Ducpétiaux, op. cit., p
48. Plus tard, ces chaumières se transforment en de magnifiques magasins donnant un revenu princier. (Alex. Dehaye, Bul. Soc. de législation comparée) .
A Londres, on relève des dons faits aux marchands de fer, brasseurs, orfèvres, fourreurs, tisserands, merciers, marchands de poissons, etc. 49.
Le système des Ghildes ancien et florissant en ce Pays est, du reste, sapé jusqu’aux fondements par les réformes de Henri VIII, qui voit, dans un certain nombre d’entre elles, des foyers de superstition. La caisse privée du roi et celles de ses courtisans recueillent la meilleure partie de ce riche héritage.
Ces institutions, si nécessaires, se reconstituent lentement50.
En Allemagne avant la réforme, presque toutes les corporations sont jointes à une confrérie, ayant pour but l’accomplissement des offices religieux et le soutien mutuel des associés. Les membres de ces institutions doivent s’entraider dans leurs peines, se montrer charitables envers les Frères malades; pourvoir à la sépulture de ceux qui meurent sans ressources, assister les veuves et les orphelins.
Une confrérie de Kiel s’occupe aussi des besoins généraux des indigents; « pendant la grand’messe célébrée en l’honneur du saint Patron, douze malheureux sont nourris et douze écoliers sans ressources reçoivent un morceau de bœuf et un pain de seigle. »
49. Voici quelques exemples de ces libéralités faites : « To the wardens and Gommonalty of the. . . Company. » « Thomas Atte Hay, citizen and goldsmith, by his will, dated the 6th of April 4th Henry IVth (1405) gave to the Goldsmiths Company (after the death of his wife), his tenements. . . in aid, relief, augmentation, and the better support and sustentation of the infirm members of the same company — » «John Hille, citizen and Goldsmith, by his will, dated... (1430) gave to the wardens and commonalty ofthe mistery of goldsmiths. . . on condition that the wardens should, out of the rents and profits, give to thirteen poor goldsmiths in the greatest, indigence... » ( The Endowed Charities of the City of London. In-8, 1829, p. 384-385). Conférer : Émile Levasseur, op. cit., t. II, p. 936-
50. « The Reformation shook the wole System of Gilds to its foundation and this was especially the case with the Religions Gilds of the laity, and the Gilds of the Kalenders. « In England » says Madox « these Religious Gilds hâve been judged to be founded in superstition » ; and it was the same in ail coun tries in which the Reformation gained ground. The Gilds were therefore abolished in ail Protestant countries ; but not on the Continent as in England, in favour of the private purse of the King and his courtiers ; on the contrary, we see in Northern Germany and in Denmark, theproperty and income of these Gilds delivered everywhere, according to the intention of the founders, to the common treasure for the poor, to poor-houses, hospitals and schools ( English Gilds. The original Ordinances of more than one hundred Early English Gilds, by Toulmin Smith. And a preliminary essay by Lujo Brentano. In-8, cxcix-483 p. London, 1870, p. xc).
LES DISTRIBUTIONS d’aUMONES (2e PARTIE)
A Lubeck, au commencement du xvic siècle, on compte soixantedix confréries de charité établies par les ouvriers ; quatre-vingtdix environ à Cologne ; Hambourg en renferme plus de cent (Jean Janssen, op. cit.^t. I, Liv. III, chap. n, §ler, p. 316-317).
Mais pour trouver des associations corporatives jouant le véritable rôle des sociétés de secours mutuels, il faut aller à Rome. Dans la seconde édition de son bel ouvrage « sulle opéré pie » (1698), Piazza nous fournit les détails les plus complets sur ces confraternités « dell’Arti » qui possèdent des hôpitaux, des églises, des chapelles, et donnent un grand éclat à leurs cérémonies religieuses, sans négliger le soin des malades et des pauvres appartenant à leurs arts ou métiers 51 .
Des associations paraissant, au premier abord, posséder des ressources restreintes, celle des cuisiniers, par exemple, ne manquent pas de remplir exactement les obligations de cette nature.
Les membres vont secourir leurs Frères atteints par la maladie, leur procurant, si cela est nécessaire, un médecin et des médicaments ; sont-ils en prison pour dettes, il faut les mettre à même de recouvrer la liberté52. Si des cuisiniers viennent à Rome, on doit s’ingénier à leur procurer de l’ouvrage. « Venendo a Roma, Cuochi forestieri , che non habbiano ricapito , cercano di dar loro impiego 53 . »
Lors de certaines cérémonies religieuses les confraternités distribuent des dots de mariages à des filles honnêtes, nées de parents
51. Easevologio Romano overo delle opéré pie di Roma (Seconda impressionej, in-4, in Roma, 1698.
52. « Visitano con molta carità non solamente i loro Fratelli infermi, sovvenendoli, se sono poveri, di medico, e medicine, ma ancora quelli, che sono in prigione délia medesima loro Arte, aiutandoa liberarli (cap II, de’ S. S. Vincenzo e Anastasio de’Guochi p . 35-36). Mêmes dispositions dans les confréries des tailleurs, des maçons (fanno visitare i loro Fratelli infernÿ con medico, e medicine, e con soccorsi amorevoli di limosine..., p. 53); des ouvriers en laine ; des tisserands; des cochers. (Visitavano secondo il prescritto delle loro regole e statuti li Fratelli loro infermi, co l medico, faeendo loro somministrare nel tempo dell’infermità un Guilio il giorno, p. 70) ; des boulangers allemands (soccorono i poveri medesimi loro con buone limosine secondo il bisogno, p. 45), etc., etc,
53. « E’questa confraternità per lo più composta di trè Nazioni, cioè Italiana Germana eFrancese... » (p. 36). Dispositions analogues chez les « Copisti » qui ont pour patron saint Jean l’Évangéliste. « Dà ricapito amorevole a i poveri scrivani, che vengono a Roma, cercando di accomodarli nella loro professione ; visitano i carcerati, e l’aiutano a liberare» (p. 85).
professant Y art ou le métier. Les cochers accordent ces dots le 22 janvier 54 .
Les apothicaires donnent cinquante écus et une robe : « Marita con Dote di cinquanta scudi diverse povere zitelle oneste, figliuole di quei délia medesima professione ; dando loro una veste per ciascuna » (p. 46).
Cet important collège ne manque pas de s’occuper également de ces œuvres diverses d’assistance. Les infirmiers doivent visiter avec soin les confrères malades ; leur porter des aumônes en cas de besoin ; les exhortant à la résignation, sans oublier de rappeler la nécessité de recourir aux Sacrements de la Sainte église ; « poiche sono la medicina principale, che da rifettione, e ristora l’anima, e il corpo » (libro terzo, cap. 8).
Dans l’hôpital fondé par cette confrérie on reçoit tous les membres de l’association. « Pero ordiniamo, che nel nostro ospedale sia no ricevuti tutti quelli, che saranno del nostro collegio ô garzoni, ô fattori loro » (cap. 13).
Des secours sont assurés également aux maîtres tombés dans le besoin, du moment que cet état pénible n’est point le fait d’une inconduite notoire (cap. 19).
Les confrères accompagnent le corps des membres défunts ; cinq messes, dont une chantée, sont ensuite dites à leur intention dans le délai de dix jours. Tous les associés étant tenus de prier afin que la divine Providence daigne, en sa miséricorde, accorder la paix et l’éternel repos à ceux de leurs frères qui viennent de quitter cette terre (cap. 20) 55.
Les apothicaires ne sont pas les seuls à agir ainsi ; est-il besoin
54. « In cui maritano zitelle povere, e oneste, figliuole de’ Fratelli délia confraternité. . . » (p. 36). Calzalori « Maritano zitelle povere, e oneste, figliuole di essi Confratelli, ô di quelli délia loro^ Arte. . . » (p. 43), etc.
55. Staluti ciel nobil collegio delli spetiali delV Alma citta diRoma. In-4, in Roma 1607. Conférer les anciens statuts des Barbiers que Moroni résume : « Nel 1694 in Roma si ristamparono : statuti, ordini e costituzioni délia Ven. Çompagnia et Université de’Babieri di Roma. Traie altre cose essi prescrivono, che gli uffiziali devono eleggere un medico per curare tutti imaestri, lavoranti, garzoni, rotatori dell’arte, nelle loro infermité. . . » (Diz., op. cit., vol. LXXXIV, p. 91). Voir aussi Piazza, op. cit., p. 39. « cap. IV, De’ Santi Cosmo e Damiano. De’Barbieri e stufaroli. » Les « rotatori » sont les ouvriers qui, au moyen de la meule, mettent en état les divers instruments nécessaires é la profession. Conférer,jégalement les statuts de diverses confraternités : Sartori ; Calzolari ; Pittori (Piazza, p. 42-43-49).
LES DISTRIBUTIONS d’aUMONES (2e PARTIE)
d’ajouter que tous les statuts s’occupent des services funèbres ; des messes dites pour le salut des confrères défunts ; on les conduit solennellement à leur dernière demeure, ayant soin de pourvoir ensuite aux nécessités des veuves et des orphelins que la mort du chef de famille laisse dans la misère56.
Nous rencontrons des dispositions similaires à Venise : Là les « consorteried’artie mestieri » pourvoient largement aux besoins de tous les membres; leur rendent les derniers devoirs, prennent soin des veuves et des orphelins ; « Sovvenendoli se malati, rendendo loro gli estremi ufficî délia religione e délia fratellanza quando estinti, soccorendo le vedove, dotando le fîglie, ricoverendo gli orfani » (Avv. de Kiriaki, Rivista délia benefîcenza , t. I, p. 443).
De ce qui précède on peut donc dire que les confréries italiennes viennent en aide à ceux qui professent V art ou le métier sans se borner exclusivement au soulagement des Maîtres ou Patrons.
D’une manière générale, tout en constatant certaines restrictions dans l’exercice de la charité des corporations françaises du xvme siècle, il convient de reconnaître que ces associations renferment le germe des sociétés de secours mutuel, et nous sommes fondés à les placer ici au rang des institutions qui assurent, dans une mesure variable, l’assistance à domicile des malades et des pauvres.
§ 4. — Les Etablissements hospitaliers donnant aussi l’assistance au dehors.
A toutes les époques, un certain nombre d’asiles hospitaliers consacrent une faible partie de leurs revenus au soulagement des malheureux qui ne sont pas internés.
56. Gap. X, Di sant’Anna de’ Parafrenieri. Hannô diverse buone regole, e Statuti, con i quali con molto esemplare pietà si governano ; e s’esercitano in moite opéré pie; peroche oltre il fare celebrare di eontinuo nella medesima loro Chiesa Messe péri Fratelli defonti. Visitano i Fratelli infermi, provedendo loro di Medico, e di limosine, secondo il bisogno ; e morendone alcuno l’accompagnano alla sepoltura, con funerale conveniente, facendo anche sepellire gratis quelli di essi, che sono poveri, e per i medisimi celebrare Messe, e Ufflzii. Aiutano con caritatevole assistenza i figliuoli maschi, ô femine delli medesimi lor Confratelli lasciali
A Utrecht, T institution « assistance des pauvres, Armen-Noodhulp », se trouve fondée par trois des hospices de la ville, pour avoir la charge des indigents domiciliés. En 1552 les administrateurs de ces établissements nomment un receveur spécial et des personnes ayant comme mission de visiter les nécessiteux de quartiers déterminés. Ces commissaires font plus tard partie de la chambre des aumôniers57.
En Allemagne cette coutume se rencontre dans les hôpitaux municipaux ; ils donnent assez habituellement des secours aux passants, et soutiennent les pauvres honteux. 11 s’agit de bons de pain, de bois à brûler, etc. (Ratzinger, op. cit ., p. 352 et 469).
Les Régents de l’hospice de la charité de Lyon distribuent du pain aux nécessiteux de la Cité. Ils doivent visiter dans le courant de l’année tous les indigents compris dans la distribution ; s’informer s’ils sont réellement privés de ressources ; « Cette visite, disent les instructions, est indispensablement nécessaire les années qui suivent celles où il y a eu cessation de travail ; parce que plusieurs ouvriers à qui on accorde le pain pour cette raison ne laissent pas, le plus souvent, de continuera le prendre quoiqu’ils aient de l’ouvrage et puissent se passer de ce soulagement. »
Le pauvre qui prévient l’administrateur de son quartier du décès dûm individu inscrit, reçoit un pain en récompense, « sans cela on pourroit prendre longtemps l’aumône sous le nom de celui qui est mort 58. »
On ne doit allouer ce secours qu’aux infortunés prouvant à l’aide de certificats authentiques ou de baux de loyer, qu’ils possèdent sept ans au moins de résidence.
Il convient de supprimer ces subsides à ceux qui élèvent des chiens.
applicandoli aile arti ; e provedendo a su tempo di dote aile femine. Fanno cclebrare alcuni Uffizii péri loro medisimi defonti Fratelli ; e si esercitano in altre opéré diverse di Pieté Cristiana, secondo le opportunité occorrenti » (Piazza, p. 51).