‹ Histoire de la charité (volume 3)Chapitre 42 sur 149 · Des Essarts, Code Pénal, in-12, 1777, p · texte numérisé non relu

Des Essarts, Code Pénal, in-12, 1777, p

69. Le régime des prisons était déplorable. La solidité des bâtiments et l’activité des géôliers laissaient surtout à désirer, les évasions n’étaient pas rares. D’autre part on faisait sur l’entretien des personnes une honteuse spéculation (1688). «Onne donne aux prisonniers, écrivait Lebret à Le Pelletier, que deux sols et demi de pain, au lieu de cinq. Cela s’est pratiqué jusqu’ici ; le Roi y gagnait sur la farine. Quoi qu’il doive y perdre il faut changer cela » (Marchand, Un intendant sous Louis A/F(Lebret en Provence). In-8, 1889, p. 286-287).

PRISONS ET PRISONNIERS

« En résumé, dit Doublet, les Prisons de France offrent, vers 1789, l'image de presque tous les maux dont l’humanité peut être affligée ; d’un côté, elles rassemblent tous les dangers qui peuvent naître d’un séjour, où l’air est vicié par les agens les plus propres à le corrompre ; de l’autre elles réunissent toutes les misères qui naissent de la privation des choses les plus nécessaires à la vie. Aces désordres physiques, il faut ajouter tous les vices qu’engendrent le défaut de discipline, l’immoralité contagieuse qui s’exalte en se communiquant d’un individu à l’autre, et la tyrannie plus odieuse encore des geôliers et de leurs subordonnés 70. »

Ajoutons toutefois que depuis le règne de Louis XVI, grâce à la diffusion des idées généreuses du Monarque, grâce aussi aux efforts des Corps savants et des inspecteurs tels que Colombier etDoublet, une amélioration sensible se fait remarquer à Paris et dans les provinces. Le travail est lent, mais il permet à Antonin Dupuy d écrire : « Les abus séculaires de l’administration des prisons vont disparaître quand survient la Révolution Française 71 . »

Les Desiderata des Cahiers des Etats Généraux de 1789 et les premiers effets de la Révolution.

Le clergé du Bailliage de Verdun demande la suppression des prisons d’État (Chap. m, art. 9, t. VI, p. 129).

Les prisons étantgénéralement malsaines, de nombreux cahiers veulent qu’elles soient à l’avenir établies dans des endroits aérés et en dehors des châteaux. Plus de cachots souterrains ; on doit veiller à la propreté, à la salubrité de ces établissements7-.

70. Mémoire sur la nécessité d'établir une réforme dans les Prisons et sur les moyens de l'opérer. In-8, Paris, 1791, p. 2. Conférer : Albert Desjardins, Les prisons de l'ancienne France. Bull ., Société des Prisons. N° 4, avril 1885, p. 416- 430, et n° 5, mai 1885, p. 544-561.

71. Ant. Dupuy, Les Prisons de Bretagne au XV IIP siècle , Bul. de la société des Prisons , mai-juin 1884, p. 507-518 et 607-625.

72. Noblesse, Bailliage d'Evreux III, p. 299. Citoyens nobles de la ville de Paris, V, p. 274. Tiers État : Bailliage d’Alençon, art. 48, t. I, p. 729. Sénéchaussée de Digne, art. 73, III, p. 35 i. Bailliage'de Rochefort, III, p. 488. Ville de Mâcon,

140 HISTOIRE DE LA CHARITÉ. LIVRE II. CHAPITRE 1er

Pour éviter les évasions si fréquentes il convient d’avoir des prisons sachant « concilier les devoirs envers la sécurité publique, avec les droits de l’humanité73. »

Il est nécessaire d’établir une distinction entre les prisons réservées aux criminels et celles affectées aux détenus pour dettes. Ne pas confondre l’innocence et le coupable74.

Il faut absolument séparer les deux sexes 75.

Des règlements doivent assurer aux détenus : une nourriture suffisante et de bonne qualité ; des vêtements convenables ; des secours en cas de maladie 76.

Nécessité pour les Magistrats de visiter, au moins une fois par mois, toutes les prisons ; plus souvent s’ils le jugent utile et toujours sans prévenir 77 .

Que chaque prison ait un aumônier, chargé de la conduite et

art. 3, III, p. 629. Ville d’Enghien, art. 24, IV, p. 514. Ville de Paris, Législation, V, p. 289. Sénéchaussée de Vannes, art. 57, VI, p. 108. Sénéchaussée de Ploërmel, V, p. 381 . « Que les prisons qui sont trop resserrées, trop obscures et trop malsaines, et qui ressemblent à des tombeaux, soient converties en vastes édifices où l’on occupera ceux qui y sont détenus au lieu de les laisser dévorer par l’ennui qui suit toujours l’oisiveté. » Principauté de Dombes, VI, p. 70.

73. Clergé: « La charité réclame toujours en faveur des malheureux dans le cœur des Ministres de la Religion : elle ne voit que le malheur. Les prisons ont souvent fixé ses regards, lieux affreux où régnent la misère et l’infection, où l’on éprouve souvent l’abandon le plus cruel. » Bailliage de Rouen, art. 54, V, 593.

Noblesse: Bailliage de Cotentin, art. 29, III, p. 54. Bailliage de Sens et de Villeneuve-le-Roi, V, p. 756.

Tiers État : Pays de Foix, chap. IV, Justice , art. 4, IV, p. 283.

74. Clergé: Rodez, Titre IV, art. 2, V, p. 552. Province du Perche, art. 12, V, p. 322.

Tiers État: Bailliage d'Alençon, chap. IV, §6, I, p. 717. Sénéchaussée de Digne, art. 73, III, p. 354. Ville de Nantes, art. 136, IV, p. 99. Bailliage du Nivernais, Justice , art. 20, t. IV, p. 261.

75. Clergé : Sénéch. de Saintonge, art. 23, V, p. 664. Bailliage de Gien, III,

Tiers État: Bailliage de Gien, chap. I, art. 11, III, p. 411.

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