H. Smissaert, Utrecht, op. cit., fasc. II
58. « Il importe que le recteur visite, de temps à autre, les vieillards ou infirmes auxquels on donne le pain, afin que s’ils viennent à décéder, leurs enfants ne s’approprient pas cette aumône comme un héritage dont ils n’ont souvent pas besoin » (Rolle. , Inv. archives delà Charité , in-4, 1880, t. IV, série E, 1467 (1786- 1789), p. 309).
LES DISTRIBUTIONS ü’àUMONES (2e PARTIE)
L’hôpital général de Grenoble, fondé en 1 424, indépendamment de l’entretien des individus qu’il abrite, « fait distribuer les samedy et dimanche de chaque semaine une quantité considérable de pain aux pauvres de la ville ; et fournit des remèdes aux habitants des environs (Prudhomme, Inv. arch . , B. 153, année 1764, p. 37).
Le petit asile Jean Rose de Meaux, avant sa suppression l’an 1645, donne, le dimanche de la Passion, « une grosse miche, un sol et une écuellée de pois, à titre d’aumône, à tous les pauvres qui se présentent 59 » .
L’hôpital général de Chartres, dû à la réunion de divers établissements de charité (1556), « vient au secours de quelques familles indigentes de la localité quand ses facultés le lui permettent. » (Rapp., Colombier, 1 3 février 1785, Arch, nat., F15 226.)
Enfin par les Lettres patentes de Victor Amédée I (avril 1715) l’hospice de Chambéry (Savoie) est tenu de distribuer du pain tous les dimanches aux indigents après enquêtes sérieuses. Chaque année, au commencement des mois de juin et de novembre, il est procédé à une visite générale et secrète des nécessiteux en vue de s’assurer de leurs besoins réels 60.
« A Avignon la pharmacie du grand hôpital est le dispensaire gratuit du quartier si populeux de la Carretterie et des Infirmières. Celle du collège des Jésuites, tenue par ces religieux eux-mêmes est véritablement la ressource des malades 61 : non seulement on y trouve, gratis et à toute heure, des remèdes et du bouillon gras pour les pauvres, mais encore chaque nuit, en vertu d’un accord passé entre le supérieur du collège et les curés des sept paroisses
59. L’abbé Estournet, Jean Rose et le grand séminaire de Meaux. In-8, Lagny, 1905, p. 16; cet établissement était affecté à quelques aveugles et orphelins. Conférer Lemaire, Inv. arch. Seine-et-Marne, t. II, in-4, 1864, p. 187 à 195.
60. De Ville de Travernay, Mém. sur les hospices de la ville de Chambéry ,in-8,
61. « De bonne heure on avait établi au collège des pères Jésuites de Rouen deux congrégations ; l’une dite la grande congrégation de la glorieuse vierge Marie, qui outre certains exercices de piété, fournissait des secours en argent ou en nature aux familles pauvres. Cette congrégation composée de personnes de la haute société compta longtemps parmi ses membres des conseillers au parlement... (de Robillard de Beaurepaire, Rech. sur Vins. pub. dans le diocèse de Rouen avant 1789 , t. II, p. 95).
de la ville, un des pères de la maison veille avec l’étole violette et la custode des saintes huiles, prêt à se rendre, sur le premier appel, au chevet de l'agonisant et du moribond » ( Revue d' Économie chrétienne , t. VI. Paris, 1864, p. 143).
A la suite de cet aperçu rapide, voyons maintenant ce que font, dans le même ordre d’idées, les souverains, les seigneurs, les particuliers.
§ 5. — Souverains , seigneurs et particuliers .
A côté des institutions qui précèdent, des millers d’âmes généreuses se plaisent à venir au secours des pauvres. Ces bienfaiteurs sont légion, mais il est quelques noms qu’il importe de citer à titre d’exemple avant d’entrer dans l’examen des confréries de charité et autres œuvres similaires.
Au xvie siècle, la bienheureuse Louise d’Albertone, veuve (■j* 1334), aime à faire des aumônes cachées aux indigents de la ville de Rome. Les pains quelle leur porte renferment des pièces de monnaie d’argent ou d’or, la pieuse veuve prie Dieu de faire parvenir la plus grosse aumône au nécessiteux qui le mérite le mieux [Les petits Bollandistes , op. cit ., t. II, p. 156).
Saint Jérôme Emiliani (•}* 1537), fondateur des Sommasques, s’occupe constamment des malades et va les visiter. En 1528 une grande disette éprouve les états Vénitiens ; sa maison se transforme en un asile charitable. Il vend jusqu’à ses meubles pour être à même de procurer des secours aux malheureux62.
Saint Pierre d’Alcantara, Espagnol, de l’ordre de saint François (•j* 1562), se consacre tout entier au service des pauvres63; saint Félix de Gantalice, capucin italien (-j- 1587), non content d’employer les dimanches et jours de fête au soulagement des infortunés reçus dans les hôpitaux, n’oublie jamais les nécessiteux de la cité Romaine et surtout les pauvres honteux [Petits Bollandistes , t. V, p. 637).
62. Petits Bollandistes , t . VIII, p. 530. Saint François Xavier (-f- 1552), étant de passage dans cette même ville de Venise, prend son logement à l’hôpital des Incurables, console les malades, panse leurs plaies et accomplit de merveilleux actes de charité (Petits Bollandistes , t. XIV, p. 31).