‹ Histoire de la charité (volume 3)Chapitre 73 sur 149 · Règlement cité, art. VII. Règlement de 1606, p · texte numérisé non relu

Règlement cité, art. VII. Règlement de 1606, p

40. « Enfin d’Aguesseau a recommandé aux Commissaires des pauvres de préférer ceux qui sont maitres de métier, ou d’autres de condition égale ou plus élevée » (Léon Cahen, op. cit., p. 27). Camille Bloch ( L'Assistance et l'Etat T p. 132) remarque que cette disposition « entraînait l’exclusion des journaliers, compagnons de métier, gagne-deniers, parmi lesquels se rencontraient le plus de pauvres,.. » Ces individus rentraient plus spécialement dans les attributions de l’hôpital général ; le Grand Bureau était affecté de préférence, en effet, au soulagement de la bourgeoisie tombée dans la détresse, à l’exemple de nombreuses institutions de la Suisse.

41. « En cas que le dit Pauvre soit trouvé avoir caché ladite marque, ou qu’elle ne soit sur son bras, ne sera payé de son aumône pour la première fois ; et en cas de récidive, le dit sieur Commissaire en fera son rapport au Bureau, pour estre ordonné ce que de raison » (Régi, cité, art. XXII-XXIII).

42. Règlement et ordonnance de Police, du Grand Bureau des Pauvres de la Ville et Faux-bourgs de Paris. In-4°, 4 p. Paris, Le Prest, 1666.

procède à un recensement général « pour reconnoistre s’ils continuent d’estre de la qualité requise pour recevoir l’aumône ; et s’informer de leurs déportemens, demeure et bonne vie, et s’ils sont malades ou décédéz 43. »

Les distributions d’aumônes ont lieu chaque semaine sous la surveillance des commissaires 44. Les pauvres reçoivent au maximum 12 sous et les enfants 6 sous45.

Les nécessiteux inscrits peuvent aussi obtenir l’assistance médicale à domicile (Parturier, op. cit , p. 110-111). Les vénériens sont l’objet de mesures spéciales ( Règlement cité, art. XV).

Il existe en outre des allocations supplémentaires. Ainsi « le jour des Trépassez », la fondation de « feu Monsieur le Président Ripault » permet de distribuer à cent pauvres « chacun deux aunes dê drap, un sol et un pain. » Les héritiers du Président ont le droit de désigner un certain nombre des participants. Les règlements nous permettent de connaître les détails de la cérémonie. Les commissaires assistent au service qui se célèbre au Saint-Esprit ; ils vont à l’offrande selon leur rang « et puis après les cent pauvres y vont avec une bougie ardente à la main et leur drap sur l’épaule... » (Art. XXXVI).

Tels sont, en résumé, les maigres soulagements qu’assure le Grand Bureau.

Utile au début, puisqu’elle concourt à la répression de la mendicité, cette institution demeure amoindrie à partir de la création de l’Hôpital Général. Il est même permis de se demander si elle correspond alors à de réels besoins?

On concevrait le rattachement de l’hôpital des Petites-Maisons

43. Ces recensements doivent avoir lieu en mai ou juin, suivant les règlements de 1606 et de 1705 (art. XIX). — Martin Dossy, dans son Dict. d'économie charitable, t. II, p. 115, pense qu’au xvme siècle, ces visites n’ont lieu qu’en cas de nécessité et d’après l’indication du Procureur général.

44. « Assisteront les dits Commissaires aux distributions qui seront faictes par chacune sepmaine aux pauvres de leurs paroisses, et desquels ils ont la charge, feront le calcul desdites distributions, signé d’eux et des dits distributeurs, et rapporteront par chacun mois au greffe du dit bureau le dit arresté signé qui sera registré. » ( Reçf ., 1606, p. 11).

45. Au xviie siècle on donnait seulement 8 et 5 sous. Consulter : Tuetey, op. cit., p. 390, — Hurtaut et Magny, t. II, p. 521. — Parturier, op. cit., chap. II, § 7. — Léon Cahen, op. cit., p. 18. Ce dernier auteur parle même d’un maximum de 10 sous pour l’allocation hebdomadaire.

LE GRAND BUREAU DES PAUVRES

«et de l’orphelinat de la Trinité au grand établissement fondé par Louis XIV ; les secours à domicile restant dans le domaine propre des charités paroissiales. Mais c’est ce qui n’a point lieu.

Cette taxe minime de 52.000 livres, soulevant de telles résistances parmi toutes les classes de la société parisienne, montre d’ailleurs que la bienfaisance légale ne saurait s’implanter sur la terre de France. Le Grand Bureau, rattaché, en 1790, à la Municipalité de Paris, peut donc disparaître ensuite, en l’an II46, sans laisser de regrets.

46. « Le Grand Bureau subsistera même jusqu’en l’an II. Il siège rue de la Ghaise, 529. Il est autorisé « à percevoir tous les ans une aumône volontaire connue ci-devant sous le nom de taxe]des pauvres. » (Ferdinand-Dreyfus, L'assistance sous la Législative et la Convention. In-8, 1905, p. 120.)

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