CHAPITRE III
4° Deux autres sociétés dues à l'initiative des Pères Jésuites (xvne et xvme siècles).
Tous les auteurs, même parmi les protestants, s’accordent à reconnaître l’impulsion merveilleuse donnée à ces institutions par saint Charles Borromée dont on retrouve partout l’action infatigable. « Dans les six Assemblées du Clergé de son diocèse, réuni tous les trois ans à Milan de 1565 à 1582, écrit le Dr Julius (op. cit., I, p. 254), il fait admettre une série de décisions sur l’entretien et l’administration des pauvres des prisons et des détenus, qui, pour se servir de l’expression de l’écrivain anglais Thomas Vaughan, antagoniste de l’Eglise catholique, n’ont jamais été surpassées, sous le rapport de l'attention généreuse avec laquelle elles prennent en considération les droits de l’humanité et les besoins des prisonniers. »
Le Professeur Toniolo remarque, à son tour, que dans cette ville les Confréries de la Pitié et de la Madone de Lorette dues à notre saint Archevêque et aux Jésuites forment « une école de réforme du droit pénal et des prisons bien plus ancienne et plus efficace que les écrits de Beccaria 21 . »
En Espagne, si la condition des condamnés laisse trop souvent à désirer, dès 1564, un chanoine de la cathédrale de Tolède, mort à Rome, Bernard de Sandoval, écrit dans un livre excellent « le soin que l’on doit avoir des détenus, recommande de les visiter, de pourvoir à leurs besoins et surtout de les préserver des souffrances physiques et morales que les exploiteurs du malheur leur imposent » (Iglesias, op. cit., I, p. 370).
Vers la même époque le docteur Thomas Cerdan de Tallada, avocat des prévenus, constatant leur triste sort dans les prisons de Valence appelle l’attention des juges et des âmes charitables
21. L'histoire de la Charité en Italie. Cong. scientif. intern. des Catholiques, Bruxelles, sept., 1894. In-8, 1895, p. 344. Déjà au Congrès de 1888, Lacointa avait écrit (II. p. 145): « La plupart des villes importantes ont possédé, surtout depuis le xiv° siècle, des Corporations dont les statuts témoignent d’une touchante commisération envers les détenus. Les succès de l’une de ces œuvres sont inséparables du nom de Saint Charles Borromée. » Saint François de Sales, mort en 1622, visite les malades, assiste les indigents et fonde sous le titre de Sainte-Croix une confrérie de Pénitents dont les Membres sont tenus de visiter les prisonniers ( Petits Bollandistes , XIV, p. 506).
SOULAGEMENT A LA SITUATION DES PRISONNIERS
sur ces malheureux. Entraîné par les mêmes pensées, Toribio de Velasco institue à Séville (1724) un asile de correction qui pendant plus de cent ans rend l’immense service d’élever la jeunesse vicieuse tout en servant à la correction paternelle 22.
En 1421, V Archicof radia de Paz y Car id ad se charge d'assister, de consoler les condamnés à mort et de leur donner une sépulture honorable 23 .
Nombre de chrétiens soutiennent les prisonniers ; Marie Gardas « sort tous les jours, avec une pieuse compagne, aïant chacune une besace sur l’épaule, pour aller de porte en porte parla ville demander l'aumône pour les pauvres enfermés et les pauvres honteux. Lorsque leurs besaces sont pleines de pain, elles vont le distribuer aux détenus et à ceux qu’elles sçavent être dans la nécessité24. »
Le midi de la France possède de nombreuses Confréries, chargées de ces touchantes missions. Les Pénitents blancs d’Aix visitent les prisons dès l’année 1517. Des sœurs du Tiers-Ordre de Saint-Dominique s’occupent des femmes détenues. L œuvre devient autonome en 1698 25. C’est dans cette cité que pour répondre à un vœu de l’Assemblée du Clergé de France (1670), Mgr Grimaldi établit, le 30 septembre 1671, sous le vocable de Sainte-Marie-Madeleine, un Conseil charitable destiné à assister les indigents poursuivis indûment en justice (Bagarriz, p. 14, note 26).
22. Tractado del cuidado que se deve tener con los presos pobres. Toledo, 1564. Visita de la Càrcel de los presos. Valencia, 1574. Citations tirées de l’aperçu historique sur la réforme pénitentiaire en Espagne par le Dr Fr. Lastres. In-8, 28 p. Madrid, 1885, p. 6 et 7.
23. Visite des prisons le samedi de chaque semaine par des membres du Conseil Royal pour accélérer les procès et s’informer de l’état des détenus. Nov. Recop. 1480-1518-1575. lib. XII, tit. XXXIX, Leyes 1-13, p., 1938-1940.
24. Hélyot, Ordres religieux , op. cit., t. III, p. 444. Il s’agit de la fondation de religieuses : Jéronimites.
25. Bagarriz, Not. hist. sur l'œuvre des prisons d'Aix en Provence. In-8, 1908, p. 17-29.
26. « Au commencement du xyne siècle l’œuvre des prisons de Marseille s’occupe déjà des pauvres oppressés ; c’est à dire des indigents opprimés par des procès injustes. Antérieurement même l’Évcque tenait tous les quinze jours dans son palais un bureau pour les a ccomodements ; ce bureau comprenait des ecclésiastiques, des gentilshommes, des avocats, des bourgeois » (Fabre, Hôp. de Marseille:, t. II, chap. x, p. 264).
En 1674 se forme l’œuvre des prisons de Marseille. Voici les règles principales adoptées dans ces deux villes27.
(( Les semaniers sont obligés d’assister à la distribution du pain du Roy, et prendre garde qu’il soit de la qualité requise, tenir un controlle exact du jour de l’entrée et sortie de chaque prisonnier. Ils doivent être assidus aux prisons et veiller à tous les abus contraires à l’intérêt des prisonniers, pour en avertir même les gens du Roy. »
Ces délégués de l’œuvre doivent visiter les cachots avec soin et les faire tenir propres ; fournir aux prisonniers tous les soulagemens qu’il est permis de leur donner, se charger de toutes leurs affaires, et, gagnant leur confiance par de pareils secours, les exhorter à la patience, au bon usage de leurs pensées et à ne point haïr ceux qui sont cause de leur détention.
« Le soin de leur salut est le principal but de l'œuvre ; les semaniers doivent y coopérer autant qu’il est possible et surtout à l’égard de ceux qu’on craint pouvoir être condamnés à mort. » Suivent les règles concernant les quêtes destinées à procurer les ressources nécessaires. Les distributions de : soupes, quatre fois par semaine, de charbon, d’huile nécessaire pour les lampes ; « de capotes pendant l’hyver, de chemises tous les samedis, et de draps de lits aux malades 28. »
27. Fabre, op. cit ., II, chap. x, p. 253-262. Un poète provençal déclare à cette époque que si vous êtes en prison sans argent vous mourrez de faim. « Mourez de fan coum’ un chin sus la paillo ». Fabre, p. 259. Frère Pierre Joseph de Haitze, Secretere de l'œuvre. Etat de l'œuvre pour le secours des prisonniers exercé par la Compagnie des Frères Pênitens blancs, sous le titre de Notre-Dame de Pitié de la ville d' Aix. In-I2, Aix, 1689. Instruction pour S™ Recteurs de l'œuvre établie pour le secours despauvres prisonniers de celte ville d' Aix. In-8, p. 26, Aix, 1747.
28. Art. XXII, du règlement de 1747 : « On ne donnera du secours en argent pour l’élargissement des pauvres prisonniers, qu’à ceux à qui on pourra par ce moyen épargner une peine afflictive : on pourra néanmoins fournir ce qui sera nécessaire pour les frais, amendes, expéditions de ceux qui, faute de secours, vieilliroient en prison, ce qu’on doit faire avec circonspection ; pareillement on pourra fournir aux pauvres étrangers qui seront élargis quelque modique somme pour les aider à faire leur voyage, lorsqu’ils n’auront pas absolument de quoi vivre en chemin. On ne donnera rien pour le droit de geôle, ni pour le pain fournir par le boulanger des prisons. On ne payera aucune dette civile ; mais on pourra prêter à des prisonniers, sous bonnes assurances, pour leur procurer leur élargissement, Art. XXIII. On ne donnera rien pour l’élargissement des Fatissoniers, Contrebandiers, et pour les prisonniers détenus pour crime de lèze Majesté divine ou humaine et pour fait de chasse. »
SOULAGEMENT A LA SITUATION DES PRISONNIERS
Les femmes prisonnières reçoivent les secours de l’œuvre tout aussi bien que les hommes ; les semainiers doivenl se rendre dans leurs chambres le moins qu’ils pourront et avec attention de n’y aller jamais seuls, mais seulement en présence des sœurs, ou de l’aumônier des prisons 29.
La Ville des Aumônes, Lyon, possède naturellement des sociétés s’occupant des détenus. La confrérie de la Miséricorde remonte à l’année 1636. « Elle est absolument sur le même pied que celles fonctionnant en Italie et dont le principal objet est de visiter et de secourir les prisonniers » (Howard, Lazarets, 1, p. 154).
Suivant le règlement de 1749 deux des confrères distribuent les lundis et jeudis de chaque semaine aux détenus, le pain et le vin que la société est d’usage de leur donner ; ils vaquent en personne à cette distribution sans pouvoir se faire représenter par des domestiques.
« Ils doivent visiter une fois la semaine les prisons, s’y informer des nécessités les plus particulières et les plus urgentes des pauvres prisonniers. Les écoutant avec bonté, les consolant avec cette charité dont leur triste situation les rend si dignes30. »
Des démarches auprès des créanciers sont souvent faites pour hâter la libération des débiteurs 31 .
29. Conférer : règlement imprimé en 1689, chap. v, art. IX, p. 81. « C’est à l’œuvre que ces femmes sont redevables de n'être plus couchées à terre, par les instances que les frères firent pour porter le plus grand nombre à leur accorder des lits pour se tirer de l’ordure. » D’après le règlement précité on doit les visiter une fois par semaine.
30. Règlement de la Confrérie de la Miséricorde, érigée a Lyon Van 1636. In-12, Lyon, 1749. De Bérulle, Intendant à Lyon, écrit au Contrôleur Général le 28 février 1692 :La compagnie des pénitents de la Miséricorde avait l’habitude de donner aux prisonniers de Lyon le chauffage, les médicaments et le pain, sur lequel le domaine ne fournissait que 400 livres. Le nombre des prisonniers s’étant considérablement augmenté, les Pénitents se refusent à continuer leur service si on ne les décharge de la taxe qui leur est imposée pour l’amortissementde la maison ouest établi leur vestiaire...
31. « Ils auront attention que les chirurgiens reçus dans la Compagnie et chargés de les assister en ce qui concerne leur art, leur fournissent des remèdes dans leur maladies et qu’ils soient munis des sacrements de l’Eglise. Au cas qu’il en mourût quelqu’un, ils pourvoiront à son enterrement, supposé que les parens dudit défunt n’en eussent pas le moyen » (p. 71-73). La Compagnie distribue aussi du charbon (p. 72-76). Agrégation de la Confrérie de la Miséricorde de Lyon à celle de Rome à la date du 15 août 1645 (p. 107 et suiv.).
Nous rencontrons au xvie siècle des œuvres de même nature à Rouen ; l’Association des Dames de charité fait beaucoup de bien 32.
Les religieuses Ursulines de la Congrégation de Bordeaux forment des sociétés de Dames « qui procurent le soulagement des pauvres de l’Hôpital et des prisonniers , » en s’occupant non seulement de l’entretien et nourriture de ces infortunés, mais aussi du salut de. leurs âmes33.
Messire Benigne Joly, fondateur des Religieuses hospitalières de Dijon, surnommé 1 e Père des pauvres , va dans les prisons distribuer des aumônes. Toutes les fois que la chaîne des forçats passe par la ville, il s’ingénie de mille manières à consoler ces malheureux et à leur procurer des soulagements 3\
Mme de Miramion, visite fréquemment les prisons parisiennes. Elle est accompagnée d’une demoiselle âgée, ou d’un fidèle serviteur, et distribue aux pauvres captifs « en même temps que de douces paroles et de pieuses exhortations, de l'argent, du linge, des vêtemens, et même des vivres 35-3rt. »
32. Ch. de Beaurepaire, Rech. sur les anciennes prisons de Rouen , chap. iv, p. 56-59.
33. Hélyot (édition de 1621), t. IV, chap. xxiv, p. 184. L’Inspecteur Colombier parlant des hôpitaux de Carcassonne, Août 1785, s’exprime ainsi : « Il n’y a pas de Compagnie de Charité pour le secours des prisonniers, il n'y a pas d’infirmerie, on devroit en faire une... Quelques particuliers donnent de la soupe et quelquefois des chemises, on pourroit faire une quête » (Arch. Nat., F15 226). Dans les prisons de Quesnoy « les prisonniers sont soignés avec humanité par des dames et des frères de charité qui s’en occupent spécialement » ( Rapport d Inspection, février 1789, Arch. Nat., E15 228).
34. La vie de Messire Rénigne Joly. In-8, Pains, 1700, Liv. II, p. 160-173 « Aussi faut il avouër que Dieu luy avoit donné un talent tout particulier pour y réüssir. Il avoit une pénétration merveilleuse pour percer jusques dans le fond de ces consciences, le plus souvent toutes noircies de crimes ; il sçavoit arracher de ces esprits gâtez, les maximes les plus pernicieuses du libertinage et souvent de l'athéisme, dans lequel ils avoient vécu : il avoit l’adresse de les faire trembler utilement à la veuë des jugements de Dieu, leur inspirant en même temps des sentimens d’espérance en sa miséricorde, et réduisoit enfin les plus endurcis à des sentiments de pénitence, qui leur mériteroient le pardon de leurs crimes. »
35. A. Bonneau, Mme de Reauharnais de Miramion ; sa vie et ses œuvres (1629-1696). In-8, 1868, chap. vi, p. 104. Doublet nous apprend que dans plusieurs villes les sœurs de charité se chargent de distribuer les aumônes faites aux prisonniers (Mémoire cité. In-8, Paris, 1791, p. 47).
36. Les Mémoires présentés au concours de Chaalons parlent aussi de « Confréries d’artisans, sous l’invocation de saint Roch, pour avoir soin des prisonniers.
SOULAGEMENT A LA SITUATION DES PRISONNIERS
Le Gode de la Police (1761) mentionne l’existence à Paris « de compagnies de charité que suscitent les différens besoins des prisonniers pour detes et même pour crimes. »
« Un chanoine du Saint-Sépulcre entreprend de fournir dans la plûpart des prisons, des chemises une fois la semaine aux pauvres... A chaque prison de la capitale est attachée une trésorière qui centralise toutes les charités. . . Elle donne ou fait donner presque tous les jours de la soupe, de la viande ou des légumes à tous les prisonniers détenus au cachot ou autrement et à ceux qui étant arrêtés pour dettes n'ont point d’autres ressources. Cette trésorière « qui est toujours une Dame de grande distinction se trouve aidée par les sœurs de charité des paroisses. »
11 existe également une congrégation charitable s’occupant des prisonniers pour dettes ; le Procureur général du Parlement est à sa tête.
Quant à la grande « Compagnie du Sainl-Sacrement » répandue dans toute la France, elle place la visite des lieux de détention au premier rang de ses œuvres charitables 37.
Est-il besoin d’ajouter que ces institutions si utiles sombrent durant la période révolutionnaire ; en l’an IV un fonctionnaire du Ministère de l’Intérieur constate avec peine le vide qu’elles laissent. « Il existait autrefois, dit-il, des Compagnies de Charité qui venaient constamment au secours des détenus. Les riches contribuaient de leur côté pour adoucir leur sort, et on leur distribuait le linge, les vêtemens et la nourriture qui leur étaient refusés par le Gouvernement. Aujourd’hui ces bienfaits ne subsistent plus ; le prisonnier est abandonné à toutes les horreurs de la famine, à tous les tourmens de l’oisiveté. La loi ordonne
Les confrères vont à tour de rôle quêter des légumes dans les marchés, on leur en donne. Tous les samedis ils vont dans la boucherie demanderun peu de viande à chaque boucher, ils en obtiennent. Ils font chaque mois une qucte dans les maisons de la ville ; ils ramassent du pain et de l’argent. L’hiver ils quettent deux fois du bois et au Carnaval de la bierre » (op. cit., 1777, chap. xv, p. 253-254).
37. Code de la Police , par M. D. lieutenant général de la ville de... en Champagne, in-12, Paris, 1761, seconde partie, Titre XII, §2, p. 181-186. Conférer: Le Tableau de V humanité (par Alletz), in-12, 1769, si souvent cité, p. 261-272. Annales de la Compagnie du Saint-Sacrement par le comte Voyer d’Argenson, publiées et annotées par le R. P. Dom H. Beauchet-Filleau, moine bénédictin. In-8, xiv et 319 p. Paris, Oudin, 1900.
bien qu’il soit suffisamment nourri ; mais la plupart des départemens manquent des ressources nécessaires, et on peut à peine lui assurer une livre et demie de pain38. »
Il faut attendre la Restauration pour voir renaître ces sociétés s’occupant avec tant de zèle des établissements pénitentiaires.
A la place de ces confréries on rencontre au sein des pays protestants des sociétés e t des particuliers qui s’intéressent également au sort des personnes privées de liberté ; il s’agit le plus souvent des détenus pour dettes.
A Londres, The society for the diècharge and relief of persons imprisoned for small debts , est fondée en 1772 ; elle s’occupe des débiteurs de petites sommes ne dépassant pas 10 livres. La société libère de préférence les personnes âgées, infirmes, n’ayant nul secours à attendre de leur famille et dont la situation est digne d’intérêt 39.
On trouve dans Yendowed charities la mention de nombreuses fondations, antérieures au xixe siècle, et concernant des allocations de vivres, charbon, argent, en faveur des pensionnaires de diverses prisons de Londres 40.
Un individu renfermé pour dettes à Marshalsea (Londres)41 hérite d’une grande fortune durant son internement dans cette maison. Il constitue une rente de 1 00 livres sterling destinée à l’élargissement de particuliers arrêtés et dont les dettes ne dépassent pas 4 livres sterling (Howard, op. cit ., t. II, p. 170).
On voit aussi un marchand de bétail envoyer aux individus
38. Thierriet-Grandpré, chef de bureau de la Indivision de l’Intérieur, mémoire cité , in-4, 46 p., an 4, p. 13. Conférer : Tuetey, Répertoire des sources de l'histoire de Paris pendant la Révolution Française, t. VI, n° 282-284, p. 41. La Compagnie charitable réclame le payement des sommes par elles avancées pour la dépense des chemises des prisonniers de Paris.
39. Higmore, Pietas Londinensis , The History... of the various charities. London, 1810, p. 940. Le D1 Julius fait connaître pour fondateur de cette société un prédicant dont il ne sait pas le nom. « Les sermons de cet homme de bien produisirent un premier fonds de 81 livres sterling, ensuite un inconnu, qu’on sut plus tard être le comte deGodolphin, ajouta 100 livres sterling » [op. cil., t. I,
4e leçon, p. 318-319).
40. The endowed charities of the City of London. In-8, 1829 (passim). Voir aussi Howard, Prisons, op. cit., t. II, section LXII, p. 415.
41. « Cette prison de Marshalsea est destinée aux débiteurs arrêtés pour de petites sommes, dans un espace de douze milles autour de Londres (Howard, op. cit., t. Il, section XXVIII, p. 167-170).
SOULAGEMENT A LA SITUATION DES PRISONNIERS
emprisonnés à New-Prison-Clerkenwell (Londres), dubois et du pain, deux fois la semaine42.
Il existe des fondations similaires en France. A Marseille, les prisonniers reçoivent ainsi des vivres et de petites allocations en argent43. A Amiens, il est d’usage immémorial qu’une quête soit faite pour eux pendant les processions du Saint-Sacrement et celle du 15 août 44.
Des collectes sont effectuées « ès églises » pour les prisonniers. Le Roi remarque que ces quêtes produisent peu « à cause que les aumosnes sont reçuës dans des bassins, dont les particuliers qui les reçoivent peuvent disposer ainsi qu’ils le jugent à propos. » La Cour du Parlement ordonne donc « que ces collectes soient à l’avenir faites par des personnes de probité, commises en la manière accoutumée, avec des boëtes de fer blanc, cachetées par Jonchéry, commis par la Cour, et vuidées par luy tous les mois. » On donne le quart des dites quêtes à ceux qui les font 45 .
A mentionner des amendes destinées au soulagement des détenus 46.