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SECOURS HOSPITALIERS ET SECOURS A DOMICILE

établissements, de manière que chacun d’eux ne s’étendît que dans un district d’environ sept à huit lieues de circonférence, et qu’on calculât par un lit par deux cents individus, qui formeraient la population du district ; bien entendu que chaque malade serait seul dans un lit... Quant aux pauvres valides, il serait à désirer que les paroisses et communautés fussent, ainsi qu’en Suisse, chargées de leur nourriture et entretien, en leur faisant faire un travail modéré, qui tournerait à l’avantage de la communauté » (t. VI, p. 43).

« Qu’il soit établi des hôpitaux dans chaque district, et des bureaux de charité dans chaque paroisse », écrivent les rédacteurs des Cahiers de la Commune d’Antony, subdélégation de Choisyle-Roi (Art. 26, t. IV, p. 299)5.

Au Conseil des Cinq-Cents, le citoyen Dumolard critique vivement les théories émises par son collègue Baraillon : « On ne peut laisser, dit-il, émettre de pareilles assertions sans y répondre ; on vient de vous parler des abus qui régnent dans les hôpitaux et on en a conclu qu’il fallait supprimer ces établissements. Ce n’est pas ainsi qu’il nous convient de raisonner. . . Il n’est aucun de vous. Représentants, qui ne connaisse les départements ; Eh bien ! je vous le demande à tous, si ces maisons n’existaient pas, si le pauvre ne trouvait pas un asile dans les hospices et un soulagement à ses maux, ne périrait-il pas de faim et de misère?

« Les secours d’argent donnés à domicile sont utiles sans doute, et il faut bien se garder d’attiédir la charité particulière ; mais ces secours sont insuffisants et ne peuvent suppléer à ceux en nature que les hôpitaux distribuent.

(» Aussi, citoyens, améliorons le régime de ces hôpitaux, gardons-nous de les anéantir ; ils sont, en quelque sorte, le patrimoine des pauvres et le seul héritage que recueille l’indigent » ( Recueil cité , p. 9 et 10).

Quelques années plus tard, un membre du même Conseil, Jouenne, s’exprime en ces termes :

« Nous sommes convaincus que les secours à domicile, comme

5. Dans le même sens : Clergé. Bailliage de Loudun (III, p. 593). Noblesse. Bailliage de Mâcon. Art. 55 (ÏII, p. 627).

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base de notre législation sur cette partie, seroient à la fois le système et le plus coûteux à la République et le plus nuisible à la classe indigente. La République qui a trouvé dans son sein les hospices élevés, doit les soutenir ; leur conservation devient un devoir sacré, un devoir d’autant mieux justifié que tout s’y passe au grand jour.

« L’homme imprudent qui auroit démoli l’asyle de la misère n’échapperoit pas aux reproches de la Nation ü. »

Examinons maintenant les arguments invoqués de part et d’autre, et voyons à quelle résolution il convient de s’arrêter.

Les établissements hospitaliers inspirent, dit-on, l’idée de paresse.

Ce reproche peut s’appliquer à tous les genres de secours, aussi bien aux allocations faites à domicile, qu’aux refuges ouverts aux malheureux privés de ressources.

Evidemment, il faut : encourager le travail, l’épargne, exercer une charité éclairée; néanmoins, il reste toujours, hélas! des individus pour lesquels un abri assuré est nécessaire.

L’agglomération des malades, poursuit-on, présente un danger sérieux ; des millions d’êtres humains, soignés à domicile, pourront échapper à la mort qu’ils trouvent dans l’intérieur des hôpitaux.

Il est certain que les secours les plus précieux sont ceux de le famille; plus l’assistance vient de loin, moins elle vaut6 7.

Toutefois, il existe de nombreux cas où l’hospitalisation est absolument indispensable 8.

S’agit-il d’un étranger sans demeure fixe? D’un pauvre logé

6. Rapport , fait par Jouenne, au nom d'une commission spéciale sur les messages du Directoire exécutif , relatifs aux hospices civils. Séance du 9 ventôse an 7. In-8, 26 p., p. 9. (Arch. Nat., A. D. XIV, 7).

7. Idée des secours à donner aux pauvres d'une grande ville. In-8, 1786, p. 12.

8. « Monsieur le duc d’Albret, nommé par le Roy en 1660 à l'abbaye de Saint- Philibert, vint cette mesme année à Tournus, et ayant pendant son peu de séjour visité l’hospital et s’estant informé de son administration, il représenta aux principaux habitans, qu’il luy paroissoit qu’il conviendrait mieux de soulager les pauvres malades de la ville en les prenant à l’hospital et en les y faisant servir par des sœurs hospitalières, que de les laisser chès eux et leur donner de l’argent qui leur estoit d’un petit secours, et dont d’autres qui n’estoient pas malades profitoient souvent, et leur fit espérer pour cela sa protection et son assistance » (Benet. Arch. eccl ., de Tournus. In-4°, Mâcon, 1887. A. 3, p. 3).

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