Voir aussi : Coiffier, op. cit., p
14. Ch. de Beaurepaire, Recherches sur la répression de la mendicité dans l'ancienne généralité de Rouen. In-8, 1887, p. 46. Ch. de Beaurepaire ajoute : « Postérieurement on construisit quelques nouvelles loges, toutes en pierre de taille et fermées de fortes portes, bien ferrées. Il faut bien le dire, fait lamentable, les mêmes loges servaient aux fous, qui étaient dignes de pitié, et aux coupables qui méritaient de sévères châtiments. »
Les aliénés de Lyon, avant leur transfèrement à l’hospice de l’Antiquaille (1805) se trouvent parqués dans une trentaine de cabanons obscurs, véritables cachots (Pointe, Hist. du grand Hôtel-Dieu. In-8, 1842, p. 54)15.
Tous ces détails sont affligeants ; reposons-nous un instant l’esprit en entendant l’inspecteur Colombier déclarer « que le département des fous et des folles de Montpellier est un des meilleurs qu’on connaisse, quoi qu’il soit médiocre en étendue » (Arch. Nat., F15 226).
A Charenton la position de l’établissement est délicieuse ; les chambres sont propres, aérées; mais c’est un pensionnat payant et les maisons de l’Hôpital général ne ressemblent en rien à cet asile modèle.
Nous avons plusieurs descriptions des cabanons de Bicêtre ; elles présentent des différences marquées 16 .
La description de La Rochefoucauld (1790) semble la plus exacte : « Les fous, écrit-il (p. 45-46), sont à Bicêtre comme les épileptiques et les écrouelleux, jugés incurables dès qu’ils arrivent dans la Maison; ils n’y reçoivent aucun traitement et paroissent généralement conduits avec douceur. Le quartier qui leur est destiné contient cent soixante-dix-huit loges, et un pavillon à deux étages où ils couchent seuls, à trois lits près communs à deux. La grande quantité de malades dont cet établissement est encombré oblige quelquefois de les mettre deux dans une même loge, ce qui, comme on le juge facilement, occasionne alors des querelles fréquentes, et la nécessité de les séparer.
« Un Gouverneur et treize employés servent ce département. Les fous sont toutes les nuits renfermés dans leurs loges, ou dans les salles, mais ils ont toute la journée la liberté des cours, quand ils ne sont pas furieux... Les cours sont très aérées, et si
15. Nous avons parlé plus haut des pensionnaires de Fontaine, près Lyon. Les autorités municipales qui s’opposent à la vente de l’immeuble, comme bien national, donnent une triste idée de la situation du quartier affecté à la détention des aliénés (an 4).
16. La Rochefoucauld, Rapp. fait au nom du Comité de mendicité,' 17 90, p. 45-47. Camus, Rapp. au Conseil général des hospices , fructidor an XI, p. 82. Desportes, Rapp. au Conseil général des Hospices sur le service des aliénés depuis le 1et janvier 1801 jusqu’au 1er janvier 1822. In-4, 1823, p. 46.