Bulletin, première année, op. cit., p
24. « Les dessus-dicts huict bourgeois ensemble les diacres et surveillans ayant esté eleuz au Consistoire, seront nommez et présentez au Peuple au commencement du Presche : à celle fin qn’en toute liberté chacun du peuple puisse en approuver l’élection faite ou rejetter ceux qui luy sembleront indignes d’un tel lieu, en proposant dedans le samedy pour tout jour, les causes de son opposition à l’un des ministres de l’église, ou autre du Consistoire (art. II).
LES DISTRIBUTIONS d’aUMONES (lre PARTIE) 277
aumônes faites à l’issue de « chacune des prédications dans des boittes fermées à clefs. »
2° De tenir un registre « de la recepte et distribution des dits deniers, « à quels pauvres ils sont remis et combien à chacun et par quels surveillants. »
Les assistés doivent recevoir selon leurs besoins constatés. Pour éviter toute confusion, chaque indigent s’adresse au surveillant de son quartier qui, après enquête, expose l’affaire au bureau assemblé; « et il est alors advisé ce qui semble raisonnable. »
Ce sont les surveillants auxquels incombe la charge des distributions. « S’il se présente quelque grande nécessité qui presse, et qui ne puisse attendre le jour de l’assemblée, peut chacun des bourgeois, surveillans ou diacres, par l’advis de deux ou trois du Bureau, subvenir jusqu’à un escu. Et en oultre en telle nécessité peut chacun du Bureau et autre surveillant de l’église sans advis d’aucun autre, bailler jusqu’à cinq sols » (art. XI).
Les diacres visitent, toutes les semaines, les pauvres de leur circonscription, s’assurent des besoins, afin que les secours soient distribués d’une manière efficace et équitable25.
Le renouvellement des bourgeois, membres du bureau, a lieu par moitié afin qu’il reste « quatre des anciens pour instruire les nouveaux. » Les membres sortants peuvent d’ailleurs être maintenus « selon qu’il est advisé par l’église » (art. XVI).
On est fondé à remarquer que des règles similaires sont en usage, au xvie siècle, dans toutes les institutions charitables qui forment le patrimoine du catholicisme. Les réformés de France agissent sagement en se les appropriant mais ils n’innovent point.
25. Art. XV. « Et à celle fin que tout soit encore plus esloigné de tout soupçon mauvais, et que personne ne puisse doubter que l’argent qui sera baillé aux surveillans pour estre distribué aux pauvres, ne soit fidellement rendu, non seulement les Diacres, seront tenus par chacune semaine, de faire visite par les maisons des nécessiteux; mais aussi les dits bourgeois seront exhortez de le faire quand il leur sera possible : afin d’estre mieuxrésolus si les dits nécessiteux reçoivent fidellement la somme qui leur est distribuée et si elle est suffisante, ou excessive, pour en faire rapport au bureau. »