‹ Histoire de la charité (volume 3)Chapitre 60 sur 149 · SECOURS HOSPITALIERS ET SECOURS A DOMICILE · texte numérisé non relu

SECOURS HOSPITALIERS ET SECOURS A DOMICILE

dans quelque taudis privé d’air et de lumière9 ? D’un père atteint d’une maladie contagieuse, dont les funestes effets se font sentir autour de lui 10 ?

Gomment, en dehors des hôpitaux, effectuer dans une mansarde des opérations exigeant des appareils perfectionnés, des conditions hygiéniques dont dépend le succès11 ?

Que les établissements hospitaliers par de sages règlements n’ouvrent leurs portes qu’aux véritables malades, rien de plus juste ; que l’on n’admette au sein de ces asiles de la vieillesse, que ceux qu’il est impossible de maintenir au milieu des leurs, rien de plus équitable. Mais il ne faut pas méconnaître la nécessité de ces demeures charitables.

A côté, il existe une place, encore fort grande, pour l’assistance à domicile sous toutes ses formes. Pourquoi alors exalter un de ces services au détriment de l’autre ?

La conclusion de ce débat doit être celle de Larochefoucauld- Liancourt : « C’est en réunissant ces deux systèmes, en les faisant marcher de front, en laissant au cours naturel des choses à les balancer entr’eux, suivant la nature des besoins, que l’on peut assurer des soins complets aux pauvres dans leurs maladies » (4= rapp., p. 23).

9. « La raison d’économie est en faveur des secours à domicile; mais dans les villes d’une grande population, ils ne peuvent pas suffire seuls ; car un grand nombre d’ouvriers entassés dans les greniers sont privés, sinon de domicile, au moins de logement où ils puissent être secourus, et n’ont point de famille qui puisse les soigner» (Larochefoucauld-Liancourt, 4e rapp., p. 21).

10. « Quels maux ne résulteroit-il pas de l’abandon à lui-même de l’indigent attaqué, sous le toit qu’il habite, d’une fièvre putride et contagieuse? Privé des facultés pour se procurer les remèdes convenables à son mal. Privé même d’un lit où il puisse étendre ses membres affaissés par la maladie, sans linge pour couvrir les playes dont le deffaut de soin lui auroit couvert le corps. Que deviendroit ce malheureux, il périroit incontestablement de misère. Mais seroit-il la seule victime de la maladie sous laquelle il auroit succombé? Sa femme, ses enfants entassés les uns sur les autres dans le même galetas, éprouveroient bientôt les effets des miasmes putrides dont l’azile de ces infortunés se trouveroit infecté. La contagion se répandroit insensiblement de proche en proche et notre ville présenteroit bientôt le spectacle d’une épidémie universelle. . . » ( Compte rendu de la situation des hôpitaux de Rouen. Hôtel-Dieu de la Magdeleine, 14 octobre 1790 (Arch. Nat., F15, 232). Conférer Larochefoucault-Liancourt, 4e rapport, p. 22.

11. « Ce n’est que dans des hôpitaux bien organisés et bien administrés que l’on peut procurer à l’indigent ces avantages si précieux. La nature, la raison et la justice les sollicitent donc impérieusement » (Charpentier-Delaurière, médecin à Niort, Réflexions sur les moyens d'assister les pauvres dans Vétat de maladie. Journal de médecine.., mai 1791, p. 173).

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