Ferrus, Des aliénés , op. cit., p
32. Par contre Ferrus est loin, au commencement du xixe siècle, de faire l’éloge de cet asile. « Sous le rapport du traitement médical, dit-il, les malades étaient bobjet du plus grand abandon, leur nudité était vraiment dégoûtante, les chaînes étaient employées avec prodigalité, non seulement pour les hommes mais encore pour les femmes. » (Des aliénés , in-8, 1834, p. 69.)
33. « Por esto ordenamos, que los Regidores hagan Iunta de los medicos de la Casa, y consulten con ellos la forma que pueda aver para su curacion, y de los remedios, que se han de aplicar, y los tiempos en que se han de poner en cura, porque conforme la diversitad de las enfermedades, y de los humores, 6 ardiente, ô melancolico, parece se deven aplicar los remedios en diversos tiempos. » (Op. cit., p. 82-83.)
ner la guérison des fous admis dans l’établissement de Montélimar (Dauphiné), il s’agit, en général, de pensionnaires payants 34 .
Les fous de Rouen, qualifiés comme toujours de détenus , paraissent soumis à un régime assez primitif. « Pourtant les jeunes personnes, déclare un compte rendu de 1790, après les bains de force se trouvent assez souvent soulagées et rentrent dans le monde35. »
L’asile des aliénés de Marseille possède un médecin et un chirurgien titulaires à partir de l’année 1758. En 1761 suppression du médecin, maintien du chirurgien ; de cette époque à la fin du siècle il y a alternativement un médecin ou un chirurgien attaché à l’asile 36.
Il nous reste à parler d’un accroissement de peines infligé habituellement à ces malheureux. L’expérience prouve que nombre d’aliénés doivent être mis dans l’impossibilité d’attenter à leur propre existence, et à celles des autres. Des moyens coercitifs sont trop souvent indispensables; ils ne doivent pas toutefois dégénérer en instruments de torture. C’est hélas, ce qui a lieu alors la plupart du temps.
Les aliénés, agités ou furieux, se trouvent enchaînés , non seulement durant leurs accès, mais parfois d’une manière permanente.
Cet usage barbare reste pour ainsi dire universel.
L " Act de Georges II, 1744, cité plus haut, permet aux Juges de Paix d’ordonner de mettre les chaînes aux lunatics qu’il convient d’enfermer. « And if the Justices deem it necessary, to be there chained 37. »
34. Recueil de règlemens, hôp., ville de Montélimart . In-4, 1758, vie classe.
35. Compterendu, octobre 1790, Fois, Folles et Imbéciles, manuscrit cité , Arch. Nat., Fi5 232.
36. A la fin du xviii6 siècle les idées sur la folie étaient demeurées à peu près les mêmes. « Les malades étant considérés toujours comme incurables, le médecin ne pénétrait jamais dans la maison des fous, et si une maladie intercurrente survenait. c’était sur les indications des Recteurs, que quelques soins particuliers étaieni donnés, la nature, dans la plupart des cas, restant seule chargée d’opérer la guérison. » (Vassal, Not. sur l'asile des aliénés de Marseille. In-8, 1891, p. 16.)