La fièvre, dite des prisons, y est endémique et lors des Assises, enlève parfois : prévenus, Juges et assistants30.

28. Tel est l’état de cet établissement lors delà première visite d’Howard en 1778. Quelques années plus tard il le trouve en pleine décadence par suite de la destruction de la manufacture en vertu des ordres de l’Empereur Joseph II (op. cit., I, p. 332-343). Au sujet de cette maison consulter : 1° Deux Édits en français et en flamand, 1773-1775 ; 2° Les mém. du Comte Vilain XIV sur les moyens de corriger les malfaiteurs... in-4°, 1775.

29. « Sheving in what respects those of England on déficient in the articles of food, water, bedding, and fresh air ; and that the morals of the prisoners are totally neglected, the most criminal and abandoned being sufïered to corrupt the younger and less practised. » (John Aikin, A view of the cha.ra.cter and publics services of the late John Howard. In-8, London, 1792, p. 66-67.)

« J’ai vu à Newgate dans trois ou quatre chambres près de 150 femmes, des jeunes filles mêlées avec de vieilles femmes endurcies dans le crime, et dont il y en avait plusieurs qui étaient enferméés depuis plus de deux ans... » (J. Howard, Lazarets, op. cit ., t. II, p. 6).

30. « At the Black Assizes at Oxford, in 1577, the Lord chief Barm, the sherifï, and 300 more died within forty hours from the fearful disease communicated, to the corne by the prisoners brought up for trial before it. The disease spreading into the City and Neighbour Houd, caused many more deaths. » (S. E. F. du Cane. The punishement and préventions of crimes. In-12, London, 1885.) Voir d’autres exemples de contagions amenées par les prisonniers, dans Howard, Prisons, op. cil., t. Ier, p. 20 à 22.

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