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CHAPITRE VII

LES DISTRIBUTIONS D’AUMONES ET L’ASSISTANCE A DOMICILE EN GÉNÉRAL

3e PARTIE

§ 1er. — Les sociétés de charité en Europe .

Les associations du Moyen âge, portant le nom d’Archiconfréries, «le Confraternités, de Carità, continuent à se multiplier en Italie, du xvie au xvme siècle L Leur rôle vis-à-vis des classes nécessiteuses est considérable. Elles accomplissent les œuvres les plus •diverses : transport des malades, enterrement des morts ; soins médicaux; secours aux veuves, aux orphelins; allocations à domicile, en argent ou en nature1 2.

1. « Le confraterni te si moltiplicarono con incredibile fecondità in ogni provincia, in ogni città, in ogni villaggio ; ed esempio di esse è quella compagnia délia Miser ic or dia, che sparsa in tutta Italia, e massime in Toscana, presto sommi ser- "vigi... » (Enrico Fano, Délia Carità preventiva e delV ordinamento delle Società •di mutuo soccorso. In-8, 703 p., Milano 1869, p. 59).

2. « Gomme l’indique leur nom, le but des frères de la Miséricorde est de se livrer en commun à toutes les œuvres de charité. Néanmoins le transport des malades pauvres à l’hôpital et des morts à la sépulture est leur œuvre de prédilection. Procurer aux pauvres et aux personnes mortes par suite d’accidents, de décentes funérailles et des prières après leur mort; procurer également des prières •et un enterrement décent aux frères et aux sœurs qui la composent et la consolation d’être porté à sa dernière demeure par des frères au lieu de l’être par des salariés, telles sont encore les œuvres spéciales de l’Archiconfrérie. Donner des secours aux familles indigentes dont ils ont transporté les chefs à l’hôpital, porter jusque dans les familles aisées des soins désintéressés aux malades, les changer <le lit, les veiller, sont encore des œuvres auxquelles se livrent journellement les membres de cette confrérie... » (E. Boniver, Notice sur l'arch. de Sainte-Marie de la Miséricorde en Toscane. In-8, 16 p. Langres, 1S60 (?).)

312 HISTOIRE DE LA CHARITÉ. LIVRE III. — CHAPITRE Vil

Ges associations sont composées de personnes que ne lient aucun vœu, aussi leur donne-t-on fréquemment la qualificationd’œuvres laïques. « La pià Fraternità dei laïci d’Arezzo » remonte à l’année 1262. Ges confréries restent toutefois, bien entendu, soumises à l’autorité ecclésiastique ; elles ont leurs fêtes religieuses, obtiennent des indulgences, etc.

L’organisation de ces Confréries est essentiellement démocratique, les charges sont données à l’élection. Tous les Confrères, se considèrent comme égaux au sein de la société, quel quepuisse être leur rang au dehors, et, sous ce rapport, le costume adopté lors des cérémonies publiques sert merveilleusement à maintenir cette égalité absolue. Il comprend, en général, une robe de bure serrée à la ceinture par une corde ; un capuchon pouvant cacher la figure et un chapelet à gros grains. « Avec le capuchon point d’ostentation et pas de respect humain, vous, n’êtes pas connu, vous allez droit votre chemin sans craindre les commentaires, qui, trop flatteurs quelquefois, sont le plus souvent empreints d’une envieuse critique... (B. Boniver, op. cit.y

Toutes les distinctions mondaines ainsi mises de côté, le but unique poursuivi est de servir gratuitement le prochain.

Ges œuvres se trouvent parfois limitées à une paroisse, ailleurs» elles ont pour cadre toute une cité 3.

Que l’on ne se figure point que les libéralités sont distribuées sans règle, au hasard. Si la localité est importante, des quartiers distincts affectés à des visiteurs déterminés permettent les enquêtes minutieuses qui évitent les abus. A Naples, il existequatorze circonscriptions d’assistance, à Florence dix 4.

3. « L’esercizio délia beneficenza esclude per sè stesso ogni rimunerazione materiale. Una carità pagata è industria e commercio, non carità; laquale non si alimenta che délia interna compiacenza di adempiere un sentimento ed un doveremorale. » Carità di S. Vincenzo (Cremona), il cui scopo principale era di andare a visitare li poveri vergognosi, orfani, pupilli, vidue et a tutti dar soccorso secondo che sipotràet ricercherà il loro bisogno... » (Fulvio Cazzaniga, L'elemosina. In-8. Cremona, 1880, p. 88 et 54, voir aussi p. 33-36 et 80.) Conférer : Molinari, Gli Istituti Pii délia, Mirandola. In-8, 1882, p. 291-307.

4. lstruzioni per lo governo del Monte délia Misericordia. In-4. In Napoli, 1737, p. 81 et sqq. « La congregazione di S. Giovanni corne Istituto elemosiniere . Cooperava al felice procedimento délia Carità l’ottimo organamento intorno dell’ Istituto, il quale componevasi, siccome lo fu originariamente, di 72 deputati, eletti

LES DISTRIBUTIONS D’AUMONES (3e PARTIE)

On garde un secret rigoureux en ce qui concerne les allocations faites aux pauvres honteux 5.

Des femmes mariées et âgées d’au moins trente ans (consorelle) sont chargées, à Modène, de la visite et de l’assistance des personnes de leur sexe 6,

Un Edit royal du 19 mai 1717 prescrit l’établissement, dans toutes les communes de la Savoie, d’une congrégation de charité chargée de ce qui intéresse le sort des pauvres, des malades, la bienfaisance et l’assistance publique. Quatre années après, par un nouvel édit du 25 juin, Victor-Amédée affecte au bénéfice de ces congrégations les biens et revenus des confréries vulgairement appelées du Saint-Esprit, dont les ressources primitivement destinées à cette œuvre se trouvent, en raison de la corruption des temps, détournées de leur pieuse destination (Alexis de Jussieu, Hist. de rinst. primaire en Savoie. In-8. Chambéry, 1875> chap. ii, p. 51).

Jusqu’à la fin du xvme siècle, les sociétés du nord de la Péninsule possèdent une vie propre. Joseph II, ainsi qu'il est dit précédemment, fusionne entre elles un certain nombre de ces institutions; à Milan (1784-1785), trente-neuf de ces anciennes fondations pieuses sont réduites à cinq7.

En Portugal, les misericordias s’occupent des pauvres, leur action est semblable à celle des Confraternités italiennes ; depuis le xve siècle on en rencontre dans tout le royaume. Le patrimoine de ces œuvres est souvent considérable, elles jouissent

dal ceto cittadino, ecclesiastico e nobile, divisi per i sei sestieri, délia città, e che, pieni di buon volere e d’ intelligenza, si accertavano dei veri bisogni del povero, e proponevano il modo di ripararvi... » O. Andreucci, Rivista délia benef ., t. III, 1875, p. 311). Voir aussi : Sacchi, Instiluti di beneficenza di Torino. In-8. Milano* 1835, p. 12.

5. Conférer: Riforma degl’ lstituti Pii délia città di Modena. In-8, Parte Y, p. 111-114. Comte Bardi, La réforme sociale , 2e série, t. II (tome XII de la collection), juillet-décembre 1886, p. 217-218.

6. Regolamenti e statnti per la erezione délia Compagnia délia Carita nelle Parrochie forensi. In Modena, in-4°, 1786, p. 12.

7. Carlo Branca, Cenni Slorici sull 'origine e la fondazione dei Luoghi Pii Elemosinieri di Milano. In Milano, 1880, p. 7 et 8. Magenta, op. cit., 1838, cap. i, § 20* p. 25.

Cette centralisation est encore accentuée au début du xixe siècle par des décrets du vice-roi Eugène, 1807-1809-1813. Voir : Cazzaniga, L'Elemosina. In-8. Cremona 1880, p. 124 et sqq., Rivista délia beneficenza , anno XXX, 1902, p. 357.

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