‹ Histoire de la charité (volume 3)Chapitre 64 sur 149 · liv. st · texte numérisé non relu

liv. st

1700. 1.000.000 liv. et.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

id.

Jusqu’en 1776, les chiffres ne sont qu’approximatifs.

41. « La taxe pour Fentretien des pauvres, qui est une des plus lourdes charges, augmente tous les jours, parce que chaque jour le nombre des indigens se multiplie. Depuis dix ans cet impôt est devenu exorbitant, et l’on compte des villages, des villes, des provinces où il a doublé, triplé même » (Fréron, Année littéraire mdcclxxix, t. VIII, p. 34, let. II. Discours polit., de M. le comte d’Albon, 1779).

« Si on imposoit en France une taxe pour les pauvres dans la proportion du terme moyen de celle qui est perçue en leur faveur, tant en Angleterre que dans la principauté de Galles, pendant les années 1783, 1784 et 1785, le produit de cette taxe s’éléveroit à 168 millions 575 mille 530 livres (7.023.980 liv. sterl.) ; il excéderoit conséquemment de plus de 13 millions la somme que le roi perçoit annuellement par les mains des Receveurs généraux des Finances, pour la taille, la capitation, les vingtièmes et les accessoires de ces impôts qui, suivant le compte rendu à Sa Majesté au mois de mai 1788, ne s’élève qu'à 154 millions 925 mille 600 livres (Notice sur les principaux règlements, 1788, op. eit., p. 19 et 20).

tiennent parfois « un registre sur lequel ils portent, avant de délivrer aucune ordonnance, toutes les circonstances et autres motifs qui peuvent former un titre à l’obtention des soulage-

mens 42. »

Les secours en argent sont réservés de préférence pour les nécessiteux âgés ou infirmes 43.

On peut, en dehors des objets de nourriture (pain, riz, etc.), délivrer aux indigents valides, mais à titre plus exceptionnel, des vêtements, des chaussures, du charbon.

En cas d’épidémie, de pestes, des secours médicaux se trouvent organisés; des médecins, des sages-femmes donnent d’ailleurs, en tout temps, leurs soins aux pauvres44-45.

Ce service médical laisse, hélas ! trop souvent à désirer. On prend des médecins, des chirurgiens, des apothicaires au rabais. Le traitement des indigents fait l’objet d’adjudications. Masson- Good cite une localité où ce mode de procéder permet, il est vrai, d’obtenir une économie de plus en plus grande, mais au détriment des malades 46. Cet auteur fait judicieusement observer « que

« En comparant le montant de la taxe dans les deux Comtés de ce royaume, dont la population est particulièrement occupée aux travaux d’agriculture, Bedfordshire et Herefordshire, on voit la même augmentation progressive dans le montant de la taxe qu’on remarque dans les Comtés où les manufactures sont en grand nombre. Dans le comté d’Hereford, la dépense pour les pauvres fut en 1776 de 10.593 liv. sterl. 7 s. 2 d. ; en 1783-1784-1 785, terme moyen, 16.727 liv. st. 18 s.

2 d. ; en 1803, 48.067 liv. st. 8 s. 10 d. Dans le comté de Bedford les mêmes dépenses furent dans les mêmes années de : 16.662 liv. ster. 17 s.; 20.977 liv. st. 11 d. , 38.070 liv. st. 3 s. 8d. (Rapp., 1 817-1818, op. cit. , p. 24). Conférer Mac-Farland, Étab. d'humanité , n° XI (VIII), p. 157. Malthus : op. cit ., p. 377. Naville, II, p. 129.

42. Rapp. d'une société..., n° VII, 1795, Étab. d'humanité, op. cit., n° 2 (IV), p. 56.

43. « The practice of relieving aged and infîrm persons in money is so uniform and general, in every parish I hâve visited, that is well be unnecessary to do more on this head than to State the practice » ( Poor-Law Commission , Appendice A, part. I, in-fol, 1834, p. 538. Rep., C. H. Maclean, Esq., p. 217. Rep. A. Majendie Esq.)

44. Report from His Majesty's commissioners , 1834, p. 14. — Léonard, op. cit., chapter X, p. 199-200.

45. En 1792 une paroisse dépourvue de sages-femmes envoie pendant trois mois, dans un hôpital d'accouchements, à titre d'élève , une veuve, chargée de trois enfants; au bout de ce temps cette femme revient exercer sa profession à Insatisfaction générale, « ce qui la met en état de se soutenir avec aisance elle et ses enfants. » Un léger secours donné à propos procure ainsi un double avantage. Étab. d'humanité, op. cit., n° 2 (IV), p. 117.

46. Dissertation sur les moyens les plus avantageux pour entretenir et employer les pauvres..., par John Masson-Good, trad. de Duquesnoy (Etab. d'hum., n° 27, (XVI), p. 80-81).

pour engager un homme à remplir son devoir avec exactitude et attention, il faut lui assurer une récompense qui puisse l’indemniser amplement du tems qu’il perd et des peines qu’il se donne, autrement on ne peut avoir aucune espèce de droits sur lui. 11 ne s’ensuit pas du tout de ce qu’un autre homme offre son service à un plus bas prix, que celui qui a demandé une plus forte somme, ait demandé plus qu’il ne doit... 47 »

Certaines paroisses accordent à des familles pauvres la jouissance gratuite ou moyennant une très faible redevance d’un petit terrain suffisant à nourrir une vache. « Toutes les fois, écrit un philanthrope, que les overseers d’une localité accordent ces secours, il faut bien entendu qu’un léger soulagement et le profit d’une vache, mettent une veuve, par exemple, en état de se soutenir; au lieu qu’en lui refusant leur assistance, ils obligent cette femme à se détacher de sa vache, et alors il faut absolument qu’elle dépende d’eux pour sa subsistance 48. »

Conformément au x statuts anciens 49 les enfants indigents sont placés en apprentissage. Ce mode d’assistance donne lieu à mille abus, ces pauvres créatures étant trop souvent confiées à des personnes qui ne se trouvent en état ni de les instruire ni de les soutenir50. « Une multitude de petits fermiers, souvent chargés d’une famille nombreuse, sont obligés de prendre un apprenti, quoique dans le fait ils ne soient guère plus en état de le soutenir que ses

47. A la maison de correction de Bury (1784) « Le chirurgien est abonné pour traiter tous les pauvres de la paroisse, de la maison ou externes , il reçoit 14 livres. L’apothicaire est aussi abonné pour ses remèdes, et il reçoit 60 guinées. Le chirurgien, ou la sage-femme, ne doivent pas avoir plus d’une guinée pour accoucher une femme pauvre. La paroisse ne doit, dans aucun cas, excepté celui de maladie, donner des vêtemens aux pauvres ( Informations sur les maisons de correction en général et principalement sur celle de Bury en Angleterre (Manuscrit envoyé à Larochefoucauld-Liancourt, collections de l’auteur).

Page 1